La douleur peut se lire dans les yeux

Dernière mise à jour 18/06/13 | Article
La douleur peut se lire dans les yeux
La taille de la pupille et sa contraction sous l’effet de la lumière seraient de bons indicateurs de la souffrance ressentie par un patient, selon des médecins français.

Les yeux, dit-on, sont le miroir de l’âme. Les pupilles, elles, offriraient un bon reflet de la douleur, ajoutent des médecins de l’INSERM (Institut national français de la santé et de la recherche médicale) à Paris, qui ont trouvé le moyen d’évaluer son intensité.

La souffrance est en effet une notion subjective. La seule technique dont on dispose pour l’estimer consiste à interroger la personne concernée, en lui demandant de noter l’intensité de sa souffrance sur une échelle de 1 à 10. Pour trouver une méthode d’évaluation objective, Jean Guglielminotti et ses collègues parisiens se sont donc intéressés à la pupille, en partant du principe que son diamètre et sa contraction après une stimulation lumineuse évoluent avec la douleur.

Tests sur des parturientes

L’idée a été testée sur une trentaine de femmes en train d’accoucher. Les chercheurs ont placé, devant un des yeux des parturientes, une caméra qui recueille les données en une fraction de seconde. Puis ils ont mesuré l’état de leur pupille durant les contractions (très douloureuses) et entre celles-ci, de même qu’avant et après qu’elles aient été soulagées par une péridurale (injection d’un liquide analgésique). Ils ont ainsi pu constater que lorsque la femme souffre ses pupilles se dilatent et qu’en même temps, elles se contractent plus fortement en présence de lumière. Ils ont ainsi confirmé qu’il existe un lien direct entre la douleur et la réaction des pupilles.

Cette étude «est intéressante, bien qu’elle ne concerne que la douleur aigue», commente Philippe Mavrocordatos. Le responsable du Centre pluridisciplinaire de la douleur de la Clinique Cecil à Lausanne n’est toutefois pas surpris de ces résultats. «On sait que la pupille reflète le tonus du système nerveux sympathique en cas de stress»; il est donc logique qu’elle «reflète indirectement la douleur». D’ailleurs, précise le médecin, «nous nous servons depuis très longtemps de ce signe indirect. Lorsqu’un patient est sous anesthésie générale, le diamètre de sa pupille est pour nous un indicateur parmi d’autres de la profondeur de l’anesthésie».

Chacun son propre témoin

De leur côté, les médecins français ne cachent pas que leur méthode a encore des limites. En effet, elle ne permet pas de distinguer une personne qui souffre d’une autre qui ne souffre pas, car chacune a son propre seuil de douleur. «Néanmoins, précise Jean Guglielminotti, chaque individu pourrait être son propre témoin. En mesurant l’évolution de l’état de sa pupille au cours du temps, par exemple avant et après un traitement antalgique, il serait possible de déterminer l’évolution de la douleur et de savoir si le traitement a été efficace ou non.»

En revanche, la méthode reste inopérante chez ceux qui pourraient le plus en bénéficier: les patients en salle de réveil ou plongés dans le coma qui sont inconscients et donc incapables de s’exprimer. Dans ce cas, il faudrait disposer de mesures préalables de leur pupille en l’absence de douleur, ce qui paraît difficile. C’est à ce nouveau défi que les chercheurs vont maintenant s’attaquer en essayant de contourner cet obstacle.

A LIRE AUSSI

Borderline
Enfant triste

Comment apparaît le trouble de la personnalité borderline?

Ces dernières décennies, des recherches approfondies ont été consacrées aux origines du trouble de la...
Lire la suite
Troubles bipolaires
masques

Médicaments pour le traitement des troubles bipolaires

Ces médicaments psychotropes sont utilisés pour traiter les fluctuations extrêmes de l’humeur telles...
Lire la suite
Borderline
reflet d'un visage dans un miroir

Critères diagnostiques du trouble de la personnalité borderline?

Neuf critères diagnostiques sont utilisés pour diagnostiquer le trouble de la personnalité. Ils vous...
Lire la suite
Articles sur le meme sujet

Les antidouleurs opioïdes tuent 40 fois par jour aux USA

Peu avant sa mort, Prince aurait été traité pour une overdose de médicaments opiacés. Ce genre d’accident explose outre-Atlantique, où les autorités sanitaires parlent de véritable épidémie.
Douleur chronique: il faut traiter

Douleur chronique: il faut traiter

Aujourd’hui, face à ces maux qui durent, épuisant le corps comme le moral, les traitements se multiplient.
Du e-learning pour les douleurs chroniques non cancéreuses

Du e-learning pour les douleurs chroniques non cancéreuses

Dans le domaine de la santé, l’éducation thérapeutique du patient (ETP) en ligne passe de plus en plus par le e-learning. Accès aux ressources, interactivité… Quels sont les apports de cette éducation à distance, délivrée aux patients via le web ? L’exemple de la prise en charge de douleurs chroniques non cancéreuses.
Videos sur le meme sujet

La violence conjugale: Elle est inacceptable!

La violence entre conjoints touchent majoritairement les femmes, mais aussi les hommes. Les caméras de L'antidote abordent le sujet avec Philip Jaffém psychologue et directeur de l'institut universitaire Kurt Bosch à Bramois.

Les T.O.C, la prison psychologique

L'ordre, la rigueur, le fait de vérifier si une tâche est bien accomplie, ces traits de caractère sont à priori plutôt considérés comme étant des qualités. Mais parfois ces qualités peuvent se transformer en handicap. Cette vidéo vous parle des T.O.C ou Troubles Obsessionnels Compulsifs.

Schizophrénie: Privilégier le lien social

La schizophrénie : en Suisse environ une personne sur cent connaitrait des troubles schizophréniques, c'est beaucoup et l'on a toujours de cette maladie une image caricaturale, parfois encore associée à la folie. Le point sur cette maladie avec l'antidote.
Maladies sur le meme sujet
Lymphœdème

Lymphœdème

Le lymphoedème est un gonflement, le plus souvent du bras ou de la jambe. qui apparaît d’une manière insidieuse et a tendance à augmenter progressivement.

Goutte

Goutte

La goutte est due à un excès d'acide urique dans le sang et à une accumulation dans les tissus. Elle provoque le plus souvent des douleurs intenses des articulations.

syndrome douloureux régional complexe (SDRC)

Syndrome douloureux régional complexe

Le SDRC est un état douloureux qui survient le plus souvent après un traumatisme (fracture) ou une opération d’un membre. Il peut aussi survenir à la suite d’un accident vasculaire cérébral (AVC).

Symptômes sur le meme sujet
Playmobil

Arthralgies

J’ai mal à une/plusieurs articulation(s)