Un marqueur pour éviter un scanner

Dernière mise à jour 14/05/18 | Article
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Une analyse rapide renseigne sur l’utilité d’effectuer un CT-scan lors d’un traumatisme crânien léger.

Un enfant tombe de son tricycle et se cogne la tête. Un footballeur rate le ballon et frappe son front contre son adversaire. Une personne âgée perd l’équilibre et finit par terre. Autant de situations de la vie courante qui peuvent provoquer un traumatisme crânien léger. Selon les estimations, elles concernent tout de même quelque trois millions de personnes par an en Europe. Beaucoup se rendent alors aux urgences –environ 1000 par an aux HUG– pour passer un CT-scan (scanner à rayons X) afin d’exclure une lésion cérébrale.

Pourtant, dans 90% des cas, le scanner est négatif. Comment éviter à autant de personnes de passer cet examen? «Nous avons développé un biomarqueur, à savoir une protéine s’exprimant de manière anormale dans le sang, qui détermine si un CT-scan est utile ou non. Ce test détecte correctement toutes les personnes qui doivent passer un scanner et évite ainsi à un tiers des gens, qui n’en ont pas besoin, de le passer en vain», répond Linnéa Lagerstedt, doctorante dans le Groupe de recherche translationnelle en biomarqueurs de l’Université de Genève qui a trouvé cette protéine.

Kit de test commercialisable

Pour transférer cette innovation scientifique vers les soins aux patients et la protéger, un brevet a été déposé en 2015 déjà. En décembre 2017, une licence a été accordée à une start-up genevoise (ABCDx). «Cette dernière a désormais les droits d’exploitation pour commercialiser un kit à large échelle. L’objectif est d’obtenir pour courant 2018 l’autorisation des autorités sanitaires de mise sur le marché d’un test rapide au lit du patient», relève le Pr Jean-Charles Sanchez, responsable du groupe. Et d’ajouter: «En parallèle, nous continuons nos recherches sur d’autres biomarqueurs en les combinant à notre première découverte et à des éléments cliniques (symptômes, état de conscience). Aujourd’hui, nous sommes à 30%: d’ici 2019, notre but est d’éviter à plus d’une personne sur deux de passer un scanner pour rien.»

Et les avantages sont multiples. Pour les patients, pas d’exposition aux radiations du scanner ni d’attente inutile aux urgences, voire même pas de déplacement, car le test sera aussi disponible en pharmacie ou dans les clubs de sport. Pour les hôpitaux, des files d’attente réduites. Et pour tous, des économies. «Genève est leader sur le marché de marqueurs qui diminueront les coûts de la santé lors de traumatismes crâniens légers», se félicite le Pr Jean-Charles Sanchez, dont la découverte a valu à son équipe, en octobre dernier, le Prix de l’innovation 2017, offert par la Fondation privée des Hôpitaux universitaires de Genève (HUG).

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Article repris du site  pulsations.swiss

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