Les dangers du vernis semi-permanent

Dernière mise à jour 11/12/23 | Article
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Il permet d’avoir de beaux ongles colorés et brillants ou de se faire une «french manucure» parfaite. Mais le vernis semi-permanent n’est pas sans danger.

Posé en institut ou directement chez soi si l’on est équipé d’une lampe et de produits spécifiques, le vernis semi-permanent ne semble avoir que des atouts: il tient longtemps, entre deux et trois semaines, ne s’abîme pas au moindre contact et ne nécessite pas un interminable temps de séchage. Pourtant, dans un récent communiqué, l’Académie nationale de médecine française a alerté sur ses dangers: réactions allergiques, atteintes de l’ongle, cancer de la peau. C’est notamment la machine utilisée qui est pointée du doigt: elle fait durcir le vernis mais envoie en même temps des rayons ultraviolets (UV) de type A, connus pour accélérer le vieillissement de la peau et être cancérogènes.

Le vernis semi-permanent, qu’est-ce que c’est?

Très en vogue, il s’agit d’un vernis spécial qui tient bien plus longtemps que le vernis classique. Avant de l’appliquer, l’ongle doit être poncé. «On attaque ainsi mécaniquement la surface de l’ongle, ce qui la fragilise», regrette la Dre Konstantine Buxtorf, dermatologue à Genève, qui propose une consultation dédiée aux ongles. Après la pose du vernis, une lampe à ultraviolets (UV) est utilisée. Selon les modèles, toute la main, ou un doigt après l’autre, y est introduite. Les UV font durcir le vernis pour une longue tenue. «Mais plus le vernis tient, plus il est en fait agressif et plus il y a un risque de nocivité», note la dermatologue.

Effets néfastes constatés

Certains vernis semi-permanents peuvent causer des allergies. Des infections risquent aussi d’apparaître, notamment lorsque les instruments utilisés ne sont pas correctement désinfectés. La cuticule de l’ongle étant repoussée, voire coupée, pour une plus grande netteté lors de la pose, des panaris ou des inflammations parfois chroniques peuvent aussi survenir. Pour rappel, la cuticule est ce petit morceau de peau à la limite ongle-peau qui sert à empêcher les agents pathogènes de pénétrer à l’intérieur de l’organisme. Plus grave encore, des cas de cancers cutanés, notamment sur le dos des doigts, ont déjà été détectés. La responsable? La lampe à UV qui, utilisée trop fréquemment, fragilise la peau et provoque son vieillissement prématuré. «Opter pour du vernis semi-permanent toutes les six semaines, ce que de nombreuses jeunes filles ont l’habitude de faire avec leur machine personnelle, risque d’avoir de graves conséquences des années plus tard sur leur santé», insiste la dermatologue.

Conseils d’une spécialiste

Il peut être conseillé, pour protéger sa peau lors de l’utilisation de la lampe à UV, de porter des gants en coton blanc, disponibles en pharmacie et bien évidemment coupés aux extrémités pour laisser apparaître les ongles. En France, l’Académie nationale de médecine suggère d’étaler de la crème solaire une vingtaine de minutes avant de glisser ses mains sous la lampe. «Il est finalement important de connaître les possibles dangers, conseille la spécialiste, et de réduire au maximum l’utilisation de la lampe à UV. Si des personnes souhaitent se faire de beaux ongles une fois durant l’été, pourquoi pas! Mais pas tout le temps, tout au long de l’année…» La dermatologue conseille aussi de ne pas hésiter à consulter en cas d’apparition de taches verdâtres, brunâtres ou jaunâtres persistantes sur l’ongle. «Le vernis peut masquer des problèmes comme une mycose, il faut donc être vigilant», prévient-elle.

Le vernis classique à privilégier?

Puisqu’il ne nécessite pas une abrasion avant la pose, le vernis classique attaque moins l’ongle. «On a connu par le passé des allergies à certains composants du vernis classique, comme le formaldéhyde et les dérivés du formol, mais aujourd’hui le danger est moindre», estime la Dre Buxtorf. Les produits à appliquer avant et après, pour protéger l’ongle en amont de la pose du vernis et le faire sécher plus vite ensuite, seraient de leur côté peu risqués. «Aucune méthode n’est exempte de risque mais ce sont surtout les lampes UV qu’il faudrait éviter», conclut la dermatologue.

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Paru dans Planète Santé magazine N° 51 – Décembre 2023

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