Diabète

Dernière mise à jour 14/01/13 | Maladie
Diabete

Le diabète est une anomalie de l’utilisation du sucre (glucose) en raison d'un manque d'insuline ou d'une moins grande sensibilité de l'organisme à l'insuline.

Brève description

Le diabète est une anomalie de l’utilisation du sucre (glucose) par le corps. Les deux raisons principales sont :

  • un manque complet d’insuline, c’est-à-dire de l’hormone (fabriquée par le pancréas) qui permet de faire entrer le glucose dans les cellules. On parle alors du diabète de type 1 (aussi appelé diabète insulinodépendant (DID) ou diabète juvénile)
  • une diminution de l’efficacité de l’insuline, qu’on appelle aussi «résistance à l’insuline». Dans ce cas, on parle de diabète de type 2 (aussi appelé diabète non-insulinodépendant (DNID) ou diabète de l'âge mur). Ce type de diabète est observé plus fréquemment chez les individus en surpoids ou obèses.

Le diabète de type 2 est plus fréquent (environ 90% des cas) que le diabète de type 1. Il est en augmentation constante ; c’est une maladie de civilisation, en relation avec le mode de vie actuel (sédentarité, alimentation trop riche et déséquilibrée).

Symptômes

Les symptômes varient selon le type de diabète :
  

  • Pour le diabète de type 1, les symptômes peuvent être une fatigue, la sensation d’avoir tout le temps soif, des mictions (émission d’urine) fréquentes et en grande quantité, tant le jour que la nuit et qui sentent la pomme (acétone).
    Une perte de poids malgré le fait de manger comme d’habitude, un rythme de respiration plus rapide et une haleine à l’odeur de pomme (acétone), ou encore des douleurs abdominales importantes, peuvent être présents.
    Des symptômes généraux comme une fatigue, une déshydratation ou une prédisposition aux infections, comme par exemple les mycoses, peuvent aussi s'observer.
  • Le diabète de type 2 peut aussi produire des symptômes généraux comme une fatigue ou des infections (mycoses) plus fréquentes, mais plutôt dans un contexte de surpoids ou d’obésité.
    Parfois, aucun symptôme n’indique la présence d’un diabète de type 2 et le diagnostic est posé par la mesure d’un taux de sucre trop élevé (hyperglycémie) dans le sang. Cette glycémie trop élevée peut être découverte par hasard lors d’un contrôle de routine, ou parce que le médecin soupçonnait la maladie et a demandé ce test.

Causes

Le diabète de type 1 est une maladie auto-immune au cours de laquelle les cellules du pancréas produisant l’insuline ont été spécifiquement détruites par les propres défenses immunitaires de la personne qui en est atteinte.
  

Dans le diabète de type 2, la réduction de l’efficacité de l’insuline est liée au fait que les cellules y deviennent moins sensibles, c’est-à-dire que l’effet d’une même quantité d’insuline est moins important que ce qu’il devrait être en temps normal (on appelle cela «résistance à l'insuline»).

Par la suite, à force de produire toujours davantage d’insuline pour maintenir un effet suffisant (dans un effort de compensation), le pancréas s’épuise et, finalement, la production d’insuline diminue fortement et devient très insuffisante.

Facteurs de risque

Une composante génétique (diabète chez un autre membre de la famille, un proche parent au premier degré) peut jouer un rôle dans les deux types de diabète, mais surtout dans le diabète de type 2.
  

Les facteurs de risque pour un diabète de type 1 sont :

  • des antécédents personnels de maladies auto-immunes telles qu'une hypothyroïdie
  • l'existence d'un diabète de type 1 dans la famille (dans ce cas, le risque de transmission par les parents est faible, de l’ordre de 5%).

Les facteurs de risque pour un diabète de type 2 sont :

  • le surpoids ou l’obésité
  • la sédentarité
  • un traitement prolongé à base de cortisone, ou un stress majeur comme une opération chirurgicale
  • des antécédents de diabète gestationnel (diabète pendant la grossesse)
  • l'appartenance à certains groupes ethniques tels les personnes venant d’Amérique latine, d’Asie et d’Afrique sub-saharienne

Traitement

Traitement pour les deux types de diabète

Les régimes limitant fortement la quantité de sucres ne sont plus utilisés. Ils ont été remplacés par une alimentation équilibrée dont les sucres ne sont pas exclus. Les conseils concernant l’alimentation et la qualité des hydrates de carbone (sucres) sont ainsi des informations utiles pour les personnes diabétiques. Une activité physique régulière est également très bénéfique et fait partie intégrante du traitement.

Le diabète nécessite un traitement à vie. Pour bien vivre avec sa maladie, il est vivement recommandé que le patient et son entourage suivent des cours ou un programme d’éducation thérapeutique. Cela permet de mieux savoir ce que sont la maladie, ses conséquences et son traitement, ce qui améliore le contrôle du diabète et offre une meilleure qualité de vie.
  

