Comment perdre cinq kilos en quatre jours (et ne pas les reprendre)

Dernière mise à jour 23/06/14 | Article
Comment perdre cinq kilos en quatre jours (et ne pas les reprendre)
Ce résultat spectaculaire a été obtenu par des chercheurs espagnols et suédois. Au programme: une débauche d'activités physiques et de très faibles apports caloriques.

Un tiers de la population mondiale est aujourd'hui obèse ou en surpoids. Soit 1,46 milliard de personnes. Un chiffre qui aurait plus que triplé depuis 1980. «Faut-il mettre la planète au régime?», s'interroge l'Overseas Development Institute dans un récent rapport.

Oui, la planète a besoin d'un régime. Reste à savoir lequel. Sur le papier, rien de plus simple: il suffit d'ingérer moins de calories et d'en brûler plus. La réalité est bien plus complexe, comme l'explique le Pr. Alain Golay, spécialiste de l'obésité à la Faculté de médecine de l'Université de Genève: «Les programmes de perte de poids échouent dans 95% des cas. Et plus ils sont restrictifs, plus c’est vrai. Ils créent un effet "yo-yo" qui aboutit à une augmentation du poids. Le patient finit par entrer dans une spirale de l’échec.»

Quatre jours à 360 calories

C'est donc dans un but purement expérimental que des chercheurs suédois et espagnols viennent de proposer un programme choc à un groupe d’hommes en surpoids. Au menu, quatre jours d'activités physiques soutenues ponctuées d'apports caloriques minimes. Rien de bien agréable, donc.

Les quinze sujets étaient en bonne santé. Ils ont réduit leurs apports alimentaires à 360 calories par jour (soit, chez eux, une réduction d'environ 1800 kcal), les uns sous la forme de boissons sucrées, les autres des boissons protéinées. Leur programme journalier était chargé: 45 minutes d'exercices intensifs des membres supérieurs, suivis de huit heures de marche –pas une de moins– dans la campagne suédoise. Objectif: obtenir chez chacun la perte de 5000 calories par jour.

Selon José Calbet, professeur à l'Université de Las Palmas de Gran Canaria (Espagne), la plupart des participants «ont été surpris: c'était moins difficile qu'ils ne l'avaient pensé». Certains ont souffert de douleurs articulaires sans gravité. Aucun n'a voulu arrêter plus tôt que prévu. Et personne ne s'est plaint du manque de nourriture.

2,5 kg de graisses

Quatre jours plus tard, les quinze participants avaient perdu près de cinq kilos, dont environ 2,5 k de masse graisseuse. Les chercheurs ont constaté les mêmes résultats chez chacun des deux groupes (consommateurs de boissons sucrées ou protéinées). Plus étonnant encore, comme le rapporte le New York Times, les quinze volontaires seraient parvenus à transformer cet essai sur le long terme. Les responsables de cette expérience pensaient qu’ils compenseraient rapidement cette perte de poids en mangeant plus que nécessaire. Mais les études de suivi les ont détrompés: un mois plus tard, la plupart d'entre eux avaient perdu au total près de 6 k. Les chercheurs les ont à nouveau convoqués au bout d'un an. Ils ont alors constaté qu'aucun d'entre eux n'avait repris de poids.

Précautions

Cette étude a été récemment publiée dans le Scandinavian Journal of Medicine & Science in Sports(1). Elle tire comme conclusion «qu'une importante réduction de la masse graisseuse peut être obtenue chez l'homme souffrant de surpoids en associant réduction calorique et activité physique importante».

Plusieurs inconnues demeurent cependant. A commencer par la raison de cette efficacité à long terme. Pour le Dr Calbet, ce phénomène pourrait s'expliquer par une prise de conscience: les participants auraient profité de ces progrès fulgurants pour changer de mode de vie. Pour l’heure ce programme n'a pas été testé chez les femmes. Et il ne serait pas sans risque de l’expérimenter sans un contrôle médical.

(1) Un résumé technique (en anglais) de l'étude est disponible ici.

A LIRE AUSSI

Microbiote
Il est parfois difficile de distinguer les douleurs de l’intestin de celles de l’estomac

Maux de ventre et ballonnement, ça s’explique

Au plaisir de déguster un bon repas se succèdent parfois des désagréments digestifs tels que des maux...
Lire la suite
Anémie
Femme fatiguée

Le manque de fer touche surtout les femmes

Lors de grosses fatigues, on oublie souvent de chercher du côté d'une carence en fer. Or, ce phénomène...
Lire la suite
Constipation
selles_disent

Les selles et leurs mystères

Aspect, forme, couleur, odeur: nos fèces livrent quantité d’informations sur notre état de santé. Voici...
Lire la suite
Articles sur le meme sujet
Puls_jeune_fausse_idee

Le jeûne, une fausse bonne idée

Le jeûne véhicule une image de pureté, de maîtrise de soi et de santé. Mais cesser de s’alimenter pendant plusieurs jours est-il vraiment raisonnable pour la santé? Le point avec le Pr Claude Pichard, responsable de l’unité de nutrition aux Hôpitaux universitaires de Genève (HUG).
PULS_junior_vegetarienne

«Ma copine est végétarienne»

A la cantine, de l'escalope de dinde est au menu du jour. Rose, à la place, mange du tofu car elle est végétarienne. Comme elle, de plus en plus d'enfants et d'adolescents renoncent à la viande, voire à tout produit animal. Mais au fait, est-ce bon pour la santé?
regime_cetogene_maigrir

Le régime cétogène, la bonne recette pour maigrir?

Cette année, c’est lui qui fait le buzz parmi les régimes estivaux. Manger plus gras et beaucoup moins sucré, tel est le principe surprenant de cette diète. Est-ce que ça marche? À quel prix?
Videos sur le meme sujet

Manger gras pour rester en bonne santé?

C'est le sucre qui nous rend malades, pas le gras! Diabète, obésité, syndromes métaboliques et foie gras sont le résultat de la montagne de sucre que nous avalons, y compris dans les produits allégés.

Paléo–Vegan: le choc des régimes

En 50 ans, notre nourriture a davantage changé que ces 10'000 dernières années. Face à son industrialisation croissante et les inquiétudes qu’elle crée, les régimes parfois extrêmes se multiplient.

Paléo – Vegan: le choc des régimes

En 50 ans, notre nourriture a davantage changé que ces 10'000 dernières années.