Acné

Dernière mise à jour 09/04/18 | Maladie
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L’acné est une maladie du follicule sébacé formé par la glande sébacée et le poil. À la puberté, la glande sébacée sécrète du sébum en excès et trop épais, ce qui obstrue son orifice. C’est ce qui s’appelle la séborrhée. Cela provoque alors des comédons ouverts –les fameux points noirs– et des microkystes blancs, aussi appelés comédons fermés. Apparaissent également des pustules et des papules qui sont des petits boutons fermes et lisses.

Symptômes

L’acné se caractérise par l’apparition d’une séborrhée accompagnée de comédons ouverts et fermés, de papules inflammatoires et de pustules. Elle touche principalement le nez, les joues et le front avec une atteinte possible du tronc et de l’intérieur des oreilles.

Il existe différentes formes cliniques d’acné, mais en réalité il s’agit toujours de la même maladie qui se manifeste par quelques comédons dans sa forme mineure, jusqu’à sa forme la plus sévère qui touche tous les follicules sébacés.

On parle ainsi de:

  • Acné rétentionnelle, caractérisée par de la séborrhée, des comédons et des microkystes.
  • Acné papulopustuleuse, la plus fréquente. Elle se manifeste par de la séborrhée, des comédons, des microkystes, des papules et des pustules.
  • Acné nodulaire (acné conglobata), la plus fréquente des acnés graves. Elle se manifeste par de la séborrhée, des comédons, des microkystes, des papules et des pustules. Elle s’étend au tronc et provoque des cicatrices. Elle peut même atteindre les fesses et la racine des membres. Les kystes folliculaires sont parfois de grande taille. Les cicatrices peuvent être épaisses et dépasser la limite de la lésion initiale, on les appelle des cicatrices chéloïdes. Certaines sont creuses et profondes.
  • Acné fulminans (acné nodulaire aiguë, fébrile et ulcéreuse), la forme la plus grave d’acné, qui touche principalement les hommes. Elle présente des nodules inflammatoires avec des écoulements de pus très nombreux. Ces écoulements peuvent être hémorragiques et évoluer vers des ulcérations nécrotiques. Ce type d’acné s’accompagne de fièvre élevée (39 à 40 °C), de douleurs musculaires et articulaires. Il altère l’état général et provoque une augmentation des globules blancs dans le sang, une inflammation du tissu graisseux sous-cutané (que l’on appelle érythème noueux), ainsi que des problèmes rhumatologiques.
  • Tétrade acnéique. Il s’agit d’une forme d’acné conglobata accompagnée d’un écoulement de pus sous les bras, près des parties génitales ou autour des fesses. On parle aussi de maladie de Verneuil. Apparaissent également des kystes pilonidaux (entre les fesses) ainsi que des lésions folliculaires avec écoulement de pus au niveau du cuir chevelu et provoquant des cicatrices.

Causes

La production excessive de sébum est due à l’influence des androgènes, sécrétés en général au tout début de la puberté. Les androgènes sont le groupe d’hormones responsables des caractères masculins.

L’acné est la conséquence de l’obstruction du follicule pileux par le sébum devenu trop épais et par l’excès de fabrication de la couche la plus superficielle de la peau (cornée). Le sébum sécrété en abondance ne peut plus s’écouler et se fait coloniser par la bactérie Propionibacterium Acnes, ce qui crée l’inflammation.

Facteurs de risque et facteurs favorisants

L’acné touche, à des degrés variables, 90% des adolescents. Elle peut aussi affecter des nouveau-nés car les glandes surrénales sécrétant des androgènes sont hyperactives jusqu’à l’âge d’un an. Sans oublier qu’il peut y avoir un passage, à travers le placenta, d’androgènes maternels susceptibles de provoquer la maladie chez le bébé à naître.

Les enfants de deux à huit ans et les adultes de plus de 25 ans souffrent généralement beaucoup moins fréquemment d’acné. En cas de lésions semblables à de l’acné, une anamnèse et un examen clinique détaillé doivent être effectués à la recherche de signes d’hyperandrogénie. Cette pathologie est due à une production excessive d’androgènes. Elle se traduit notamment par une pilosité abondante et une perturbation du cycle menstruel. Un bilan endocrinologique est proposé au cas par cas.

Le gros bouleversement hormonal lié à la grossesse peut engendrer une acné passagère. Elle se dissipe en général progressivement après l’accouchement.

Les anabolisants pris comme produits de dopage par les sportifs, les contraceptifs hormonaux à base d’androgènes (principalement les pilules de première et deuxième génération contenant un progestatif, dérivé de la testostérone), les corticoïdes, certains antidépresseurs, entre autres, peuvent également favoriser l’acné.

