Champignons et parasites à l’assaut de votre peau

Dernière mise à jour 18/07/16 | Article
L’été est propice aux baignades à la piscine et dans les lacs. Gare aux champignons et levures qui provoquent des mycoses et aux puces de canard qui entraînent de fortes démangeaisons.

1. Les mycoses: des infections de la tête aux pieds

Les champignons et levures pathogènes se plaisent dans la chaleur et l’humidité. C’est dire qu’un individu en sueur est pour eux un terrain de choix sur lequel ils prolifèrent, provoquant des infections cutanées, les mycoses.

Certes, ces maladies peuvent apparaître tout au long de l’année. Mais la transpiration augmente le risque en créant «des zones de macération qui favorisent leur développement», souligne Olivier Gaide, responsable de l’unité d’onco-dermatologie du Centre hospitalier universitaire vaudois (CHUV).

Diverses régions du corps peuvent être affectées, notamment: les cheveux, les coins de la bouche, les creux des aisselles, les plis de l’aine, le thorax, les parties génitales, ou encore les ongles –des pieds surtout– et la peau située entre les orteils. Dans ce dernier cas, l’infection est nommée «le pied d’athlète» car elle affecte particulièrement les sportifs qui fréquentent les salles d’entraînement et les douches communes. Mais tout un chacun peut aussi la contracter à la piscine ou dans un autre lieu public humide, «en marchant sur les pas d’une personne infectée qui a laissé des squames –de petits morceaux de peau– sur le sol», précise le dermatologue.

Les mycoses ont parfois des conséquences inesthétiques. La teigne (infection du cuir chevelu et des poils) rend ainsi les cheveux cassants et peut même entraîner la perte des cheveux dans la zone infectée, tandis que les atteintes au thorax engendrent des «lésions en forme d’anneaux à la périphérie desquels la peau se détache», explique le dermatologue. Quant aux infections au creux des bras ou de l’aine, elles sont souvent «désagréables et douloureuses». Toutefois, à l’exception des personnes diabétiques –chez qui le pied d’athlète peut favoriser l’apparition d’infections bactériennes graves– et des individus immunodéprimés, les mycoses sont le plus souvent bénignes. Lorsque plusieurs régions du corps sont atteintes, on utilise des antifongiques oraux qui éliminent tous les réservoirs de champignons. Sinon, on a recours à des traitements locaux, de préférence «sous forme de spray ou de poudre car, souligne Olivier Gaide, les crèmes et les pommades rajoutent de l’humidité sur la peau».

2. Mycoses vaginales: attention aux maillots mouillés

La sphère intime n’est pas épargnée par les infections dues aux champignons et aux levures. Surtout chez les femmes qui sont fréquemment sujettes aux mycoses vulvo-vaginales –dans la majorité des cas, ce sont des candidoses, ainsi nommées car elles sont dues à des champignons du genre Candida. L’infection touche alors soit la membrane externe des organes génitaux, la vulve, soit l’intérieur du vagin, et « la plupart du temps, les deux à la fois», précise Martine Jacot-Guillarmod, médecin associée au Département de gynécologie-obstétrique et génétique médicale du CHUV. L’affection est certes bénigne, mais elle provoque de désagréables démangeaisons ainsi que d’abondantes pertes blanches ressemblant à du lait caillé et, si l’irritation devient chronique, des brûlures et des douleurs. Généralement, on parvient à s’en débarrasser à l’aide d’antifongiques qui se présentent en ovules à insérer dans le vagin, en crème à appliquer sur la vulve ou en comprimés à prendre par voie orale.

Divers facteurs favorisent l’infection, notamment un système immunitaire affaibli, un traitement antibiotique mais aussi, comme pour toutes les mycoses, la chaleur et l’humidité. Les femmes dont la flore vaginale est perturbée et qui sont de ce fait particulièrement sensibles à ce type de maladie doivent donc se méfier des baignades estivales. «Contrairement à ce qu’on croit souvent, les piscines ne sont pas responsables, car les levures ne flottent pas dans l’eau chlorée, explique Martine Jacot-Guillarmod. C’est en fait le port prolongé d’un maillot de bain mouillé qui est en cause». De même que les sous-vêtements en matière synthétique et trop serrés qui font transpirer, d’autant plus si on a un excès de poids. Toutefois, le principal facteur de risque, selon la gynécologue, reste «l’excès d’hygiène intime. Utiliser trop fréquemment du savon, même de pH neutre ou "à usage intime", a pour effet de déséquilibrer la flore vaginale.»

3. Ces puces de canard qui démangent

C’est un tout autre désagrément que peuvent subir les amateurs de baignades dans les eaux du Léman ou du lac de Neuchâtel: les «puces de canard». En fait, il s’agit de larves de parasites qui, après être sorties des mollusques dans lesquels elles logent, se trompent d’hôte: au lieu de coloniser les palmipèdes, elles s’attaquent aux nageurs. Evoluant dans les eaux peu profondes et proliférant par temps chaud et lourd, elles recouvrent leurs corps de boutons. Cette infection «est heureusement non transmissible entre êtres humains, mais elle est très gênante», reconnaît Olivier Gaide. Elle s’accompagne en effet «d’affreuses démangeaisons», d’après Camillo Ribi, médecin associé au service d’immunologie et d’allergie du CHUV, qui recommande donc «de se doucher et de se sécher énergiquement» en sortant de l’eau. Si l’on est trop incommodé par les démangeaisons, mieux vaut consulter son médecin qui prescrira des médicaments à base de corticostéroïdes.

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