Mieux traiter les douleurs chroniques chez l’adolescent

Dernière mise à jour 02/12/14 | Article
Mieux traiter les douleurs chroniques chez l’adolescent
En moyenne, 25 à 35% des adolescents souffrent de douleurs chroniques, continues ou récurrentes, qui persistent depuis au moins trois mois. Ces plaintes, qui peuvent paraître banales, doivent alerter les professionnels de santé pour permettre une prise en charge adaptée.

Douleurs musculo-squelettiques, abdominales ou encore maux de tête: ce sont là des plaintes fréquentes chez les adolescents. Le plus souvent sans gravité, ces troubles occasionnent tout de même des consultations et des prescriptions pas toujours adaptées. Des études sur la question montrent d’ailleurs que «ces plaintes sont plus fréquentes si les conditions d’aisance familiale ou environnementales sont mauvaises (climat scolaire, précarité…)».(1)

Traitements ciblés

En cas de douleurs chroniques liées ou non à une maladie sous-jacente, il est essentiel d’impliquer activement l’adolescent et sa famille dans le suivi de la douleur. La prise en charge d’un adolescent se plaignant de douleurs chroniques ne doit occulter aucun aspect de sa vie, aussi bien sur le plan familial, environnemental que scolaire. Sur le plan physique, l’examen du corps de l’adolescent permettra d’appréhender sa posture et notamment de déceler une éventuelle posture antalgique (position que l’on prend pour soulager une douleur). D’autres aspects plus subtils, comme la relation à son corps (hygiène, tatouage, piercing, sur ou sous poids …) peuvent aussi être décelés et donner de précieuses indications. Une estimation de la croissance et des stades pubertaires permet de répondre à des inquiétudes sur la normalité des changements physiques propres à cet âge. Sur le plan psychologique, la recherche de troubles de l’humeur ou d’anxiété chez l’adolescent ou dans sa famille est importante, car souvent associée aux douleurs chroniques.

Cas pratique

Une consultation détaillée permet donc d’apporter des réponses au professionnel de santé pour juger de la marche à suivre. Cela se complique lorsque rien n’est décelable sur le plan physique, et que les douleurs chroniques n’ont pas une cause définie. Rencontrer l’adolescent avec ses deux parents, en plus de souder le noyau familial, permettra de mettre le doigt sur différents aspects, comme: l’impact de la douleur sur la vie de l’adolescent (relationelle, affective, consommations, activité physique, estime de soi,…), l’évaluation de la douleur de l’adolescent selon différents points de vue (père, mère, fratrie, entourage scolaire,…), le cadre de vie et les éventuels événements qui peuvent être liés à cette plainte, les antécédents de douleurs au sein de la famille (chez d’autres membres)., l’importance de la croissance et du développement (à la fois pour comprendre et soigner la douleur) S’il n’est pas possible de faire venir les parents, il est judicieux de questionner le jeune sur les réactions de son entourage face à sa douleur et à l’ impact de celle-ci sur sa vie quotidienne.

Résultats encourageants

La prise en charge globale d’un adolescent souffrant de douleurs musculo-squelettiques montre que la guérison ou l’amélioration très importante des symptômes reste possible. Les facteurs de succès sont : une  communication efficace entre le patient, sa famille et le réseau de soins et l’école ainsi que  la mise en place rapide d’un programme de remobilisation active par des physiothérapeutes formés à ces approches combiné à un suivi médical régulier qui sera adapté aux besoins du patient et de sa famille.  Ces traitements efficaces doivent donc tendre à se développer, car à l’heure actuelle, encore beaucoup d’enfants n’y ont pas accès.

_________

Référence

(1) Adapté de «Perdre du temps… pour en gagner. Mieux soigner l’adolescent souffrant de douleurs chroniques», Drs Anne Meynard et Françoise Narring, Programme adolescents et jeunes adultes Département de l’enfant et de l’adolescent et Département de médecine communautaire et de premier secours HUG, Genève. In Revue Médicale Suisse 2014:10:1287-91. En collaboration avec les auteurs.

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