Les effets de la privation alimentaire

Dernière mise à jour 23/04/13 | Article
Les effets de la privation alimentaire
Priver son corps de nourriture peut avoir de lourdes conséquences à la fois psychologiques et physiques: c’est ce qu’a montré une étude réalisée au cours des années 1940 aux Etats-Unis, la «Minnesota Starvation Experiment».

Pendant plusieurs mois, une trentaine de volontaires masculins en bonne santé ont été soumis à une très forte restriction alimentaire: ils consommaient environ la moitié des apports caloriques journaliers recommandés. Durant cette période, la majorité d’entre eux ont souffert d’importants troubles psychologiques. Leurs préoccupations liées à la nourriture ont fortement augmenté, et des conduites boulimiques sont apparues chez certains. Les participants ont aussi souffert d’épisodes de dépression et d’anxiété, d’hypocondrie, de difficultés de concentration et de compréhension. Beaucoup ont adopté un comportement de repli sur soi et ont témoigné d’une baisse du désir sexuel. Les cobayes ont également eu des troubles du sommeil et des maux de tête ; ils sont enfin devenus hypersensibles au bruit et au froid. Ces différents symptômes ont progressivement disparu lorsque les participants ont repris un poids normal.

Quoique souvent moins marquées que dans cette expérience, les restrictions alimentaires qui accompagnent les TCAA (troubles du comportement alimentaire atypiques) ont aussi des répercussions sur le corps humain. Elles induisent notamment des perturbations hormonales qui peuvent mener à un arrêt des règles chez la femme. De plus, en se privant de manger, les patients se coupent peu à peu des sensations normales de faim et de satiété et, dès lors, ne contrôlent plus leur alimentation que par la pensée, ce qui renforce encore leur obsession pour la nourriture et les prescriptions diététiques.

Enfin, les épisodes de privation alimentaire entraînent des conditions biologiques qui favorisent le déclenchement d’incontrôlables fringales. Ces mécanismes physiques expliqueraient pourquoi les patients ont des difficultés à sortir du cycle vicieux des restrictions et des abus de nourriture, même lorsqu’ils vont mieux d’un point de vue psychologique.

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