Infarctus du myocarde

Dernière mise à jour 31/08/11 | Maladie
Coeur

L'infarctus du myocarde se produit lorsqu'une artère du coeur est bouchée ou rétrécie. Il provoque le plus souvent une douleur dans la poitrine.

Brève description

L'infarctus du myocarde (souvent appelé «crise cardiaque»), signifie qu’une partie des cellules du muscle cardiaque (myocarde) meurent à la suite d’un problème d’apport sanguin. L’infarctus se produit quand une ou plusieurs artères coronaires se bouchent. Les cellules du myocarde irriguées par cette (ou ces) artère(s) ne reçoivent alors plus assez d’oxygène, ce qui conduit finalement à leur mort (nécrose) puis à la formation d’une cicatrice. La zone cicatricielle ne se contractera par conséquent plus correctement, ce qui peut avoir des répercussions sur le bon fonctionnement de la pompe cardiaque.

Plus le manque d’oxygène sera prolongé, plus la zone de nécrose sera étendue. C’est ce qui explique l’imporance d’une prise en charge la plus rapide possible d’un infarctus.

Symptômes

Le symptôme le plus couramment ressenti est une douleur oppressive (sensation de serrement, de broiement, de constriction) localisée dans la poitrine, derrière le sternum ou légèrement à sa gauche. Une difficulté à respirer, un sentiment de malaise, des étourdissements, des sueurs froides et une peau moite ou des palpitations sont parfois aussi présents.

La douleur peut irradier vers d’autres parties du corps : bras, omoplate, cou, mâchoire, le plus souvent à gauche, ainsi qu’au niveau de l’estomac. Généralement, la douleur est intense (sensation «d'étau»), violente, prolongée (plusieurs minutes) et angoissante, mais l'on observe de grandes variations d'intensité selon les personnes.

Certains infarctus s’accompagnent de complications graves tel qu’un arrêt ou une insuffisance cardiaque.

Parfois, des séquelles d’un ancien infarctus du myocarde qui était passé inaperçu, peuvent être découvertes à l'occasion d'un électrocardiogramme, lors d'un bilan de santé de routine.

Causes

La cause la plus fréquente de l’infarctus du myocarde est l’occlusion d'une artère coronaire (l’artère se bouche). Cette occlusion est due à deux mécanismes :

  • la formation d’un « caillot » de sang (agrégation des plaquettes) dans l’artère en raison le plus souvent de la rupture d’une plaque d’athérome (dépôt de cholestérol dans la paroi de l’artère, aussi appelé athérosclérose)
  • un spasme de l’artère coronaire : l’artère se contracte ce qui réduit brutalement son calibre.

Il s’agit de deux mécanismes qui fréquemment s'associent et s'auto-entretiennent, le premier renforçant l'activité du second. Dans tous les cas, survient alors une occlusion de l'artère coronaire, plus ou moins complète et, surtout, plus ou moins prolongée, provoquant une souffrance des cellules de la zone concernée, par le manque d'oxygène (ce qu’on appelle l’ischémie). La durée de l'ischémie va déterminer la taille et la gravité de l’infarctus.

Facteurs de risque

Les risques de développer une athérosclérose (et donc une maladie coronarienne) sont augmentés en présence des facteurs suivants :

  • sexe masculin
  • présence d’une maladie coronarienne dans la famille (père ou frère avant 50 ans, mère ou sœur avant 55 ans)
  • diabète
  • hypercholestérolémie (excès de cholestérol avec cholestérol LDL haut et cholestérol HDL bas)
  • hypertension artérielle
  • tabagisme
  • sédentarité (pas assez d’exercice physique)
  • stress
  • obésité, surtout en cas d’augmentation de la graisse abdominale.

Traitement

L’infarctus du myocarde est une urgence vitale où chaque minute compte !

Il est capital de désobstruer rapidement l’artère coronaire responsable de l’infarctus pour que le muscle cardiaque soit de nouveau alimenté normalement en oxygène. Le traitement commence avant l’hôpital, dès l’arrivée du médecin ou de l’ambulance, par l’administration d’aspirine (pour limiter l’agrégation des plaquettes) et d’oxygène (pour améliorer l’oxygénation du sang et donc celle du muscle cardiaque).

