Galère, le mal de voyage

Dernière mise à jour 14/10/14 | Article
Galère, le mal de voyage
Notre cerveau ne sait pas toujours à quels capteurs se référer pour déterminer si le corps bouge ou pas. En voyage, cela peut causer des nausées. Explications.

La scène est connue. La route des vacances, des enfants à l’arrière, quelques lacets et voilà qu’il faut sortir les sacs à vomi. Le mal des transports n’est pas dangereux mais il peut être très gênant. Avant les chassés-croisés, quelques éléments pour mieux le connaître et l’apprivoiser.

A la source de cette affection, il y a un problème de perception de notre propre corps. Pour maintenir notre équilibre, «nous utilisons trois systèmes simultanément», explique le professeur Jean-Philippe Guyot, oto-rhino-laryngologue aux Hôpitaux universitaires de Genève (HUG). L’oreille interne nous permet de savoir dans quelle position est notre tête et dans quel axe elle tourne. Notre vision centrale cherche des points fixes avec lesquels se repérer et notre vision périphérique des repères verticaux. Notre proprioception, enfin, permet à nos membres et articulations d’envoyer à notre cerveau des informations sur leur position et la pression qui s’y exerce.

Conflit de perceptions

«De manière générale, pour que l’on se sente bien, ces trois informations doivent être cohérentes entre elles», explique le chef de service. Or, au fond de la cale d’un bateau, sans vue sur l’extérieur, l’oreille interne et la proprioception signalent la houle alors que la vision veut croire que l’on est immobile. Même chose dans un train pendulaire : l’oreille interne avertit que le train s’incline mais pas la vue.

Chez certaines personnes, le cerveau ne supporte pas du tout ce conflit et, en réaction, déclenche des nausées, des vertiges, de la transpiration et une respiration accélérée, propres au mal de voyage. Pour prévenir ces symptômes ou les atténuer, une solution est de réduire l’incohérence de nos perceptions. Se mettre à l’avant d’un véhicule ou regarder par la fenêtre diminue ce conflit des sens. En voyant le paysage évoluer avec la voiture, la vision signifie au cerveau que l’on bouge, ce qui n’est pas le cas si l’on fixe le siège en face de soi ou un livre sur ses genoux qui, tous deux, paraissent immobiles.

Instaurer une dynamique positive

Des traitements médicamenteux existent pour empêcher les vomissements ou réduire la sensibilité de nos capteurs d’équilibre. Ces substances ne sont pas dénuées d’effets secondaires, vous devriez donc discuter d’une éventuelle utilisation avec un professionnel de la santé.

Ces médicaments sont-ils adaptés aux enfants? Le Dr Mario Gehri, médecin-chef de l’Hôpital de l’enfance à Lausanne, pense que non et appelle à une grande prudence. A cause de leurs effets secondaires, ils sont interdits aux moins de cinq ans. Et avant d’en donner à un enfant plus âgé, parlez-en à votre pédiatre.

Pour le médecin, le voyage doit, en dehors des cas de force majeure, être d’abord un plaisir pour les enfants. L’itinéraire, les étapes, la destination doivent être pensés pour toute la famille et pas seulement pour les parents. Il en découle des voyages en douceur avec du temps pour les repas et des collations, de nombreux arrêts et des activités comme du mouvement, des jeux ou des visites.
En principe, les écrans sont contre-indiqués pour les enfants de moins de 3 ans. Leur préférer donc histoires ou chansons.
En un mot, « il faut s’efforcer d’instaurer une dynamique familiale positive dans la voiture ».

Les bons réflexes

  • S’arrêter régulièrement.
  • Regarder la route et ne pas lire.
  • Ouvrir la fenêtre, car l’air frais peut faire du bien en combattant la sensation de chaleur qui accompagne le mal de voyage.
  • Il semble que s’efforcer de respirer profondément et calmement améliore les symptômes.
  • Si l’on choisit de prendre un remède contre le mal de voyage, le prendre avant le début du trajet.
  • Le gingembre, en poudre par exemple, a montré une certaine efficacité contre le mal des transports.

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