Traitement du diabète de type 1

Le pancréas ne produisant plus d’insuline, le traitement du diabète de type 1 consiste en des injections d’insuline plusieurs fois par jour (le plus souvent à l’aide de stylos auto-injecteurs) pendant toute la vie. L'insuline peut aussi être injectée de manière constante et automatique au moyen d’une pompe à insuline.

Dans certains cas, une transplantation du pancréas ou une transplantation des îlots de Langerhans (c’est-à-dire des amas de cellules pancréatiques spécialisées qui produisent l’insuline) est également possible. Bien que cela permette de ne plus devoir s’injecter de l’insuline, ce traitement nécessite de prendre un traitement immunosuppresseur à vie pour éviter le rejet de la greffe.
  

Traitement du diabète de type 2

Le traitement spécifique du diabète de type 2 consiste à prendre un ou plusieurs médicaments qui stimulent la production d’insuline ou qui améliorent la sensibilité des cellules à l'insuline (diminution de la « résistance à l'insuline»). Parfois, lorsque la maladie est avancée, des injections d’insuline peuvent aussi devenir nécessaires.

Une autre possibilité thérapeutique récente consiste en des injections d'une hormone appelée GLP-1 (peptide semblable au glucagon), qui améliore la sensibilité à l’insuline et réduit la production compensatrice inadéquate de glucose (sucre) par le foie.
  

Traitement de l’hypoglycémie

Il doit commencer rapidement après l’apparition des premiers symptômes, de manière à éviter que le taux de sucre ne descende trop bas et ne provoque des symptômes graves. Le traitement de l’hypoglycémie consiste :

  • à s’asseoir, puis à ingérer du sucre concentré, par exemple 200 ml de jus de fruits, 2-3 morceaux de sucre ou des bonbons dilués dans un peu d’eau
  • environ 20 minutes plus tard, prendre une collation protéinée, comme un morceau de fromage ou quelques noix.

Evolution et complications possibles

Un accompagnement médical, infirmier et diététique régulier, ainsi qu'un traitement bien suivi par une personne formée à le prendre de manière régulière et adéquate permettent de bien contrôler la maladie et favorisent une bonne qualité de vie. Les complications liées au diabète peuvent ainsi être évitées ou, si elles sont déjà présentes, leur sévérité peut être limitée.
  

En revanche, en l’absence de traitement ou si le contrôle de la glycémie (taux de sucre dans le sang) est insuffisant, des complications peuvent apparaître à plus ou moins long terme. Il peut s'agir de :

  • complications vasculaires responsables d’une irrigation insuffisante de certains organes ou parties du corps ce qui peut favoriser la survenue d’un infarctus du myocarde (crise cardiaque), d’un accident vasculaire cérébral (attaque cérébrale) ou d'ulcères au niveau des pieds ou des jambes
  • complications oculaires, pouvant entraîner une dégradation ou une perte de la vue, avec une atteinte de la rétine, une cataracte ou un glaucome
  • complications rénales, pouvant aboutir à une insuffisance rénale (incapacité des reins à assurer leur fonction de filtration), et parfois nécessiter une dialyse
  • complications neurologiques comme par exemple une atteinte des nerfs (neuropathie) qui peut se manifester par :
    1) des douleurs chroniques (sensations de brûlures ou de chaleur en général à prédominance nocturne), par exemple au niveau des jambes
    2) une perte de la sensibilité qui supprime le signal d’alerte que constitue la douleur, par exemple lors d’un contact avec le chaud ou lors d’une blessure ; de ce fait, les personnes n’ont pas conscience de se blesser et la plaie peut s’aggraver et s’infecter. Dans les cas graves, l’os se trouvant sous la plaie peut s’infecter, ou les tissus autour de la plaie peuvent mourir (gangrène), ce qui nécessite parfois une amputation.
    Un infarctus (crise cardiaque) peut aussi survenir sans provoquer des douleurs thoraciques chez une personne diabétique.
    3) une perte de la perception de la position des articulations, notamment au niveau des jambes, des chevilles et des pieds, ce qui peut provoquer des troubles de l’équilibre ou des chutes.
  • autres complications comme des troubles sexuels, des diarrhées chroniques et une tendance aux infections (mycoses en particulier)

Dans certains cas, si le traitement n’est pas bien suivi ou si la dose de médicament n'est pas correctement adaptée par rapport à la quantité d’aliments ingérée ou à l’intensité de l’effort, la maladie peut se déséquilibrer et conduire à une hyperglycémie (taux de sucre dans le sang trop élevé) ou, à l’inverse, à une hypoglycémie (taux de sucre dans le sang trop bas).
  