Une fois à l’hôpital, une angioplastie (dilatation par ballonnet et pose de stent) est en général effectuée. Il s’agit de l’’introduction d’un cathéter dans l'artère coronaire pour dilater la région responsable de l’infarctus. Dans la plupart des cas, une prothèse appelée stent («ressort») est implantée pour maintenir l’artère bien ouverte. Cette intervention s’effectue en passant par l’artère fémorale (pli de l’aine) ou l’artère radiale (poignet) après anesthésie locale en salle de cathéterisme cardiaque.

Dans certains cas, si l’hôpital qui accueille la personne ne dispose pas d’une salle de cathétérisme cardiaque disponible 24 heures sur 24, un traitement par thrombolyse (dissolution du caillot par injection d’un médicament) peut être envisagé si le début des douleurs remonte à moins de 2-3 heures. Une angioplastie sera généralement effectuée dans un second temps.

Rarement, une opération du cœur peut être nécessaire lors d’un infarctus aigu. Cette opération, appelée pontage aorto-coronarien (ou «bypass») permet de rétablir une bonne circulation en confectionnant un «pont» par dessus l’obstruction à l’aide de vaisseaux déviés (artère interne de la poitrine) ou prélevés ailleurs (veine de la jambe).

Evolution et complications possibles

Les irrégularités du rythme cardiaque (arythmies) sont une complication fréquente de l’infarctus. 30% des personnes qui font un infarctus décèdent d’un arrêt cardiaque avant d’avoir pu contacter les secours. Plus tard, après l'épisode aigu, un quart des décès est lié à des arythmies. Celles-ci peuvent parfois être prévenues par l’implantation d’un défibrillateur interne (dispositif qui envoie un choc électrique au cœur lorsqu’il détecte une anomalie dangereuse du rythme cardiaque).

Ces dernières années, l’angioplastie précoce, qui permet de désobstruer l'artère responsable de l’infarctus, a profondément modifié le pronostic et a permis de réduire la mortalité de l’infarctus (elle est maintenant inférieure à 10% chez les personnes qui sont arrivées rapidement à l’hôpital).

Une autre complication de l’infarctus, l’insuffisance cardiaque (diminution de la capacité du cœur à pomper ou éjecter le sang) survient chez un peu plus de 10% des personnes. Cette proportion tend à diminuer du fait de la prise en charge en urgence toujours plus précoce. Il existe par ailleurs de nombreux médicaments qui permettent de soulager les personnes avec une insuffisance cardiaque qui retrouvent alors une qualité de vie acceptable.

Prévention

La prévention de l’infarctus se fait par un contrôle strict des facteurs de risques cardiovasculaires en général et par l’administration de faibles doses d’aspirine (le plus souvent 100 mg/jour).

Ainsi, traiter les facteurs de risque cardiovasculaires responsables de la maladie coronarienne (athérosclérose) est primordial, ce qui nécessite à la fois une modification des habitudes de vie (arrêt du tabac, perte de poids, alimentation saine, activité physique régulière, gestion du stress) et le traitement des éventuelles maladies associées telles que l’hypertension artérielle, le diabète et l’hypercholestérolémie.

Quand contacter le médecin ?

Informations utiles au médecin

Pour préciser le diagnostic, le médecin s’intéressera en particulier :

  • aux facteurs de risque : présence de maladies cardiaques dans la famille, habitudes de vie, autres maladies (diabète, hypertension artérielle, excès de cholestérol)
  • aux douleurs : fréquence, localisation et irradiation, facteurs déclenchants (stress, émotion forte, activité physique inhabituelle, exposition au froid, etc.)
  • aux médicaments habituels, y compris ceux obtenus sans ordonnance.

Examens

En situation d’urgence, le médecin effectuera les examens suivants :

  • électrocardiogramme (ECG : enregistrement de l’activité électrique du cœur) à la recherche de signes d’ischémie ou d’un infarctus
  • analyse de sang : recherche d’indices qui indiquent une souffrance du muscle cardiaque
  • radiographie du thorax
  • échographie cardiaque à la recherche de signes d’une insuffisance ou d’un mauvais fonctionnement cardiaque.

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