Poids: pourquoi il ne faut pas manger en regardant la télévision (ou en écoutant la radio)

Dernière mise à jour 04/04/13 | Article
Poids: pourquoi il ne faut pas manger en regardant la télévision (ou en écoutant la radio)
La distraction n’est pas conseillée pendant le repas. La science explique pourquoi mieux vaut ne pas passer ses repas en ayant l’attention attirée par autre chose que par le fait de manger et pourquoi faut-il se souvenir d’avoir mangé à sa faim quand on veut perdre du poids.

Deux études intéressantes avant de passer à table. La première a été menée par des chercheurs de l’Université de Liverpool. Elle vient d’être publiée dans l’American Journal of Nutrition. (on lira ici le résumé de ce travail). Elle démontre au final que le souvenir d’avoir mangé à sa faim contribue à moins manger au cours du repas suivant. On peut en déduire qu’à l’inverse, «rester sur sa faim» n’est certainement pas le meilleur moyen pour qui entend contrôler son poids. C’est aussi la démonstration faite que (bien) se nourrir réclame une forme de concentration, la distraction étant une ennemie du contrôle de l’apport alimentaire à a la fois durant la prise du repas mais aussi à distance de ce dernier.

Se souvenir d’avoir été repus

Dirigés par Eric Robinson (Institut de psychologie, Université de Liverpool), les auteurs constatent que la seule présence de souvenirs de repas récents et rassasiants réduit la quantité de nourriture ingérée par la suite. Ils remarquent aussi en revanche que le fait d’être distrait lors du repas conduit à des prises alimentaires accrues. Leur étude met ainsi en lumière, chiffres à l’appui, que l’amélioration de «la mémoire» de la nourriture consommée réduit statistiquement l’apport alimentaire et que la suppression des informations visuelles sur la quantité d'aliments consommés lors d'un repas entraîne l’augmentation de la consommation immédiate.

Ils observent encore que cet effet de la distraction sur la consommation immédiate semble être indépendant des restrictions alimentaires. Conclusion pragmatique des auteurs: écrire les menus de ses repas précédents ou conserver des souvenirs visuels en gardant certains emballages alimentaires ou trace de repas pourrait contribuer à réduire les volumes et les apports des repas suivants. Reste à travailler au développement des techniques de mémorisation spécialisées. Autre conclusion pratique: ne pas regarder la télévision, ne pas écouter la radio ou de la musique, ne pas lire un journal à la table; tout cela réduit la conscience de la nourriture consommée et se traduit in fine par une surconsommation.

La mémoire utile de l’hippocampe

Ce travail vient en confirmer un autre publié en 2012 dans PLoS One. On lira ici ce travail. Il suggére que  le souvenir d'un repas copieux peut induire la sensation de satiété. Mieux: c’est la quantité d’aliments consommés perçue et non réelle qui conduit à la sensation de faim ou de satiété. Et ce grâce à un processus de la mémoire dite récente qui siège dans une région précise du cerveau: l’hippocampe. Ce travail a été mené par des chercheurs de l’Université de Bristol. Le Dr Jeffrey Brunstorm et ses collègues ont bâti un protocole original à l’attention de leur centaine de volontaire.

Ils ont soustrait discrètement une partie du contenu d’un grand bol de soupe (500 ml) prêt à consommer puis ont évalué, une fois la soupe consommée (300 ml), le niveau de satiété des participants en relation avec la véritable quantité de soupe consommée. Ils ont alors découvert que les bénévoles à qui une très grande quantité de soupe avait été initialement proposée au début de l’expérience, déclarent deux à trois heures après le déjeuner, une sensation de faim nettement inférieure aux autres. Et vingt-quatre heures plus tard, plusieurs de ces bénévoles pensent toujours que cette portion de soupe était suffisante pour assouvir leur faim.

Less is more

Les auteurs rappellent qu’il existe des preuves psychologiques et neurobiologiques impliquant déjà des processus de la mémoire dépendants de l’hippocampe et intervenant dans le contrôle des sensations de faim et de satiété en lien avec la prise alimentaire. L’hyperphagie peut ainsi être associée à une amnésie. Ils montrent ici que la mémoire récente joue aussi un rôle important. Ils montrent aussi que la faim peut être associée au volume alimentaire perçu et non réel: les participants qui pensaient avoir consommé 500 ml déclarent avoir beaucoup moins faim, trois heures après; et ils restent convaincus du caractère suffisant du repas. Que ce phénomène étonnant soit ou non marginal, il pourrait être exploité pour réduire l'apport énergétique chez les humains. Chacun peut aussi tenter d’en faire l’expérience à son domicile.

A LIRE AUSSI

Microbiote
Il est parfois difficile de distinguer les douleurs de l’intestin de celles de l’estomac

Maux de ventre et ballonnement, ça s’explique

Au plaisir de déguster un bon repas se succèdent parfois des désagréments digestifs tels que des maux...
Lire la suite
Anémie
Femme fatiguée

Le manque de fer touche surtout les femmes

Lors de grosses fatigues, on oublie souvent de chercher du côté d'une carence en fer. Or, ce phénomène...
Lire la suite
Anémie
Et si c’était un manque de fer?

Et si c’était un manque de fer?

Perte de cheveux, ongles fragilisés et fatigue sont les signes d’une carence, souvent féminine, qui se...
Lire la suite
Articles sur le meme sujet
 pauline_seiterle_interview

«L’énergie des gens nous a nourris» | Interview de Pauline Seiterle

Elle est l’une des voix d’Option musique (RTS), et dorénavant de la Première. Les auditeurs ont découvert son visage en décembre dernier, lors de l’opération de solidarité de la RTS «Cœur à cœur». Rencontre.
Des poignées de terre

Anémie des géophages : la terre peut nourrir ou affaiblir

La géophagie (le fait de manger de la terre) est très répandue dans certaines cultures africaines et sud américaines. La terre prend différents noms comme «mabele» ou encore craie africaine, kaolin, Kalaba, calabash chalk, calabash stone, argile ou Nzu. Voici quelques précisons sur cette pratique déjà décrite par Hippocrate au IVe siècle avant J-C.
assiette_junior

L’assiette de junior sans viande ni poisson

Une alimentation équilibrée est gage de bonne santé pour petits et grands. Dès lors, supprimer certains aliments du régime alimentaire des enfants et des adolescents n’est pas toujours sans risque pour leur santé. Est-il possible pour les jeunes végétariens, voire végétaliens, de couvrir tous les apports nutritionnels dont ils ont besoin pour être en pleine forme ? Réponses avec notre Vrai-Faux.
Videos sur le meme sujet

Détox ou intox?

C’est un classique: avec le retour des beaux jours, les médias, et notamment la presse féminine, consacrent de nombreux articles et émissions aux cures détox.

Régimes: ils font tous grossir!

Les régimes amincissants semblent avoir encore de beaux jours devant-eux. Ils nous ont vanté mille et une recettes pour maigrir vite et sans effort. L'émission "L'Antidote" se penche sur ces promesses miracles vendues pour nous faire perdre du poids en compagnie du Dr Eric Heraïef.