Un long combat

Dernière mise à jour 03/09/12 | Article
Un long combat
Le traitement d’un cancer du sein se compte en années et ne manque pas d’effets secondaires.

Toutes les femmes qui ont vaincu un cancer du sein vous le diront: c’est un véritable parcours du combattant! Long, sinueux, incertain. Chaque histoire personnelle est émaillée de hauts et de bas. «Une fois le diagnostic posé, tous les spécialistes se réunissent pour planifier la prise en charge. La patiente est au centre du processus décisionnel. Nous lui proposons une approche qui tient compte des caractéristiques de sa maladie, mais également de ses préférences», explique le Dr Alexandre Bodmer, chef de clinique au service d’oncologie. Le choix du traitement dépend des particularités du cancer comme sa taille, son extension, son degré d’agressivité, et des paramètres de la patiente, comme son âge, son état général et de ménopause, etc. Les différentes étapes s’enchaînent ensuite selon des combinaisons multiples. «Aujourd’hui, nous privilégions dans 70% des cas la chirurgie conservatrice, c’est-à-dire qu’on ne retire que la tumeur en préservant le sein. Pilier central, la chirurgie est suivie de traitements complémentaires, dits adjuvants, mais peut aussi être précédée d’une chimiothérapie afin de réduire la taille de la tumeur avant l’opération», détaille l’oncologue.

Les épreuves s’enchaînent

Joy Martin

«Mes cours de pilates étaient mon défi hebdomadaire», relève Joy Martin.

© JULIEN GREGORIO / PHOVEA

Selon un ordre défini dans un plan de soins personnalisé, les différentes approches se succèdent... chacune avec ses propres effets secondaires. Comme en témoigne Joy Martin, 48 ans, qui a traversé plusieurs épreuves depuis l’annonce du diagnostic en 2009 dont la chimiothérapie après l’opération. Les séances ont lieu toutes les trois semaines pendant cinq mois. «C’est difficile. Tu es fatiguée, souffres de diarrhée, as l’impression que ta tête va exploser. Ta bouche est pleine d’aphtes et tu perds tes cheveux. Et, dès que ça va un peu mieux, tu dois enchaîner avec une nouvelle séance… Heureusement, les médecins peuvent soulager certains symptômes avec des médicaments», résume-t-elle.

Ensuite, la radiothérapie. «On utilise des rayons pour détruire localement les éventuelles cellules cancéreuses résiduelles et réduire le risque de récidive», relève le Dr Bodmer. Pour Joy Martin, une nouvelle épreuve: dix minutes tous les jours pendant huit semaines. «C’est dur psychologiquement: on côtoie d’autres personnes accablées par leur cancer. La peau est brûlée et tu ne supportes même plus un soutien-gorge. Heureusement, une amie, qui coupe le feu, m’a bien apaisée après chaque séance.»

Regard des autres

Dernière étape: l’hormonothérapie. Contrairement à ce que laisse croire son nom, il ne s’agit pas de prendre des hormones, mais d’un traitement visant à empêcher l’action des hormones féminines (œstrogènes, progestérone) qui, chez certaines femmes, stimulant les cellules cancéreuses. Concrètement, il faut prendre des pilules tous les jours pendant cinq ans. «Je suis ce traitement depuis plus de deux ans. Maintenant, cela va bien, mais au début c’est dur car les gens de l’extérieur croient que tout est fini. Certes, il n’y a plus de traitements lourds, mais on prend du poids», relève Joy Martin. Elle insiste enfin sur un dernier point: «Entre chaque traitement, l’attente aussi est difficile. Il y a une peur de l’inconnu. Durant les soins, on se bat contre la maladie, car on veut vivre.»

Enfin, l’oncologue dispose de l’immunothérapie, traitement dirigé contre des récepteurs (HER2).

Pulsations - septembre-octobre 2012

Article original: http://www.hug-ge.ch/actualite/pulsations.html

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