  • les symptômes de l’hyperglycémie sont la polyurie (uriner beaucoup et souvent), la polydipsie (avoir tout le temps soif et boire beaucoup), la polyphagie (avoir tout le temps faim et manger beaucoup), la perte de poids malgré une alimentation normale, la nycturie (devoir se lever souvent la nuit pour uriner), une sensation de malaise et une fatigue
  • les symptômes de l’hypoglycémie surviennent souvent 3-4 heures après un repas : baisse soudaine de l’énergie, état de faiblesse, nervosité, irritabilité, tremblements, pâleur, sueurs (froides), maux de tête, sensation de faim, étourdissements, somnolence, difficultés à se concentrer.

Lorsque l’hypoglycémie survient la nuit pendant le sommeil, elle peut se manifester par de l’insomnie, des sudations nocturnes, des cauchemars, une fatigue, une irritabilité et une confusion lors du réveil.
Lorsque l’hypoglycémie est grave (taux de sucre dans le sang vraiment très bas), d’autres symptômes peuvent survenir : discours incohérent, perte de connaissance voire même coma (coma hypoglycémique). Dans ce cas, le traitement doit être rapide pour éviter la survenue de lésions au cerveau.

Prévention

Il n’est pas possible de prévenir un diabète de type 1.
  

En revanche, pour prévenir le diabète de type 2, il s’agit d’adopter un mode de vie comprenant une alimentation équilibrée et la pratique d’un exercice physique régulier pour éviter le surpoids ou l’obésité.
Eventuellement, chez les personnes qui présentent plusieurs facteurs de risque pour un diabète de type 2, le médecin pourrait prescrire préventivement un médicament qui agit sur la résistance à l’insuline (mais cela n'est pas remboursé par toutes les caisses maladies).
Enfin, chez les personnes obèses dont le diabète ne peut que difficilement être contrôlé, une opération de chirurgie bariatrique (pose d'un anneau gastrique, réduction de la taille de l'estomac, etc.) peut permettre d'améliorer la maladie.

Quand contacter le médecin ?

Appeler le 144 si une personne diabétique perd connaissance.
Si une personne de l’entourage a été formée pour cela, elle peut procéder à une injection de glucagon (hormone qui fait remonter le glucose), car il est possible que la perte de connaissance soit due à une hypoglycémie (taux de sucre dans le sang très bas).
  

Appeler son médecin ou un service de garde (sans attendre la fin du week-end ou de la nuit) si la personne diabétique ressent une soif importante ou une grande fatigue, si elle urine plus fréquemment que d’habitude ou si elle semble avoir une infection, en particulier au niveau des jambes, des chevilles ou des pieds.
  

Appeler son médecin habituel (pendant les heures ouvrables) si la personne diabétique constate que ses glycémies sont élevées ou qu’elle a perdu du poids de manière non-volontaire.

Informations utiles au médecin

Le médecin s’intéressera en particulier aux symptômes et à l’existence des facteurs de risque (diabète dans la famille, prescription récente d’un traitement de cortisone ou des médicaments apparentés, excès de poids ou obésité, sédentarité, stress majeur comme une opération).

Il s’intéressera également à la manière dont le traitement est pris et comment il est supporté, aux valeurs de glycémie éventuellement mesurées à domicile, ainsi qu’à la survenue de symptômes évocateurs d’une hyperglycémie ou d’une hypoglycémie.

Examens

Les principaux examens pour diagnostiquer un diabète sont :

  • la mesure du taux de glucose (sucre) dans le sang, le matin à jeun
  • des mesures répétées (sur une période de quelques heures) des concentrations de sucre dans le sang après la prise d’une quantité définie de glucose par voie orale (test d’hyperglycémie provoquée) pour détecter un diabète de manière précoce (c’est-à-dire avant que la maladie ne soit vraiment déclarée) en présence de facteurs de risque

Les principaux examens pour surveiller l’évolution d’un diabète sont :

  • la mesure du taux de glucose (sucre) dans le sang, le matin à jeun
  • la mesure, par le patient (au moyen d’un appareil de mesure automatique), du taux de glucose à différents moments de la journée, selon les conseils du médecin et lors de la survenue de symptômes d’hyperglycémie ou d’hypoglycémie
  • la mesure de l’hémoglobine glyquée (HbA1c) dans le sang, qui permet d’estimer la concentration moyenne en glucose au cours des trois derniers mois. Cette mesure est utile notamment pour vérifier l’efficacité des mesures thérapeutiques (alimentation, médicaments)
  • éventuellement, surtout en cas de diabète de type 1, un contrôle de l’acidité du sang (pH), du taux d’acétone dans le sang ou dans l’urine, ainsi qu’une évaluation de l’état d’hydratation (osmolalité sanguine) pourront être demandés par le médecin.

Enfin, le médecin pourra demander d’autres examens (cardiaques, ophtalmologiques, neurologiques, etc.) pour détecter la présence éventuelle des complications potentielles de la maladie et évaluer leur sévérité.

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