Polyarthrite rhumatoïde

Dernière mise à jour 27/06/12 | Maladie
Douleurs articulaires

La polyarthrite rhumatoïde est un rhumatisme caractérisé par une inflammation de plusieurs articulations. «Poly» signifie plusieurs, et «arthr» signifie articulation.

Brève description

La polyarthrite rhumatoïde est le rhumatisme inflammatoire chronique le plus répandu. Elle touche environ 1% de la population générale et est trois fois plus fréquente chez la femme que chez l’homme. La maladie peut survenir à tout âge, y compris dans l’enfance, mais elle débute le plus souvent entre 40 et 60 ans. Elle se manifeste principalement par des douleurs et des gonflements articulaires.
 

Un diagnostic rapide est indispensable, car le pronostic est meilleur lorsqu’un traitement est instauré de manière précoce.

Symptômes

En général, la polyarthrite rhumatoïde se manifeste surtout par des inflammations articulaires. Ce sont des douleurs et des gonflements, le plus souvent des articulations des mains et des pieds, mais toutes peuvent être atteintes. Les douleurs sont surtout présentes la nuit et le matin au réveil, et elles s’améliorent au cours de la journée. Les personnes peuvent ressentir une sensation de raideur dans les articulations, surtout le matin au réveil, qui persiste environ 45 minutes, parfois plus.
 

Les symptômes de la polyarthrite rhumatoïde sont différents de ceux de l’arthrose qui surviennent plutôt au courant la journée, qui sont soulagés par le repos et pour lesquels la raideur matinale dure moins longtemps (quelques minutes seulement pour l’arthrose).

Les symptômes de la polyarthrite rhumatoïde évoluent par poussées de plusieurs jours à plusieurs semaines, séparées par des périodes d’accalmie.

Causes

La cause de la maladie reste inconnue. Elle pourrait être due à plusieurs facteurs associés : immunitaires, environnementaux, génétiques, infectieux, psychiques. Dans la polyarthrite rhumatoïde, le corps ne reconnaît plus les articulations comme lui appartenant et il développe une réaction immunitaire (de défense) contre elles (c’est pour cela que la polyarthrite rhumatoïde est considérée comme une maladie auto-immune). Cette réaction est à la base de l’inflammation qui, si elle n’est pas enrayée par le traitement, conduit à des lésions articulaires et autres complications.

La polyarthrite rhumatoïde n’est pas une maladie contagieuse. De nombreux travaux de recherche sont en cours pour mieux comprendre les risques, les causes et les mécanismes de la maladie.

Facteurs de risque

Le tabagisme actif est un facteur de risque pour la polyarthrite rhumatoïde. Il existe également des gènes de prédisposition, mais on ne parle pas de maladie héréditaire, même si le risque de développer une polyarthrite rhumatoïde est plus important chez les frères, sœurs et enfants d’une personne qui souffre de la maladie.

Traitement

Le traitement de la polyarthrite rhumatoïde doit être instauré le plus rapidement possible. Une consultation chez un rhumatologue dans les 6 semaines suivant l’apparition des premiers symptômes est indispensable.
 

Le suivi thérapeutique de la personne malade repose sur une prise en charge globale qui peut impliquer différents intervenants : médecin traitant, rhumatologue, infirmière, physiothérapeute, ergothérapeute, podologue, assistante sociale, psychologue, associations de patients et parfois chirurgien spécialisé.
 

Comme l'activité de la polyarthrite rhumatoïde varie par phases (poussées et accalmies), les mesures thérapeutiques doivent être régulièrement adaptées en fonction de son évolution.Pour un contrôle optimal et pour prévenir les complications de la maladie, un suivi régulier à la fois par le médecin traitant et le rhumatologue est donc indispensable.

 

Traitement médicamenteux

Le traitement médicamenteux associe des traitements symptomatiques (soulagement des symptômes lors des poussées) et des traitements de fond. Il améliore la qualité de vie en calmant les douleurs et en maintenant la mobilité des articulations, et vise à limiter l’apparition des complications.
 

Le traitement symptomatique a pour but de lutter contre la douleur et l’inflammation articulaire.

  • les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS : Brufen, Voltarène, Celebrex, etc.) agissent contre les douleurs dues à l’inflammation mais, comme leur action est uniquement symptomatique, ils ne permettent pas de stabiliser la maladie.
  • les dérivés de la cortisone (corticostéroïdes) ne font pas partie des traitements de fond. Ils s'utilisent par voie orale, souvent de façon transitoire, en cas de poussée invalidante. Les infiltrations de corticostéroïdes peuvent permettre de diminuer l'inflammation d'une articulation qui est gonflée. Les corticostéroïdes sont utilisés en complément des traitements de fond.

 

Les traitements de fond sont prescrits au long cours pour limiter les poussées (exacerbations) de la maladie, éviter la destruction articulaire et contrôler l’inflammation. Leur action ne se fait souvent sentir qu’après plusieurs semaines ou mois. Il s’agit :

  • du méthotrexate par exemple, le plus souvent prescrit en première intention
  • des biothérapies (ou traitements biologiques, c’est-à-dire à base de protéines qui bloquent l’action des messagers de l'inflammation), comme les inhibiteurs du TNF-alpha

 

Les traitements actuellement disponibles sont très efficaces, mais ils peuvent aussi provoquer des effets indésirables (infections, baisse du nombre de cellules sanguines, problèmes au niveau du foie, etc.). Ceux-ci sont bien connus des médecins qui y sont très attentifs.
 

