Les problèmes respiratoires n’ont plus de secret

Dernière mise à jour 30/11/20 | Article
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Rénové en septembre 2019, le laboratoire de physiologie respiratoire des Hôpitaux universitaires de Genève (HUG) couvre tout le spectre des examens du fonctionnement des poumons. Douze machines de dernière génération et de haute précision confirment un diagnostic ou permettent le suivi d’une maladie pulmonaire.

«Prenez place sur le vélo: la préparation prend un peu de temps. Je vous mets quelques électrodes autocollantes sur le thorax et dans le dos et les relie à un boîtier pour surveiller l’activité électrique de votre cœur. Je vous passe aussi un tensiomètre au bras et un oxymètre au poignet pour mesurer la saturation artérielle d’oxygène. Et voici un masque avec un embout buccal dans lequel vous allez respirer: c’est pour mesurer l’activité de vos poumons. La hauteur de la selle est-elle adéquate? On va bientôt commencer.»

Eva Alves Dias, technicienne en physiologie respiratoire, a terminé l’installation. À ses côtés, la Dre Chloé Cantero, médecin interne au laboratoire de physiologie respiratoire, complète les instructions. «On va vous piquer au bout de l’oreille au début et au maximum de l’effort. Il s’agit de prendre quelques gouttes de sang. Cette gazométrie capillaire donne des mesures de base au repos et permet de voir si, au pic de l’effort, vous produisez de l’acide lactique (ndlr: substance produite lorsque l’oxygène vient à manquer). On vous demandera à plusieurs reprises de nous indiquer, sur une échelle de 0 à 10, comment vous jugez votre difficulté à respirer et votre fatigue au niveau des jambes», explique-t-elle.

Encouragements continus

C’est parti. Maria, 64 ans, commence son test d’effort sur cycloergomètre, communément appelé vélo d’appartement. Pendant qu’elle pédale à différents niveaux de résistance, les paramètres du système respiratoire et le comportement du cœur sont enregistrés. «Gardez ce rythme, c’est l’échauffement pendant cinq minutes.» Les deux professionnelles la motivent, tout en ayant à l’œil les courbes d’échanges gazeux sur l’écran de contrôle: «C’est très bien, continuez. Dans cinq secondes, la charge augmente… C’est normal que ça commence à être dur, mais vous pouvez encore un peu.» À bout, elle arrête.

Visiblement fatiguée, elle s’assied et accepte bien volontiers un verre d’eau. «C’était difficile!», s’exclame Maria, satisfaite d’elle-même. «J’ai de gros problèmes respiratoires: je tousse beaucoup et peine à respirer depuis plusieurs années malgré mon traitement.» La Dre Cantero confirme: «Cette patiente souffre d’un asthme sévère. Cet examen doit nous dire si un problème au cœur, une hypertension pulmonaire ou un déconditionnement expliquent ses difficultés à respirer malgré son traitement.»

Haute précision

Comme de nombreux autres patient·es, son médecin traitant l’a adressée au laboratoire de physiologie respiratoire, placé sous la responsabilité du Dr Frédéric Lador, médecin adjoint au Service de pneumologie. Ce dernier souligne la bonne collaboration avec les médecins installés en ville qui pratiquent par exemple régulièrement des spirométrie: «Si le résultat de ce test est strictement normal, il permet d’exclure un trouble ventilatoire obstructif ou une anomalie. Par contre, au moindre doute, il faudrait le refaire ici, au laboratoire de physiologie respiratoire, qui est une vraie plus-value en cas de problèmes.»

Situé au 7e étage du Bâtiment Jean-Louis Prévost, il a été rénové et agrandi en septembre 2019. Moderne et confortable, c’est aujourd’hui le plus grand de Suisse romande. Réparties dans cinq salles d’examens – dont deux pour les tests d’effort avec douche privative –, les douze machines de dernière génération et de haute précision couvrent tout le spectre des problèmes respiratoires. «La physiologie respiratoire consiste à explorer les mécanismes impliqués dans le fonctionnement du poumon. Grâce aux paramètres respiratoires, circulatoires, métaboliques et musculaires, l’objectif est de comprendre pourquoi un patient est essoufflé, s’il y a une altération de la mécanique respiratoire ou quelles sont les raisons de la diminution de la capacité fonctionnelle», relève le Dr Lador.

De l’insuffisance respiratoire à l’asthme, en passant par la bronchopneumopathie chronique obstructive, l’emphysème, la fibrose pulmonaire, voire des syndromes respiratoires obstructifs dans ces certaines maladies neuromusculaires, toutes les atteintes du poumon sont examinées de près. Spirométrie, pléthysmographie pulmonaire dans une cabine fermée ou encore mesure du monoxyde d’azote exhalé sont parmi les tests disponibles. «Nous avons un rôle diagnostique pour confirmer une pathologie ou en affiner la sévérité, ainsi que de suivi après une transplantation pulmonaire ou d’une maladie respiratoire», résume le responsable du laboratoire.

Accueil et confort

Justement, Anne-Hélène, 72 ans, souffre depuis six ans d’un emphysème pulmonaire. Tous les six mois, elle passe une spirométrie pour déterminer l’évolution de la maladie. Bien installée dans un fauteuil grenat, portant un pince-nez pour ne respirer que par la bouche, elle est prête. Joao Neto Silva, technicien en physiologie respiratoire, la guide: «Mettez la langue sous l’embout. Remplissez vos poumons. Soufflez, soufflez, soufflez. On va refaire mais, cette fois, vous allez remplir à nouveau vos poumons à la fin après les avoir vidés.»

Habituée des lieux, Anne-Hélène apprécie le nouveau décor: «C’est plus grand et encore plus confortable qu’avant. L’accueil est parfait et le personnel aux petits soins.» Quinze minutes plus tard, elle repart. Son médecin lui communiquera les résultats. «Je vais continuer ma gymnastique respiratoire deux fois par semaine. Elle me fait beaucoup de bien», dit-elle.

Test pour sportifs d’élite

Validé par le Comité international olympique, un test spécifique, dit d’hyperventilation volontaire eucapnique, est effectué auprès de sportifs d’élite. «Il s’agit de détecter un asthme lié à l’effort. En cas de résultat positif au test, l’athlète de haut niveau peut prendre un bronchodilatateur durant une compétition à des fins thérapeutiques sans qu’il soit accusé de dopage», précise le Dr Lador.

Au total, chaque année, quelque 5000 patient·es sont vu·es et 10'000 tests réalisés, dont 85 % en ambulatoire. «Un anesthésiste peut nous adresser un patient pour s’assurer de son éligibilité à une opération», note le médecin. Le laboratoire participe également à la recherche clinique et à la formation. «Tous les internes y passent six mois et repartent avec une acuité diagnostique augmentée… qui leur sera très utile lorsqu’ils seront chefs de clinique ou installés. Nous formons ainsi de meilleurs pneumologues», conclut le responsable.

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Article repris du site  pulsations.swiss

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