Pour éviter un enraidissement trop important des articulations et conserver une capacité fonctionnelle, des exercices réguliers sont conseillés.
 

Traitement chirurgical

Lorsque l'inflammation de certaines articulations ne s'améliore pas malgré un traitement médicamenteux bien conduit, il est parfois nécessaire de recourir à la chirurgie.

Par exemple, en présence de fortes douleurs au niveau d'une articulation déformée ou détruite par la maladie, la mise en place d'une prothèse (articulation artificielle) peut aider à retrouver une meilleure capacité fonctionnelle et soulager les douleurs. Dans certains cas, la chirurgie peut aussi être utilisée pour corriger certaines déformations articulaires ou bloquer une articulation trop douloureuse (arthrodèse).

Evolution et complications possibles

Evolution

La polyarthrite rhumatoïde évolue par poussées. Si elle n’est pas traitée, la maladie tend à s’aggraver. Les dommages se font surtout au cours des deux premières années, d’où la nécessité d’un traitement précoce.

Cependant, la maladie n’évolue pas à la même vitesse chez toutes les personnes, car il existe des formes plus ou moins sévères.

 

Complications

Les complications possibles de la polyarthrite rhumatoïde sont de plusieurs types :

  • Complications articulaires : la destruction progressive des articulations par le processus inflammatoire entraîne des douleurs, des déformations des articulations, des atteintes du cartilage et parfois des tendons. Il en résulte des problèmes fonctionnels qui peuvent rendre difficiles les gestes mêmes les plus simples et courants de la vie quotidienne
  • Complications extra-articulaires (en dehors des articulations) : celles-ci sont plus rares et peuvent se manifester sous forme d’atteintes oculaires, pulmonaires, cardiaques ou neurologiques parfois graves et qui nécessitent un traitement plus intensif
  • Complications osseuses : l’ostéoporose, qui est une maladie qui fragilise les os et augmente le risque de fracture, peut être secondaire à la polyarthrite rhumatoïde elle-même ou à certains médicaments à base de cortisone (utilisés à des doses élevées et/ou pendant de longues périodes pour traiter la maladie)

Complications cardiovasculaires : la polyarthrite rhumatoïde, par le fait qu’elle provoque une inflammation chronique, favorise l’apparition de l’artériosclérose et augmente ainsi le risque de maladies cardiovasculaires. Les autres facteurs de risque pour l'artériosclérose (tabagisme, hypertension artérielle, excès de cholestérol (hypercholestérolémie) ou de sucre (diabète) dans le sang), s'ils sont présents, doivent donc absolument être pris en considération et, si nécessaire, traités.

Prévention

Il n’est pas possible de prévenir l’apparition de la polyarthrite rhumatoïde.
 

Une fois la maladie déclarée, les traitements actuels permettent de prévenir les atteintes destructrices des articulations et donc de maintenir au mieux leur mobilité. Ils permettent aussi de contrôler l’inflammation et donc de prévenir les complications cardiovasculaires.

Quand contacter le médecin ?

Le médecin traitant devrait être contacté dès l’apparition de symptômes évocateurs d’une polyarthrite rhumatoïde (gonflement des articulations, douleurs présentes surtout la nuit et le matin, raideur des articulations prolongée après le réveil).

Une consultation auprès d’un rhumatologue est indispensable dans les 6 semaines qui suivent, afin de mieux caractériser la maladie et d’instaurer rapidement le traitement le mieux adapté pour chaque personne.

 

Voir aussi : J’ai mal à une/plusieurs articulation(s)

Informations utiles au médecin

Le diagnostic de polyarthrite rhumatoïde se fait par une combinaison de moyens, c’est- à-dire l’anamnèse (histoire de la personne et de ses symptômes), l’examen clinique par le médecin et le rhumatologue, une prise de sang et des radiographies.
 

Le médecin posera notamment des questions à propos :

  • de l’endroit où se situent les douleurs et les articulations gonflées, de la date et des circonstances d’apparition des premiers symptômes
  • de l’horaire des douleurs (plutôt la nuit et le matin dès le réveil)
  • d’autres symptômes non articulaires qui auraient pu être présents, comme par exemple une infection
  • des traitements contre la douleur déjà essayés et de leur effet
  • de l’existence, parmi les membres de la famille, de maladies rhumatismales.

Examens

Pour préciser le diagnostic, surveiller le traitement et suivre l’évolution de la maladie, le médecin pourra demander :

  • une prise de sang à la recherche des signes d'inflammation (vitesse de sédimentation et protéine C-réactive (CRP)) et d’anticorps associés à la polyarthrite rhumatoïde (facteur rhumatoïde et anticorps anti-CCP) ou à d’autres rhumatismes. L’absence de signes d’inflammation ou d’anticorps n’exclut cependant pas l’existence d’une polyarthrite rhumatoïde
  • en cas d’articulation gonflée, le rhumatologue pourra ponctionner l’articulation et faire analyser le liquide articulaire, ce qui peut grandement aider au diagnostic
  • des radiographies, qui permettent de détecter les signes d’atteinte des articulations au début de la maladie puis d’observer leur évolution. Les deux principaux signes radiologiques de la maladie sont la diminution de l’espace entre les surfaces articulaires (pincement articulaire) et la formation de géodes (érosions osseuses à la périphérie de la surface articulaire).

Références

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