Le soleil a quant à lui un effet anti-inflammatoire qui améliore de manière transitoire l’acné, mais il y a aussi un risque de rechute parfois plus importante que les symptômes initiaux. Par ailleurs, plusieurs traitements utilisés dans l’acné (certains antibiotiques ou les rétinoïdes) rendent la peau particulièrement sensible aux rayons UV. Une exposition prolongée est donc déconseillée. D’autre part, les lésions d’acné engendrent parfois des taches brunes. C’est ce qu’on appelle des hyperpigmentations post-inflammatoires. Elles peuvent être accentuées par l’exposition solaire. Pour toutes ces raisons, il faut éviter de s’exposer trop longtemps au soleil et protéger sa peau avec des crèmes solaires non comédogènes.

Le rôle de l’alimentation dans l’accentuation de l’acné n’est pas clairement établi. Aucune étude n’existe sur le sujet. On sait toutefois que l’abus de sucres rapides (pain blanc, biscuits, sucreries, chocolat), le grignotage intempestif et, de manière générale, le surpoids n’arrangent pas les choses. La consommation excessive de produits laitiers, en particulier de lait écrémé, pourrait avoir une influence négative sur l’acné.

Enfin, on ne connaît pas précisément l’influence que l’alcool et le tabac ont sur l’acné. On sait toutefois que le tabagisme peut ralentir la cicatrisation des lésions provoquées par la maladie.

Traitements

Il est possible de limiter les dégâts de l’acné en évacuant les comédons grâce:

  • aux rétinoïdes topiques, contenant de la vitamine A acide. Ils se présentent sous forme de crème ou de gel;
  • aux soins d’une esthéticienne qualifiée qui éliminera manuellement le surplus de sébum. Tenter de le faire soi-même, sans les précautions hygiéniques nécessaires et sans le matériel adapté, risque de péjorer la situation.

Il est également possible d’agir sur la diminution de la quantité de Propionibacterium Acnes grâce:

  • aux antibiotiques à appliquer localement (érythromycine et clindamycine). Mais attention : un usage abusif peut provoquer des résistances;
  • aux antiseptiques tels que le peroxyde de benzoyle. Ils sont vendus principalement sous forme de savon, mais existent également en gel ou crème;
  • à l’antibiothérapie orale avec la tétracycline;
  • à l’isotrétinoïne orale, qui agit autant sur la diminution de la séborrhée que sur la rétention sébacée, mais également sur la diminution du nombre de Propionibacterium Acnes. Elle est très efficace mais est contre-indiquée chez la femme enceinte, au risque d’occasionner des malformations fœtales. Parmi les médicaments contenant cette molécule, on trouve le Roaccutan®, tristement célèbre pour être à l’origine d’une polémique sur le suicide d’adolescents ainsi traités. On sait en effet que l’isotrétinoïne orale (substance apparentée à la Vitamine A acide, voir plus haut) peut avoir plusieurs effets secondaires tels qu’irritabilité, fatigue, perte d’appétit, tristesse. Les patients doivent donc impérativement bénéficier d’un suivi médical régulier pendant tout le traitement.

Limiter les produits comédogènes comme le maquillage et certains autres cosmétiques aide également. Par ailleurs, l’utilisation de crèmes hydratantes non comédogènes permet d’améliorer la tolérance aux traitements locaux qui induisent souvent une sécheresse de la peau.

Évolution et complications possible

Les principales complications sont d’ordre esthétique, avec un risque de cicatrices définitives pouvant être parfois défigurantes. À court terme apparaissent chez certains patients, en fonction de leur type de peau, des hyperpigmentations post-inflammatoires qui peuvent prendre des mois, voire des années à disparaître. Sans oublier que la plupart des patients souffrant d’acné ont une mauvaise image d’eux-mêmes. Cela engendre alors des symptômes dépressifs qui peuvent parfois aboutir à des pensées suicidaires.

Prévention

Il n’existe pas de moyens de prévenir l’acné. Certains individus sont prédisposés à développer ce type de lésions. Une bonne hygiène cutanée, notamment par l’emploi de produits nettoyants peu agressifs et peu irritants, et l’utilisation de maquillage et cosmétiques non comédogènes aident à prévenir certaines formes d’acné.

Un traitement par voie orale efficace suivi de soins locaux adaptés permet de prévenir les rechutes sévères.

Quand contacter le médecin?

Il n’y a pas nécessairement besoin de consulter dans les cas légers qui ne laissent, en principe, pas de cicatrices.

Dans les cas sévères, pour éviter les cicatrices définitives, un traitement local ou par voie orale est nécessaire.

La présence de symptômes tels que de la fièvre ou des douleurs articulaires inexpliquées doit pousser à consulter rapidement, de même que l’association à des signes d’hyperandrogénie (voir Facteurs de risque).

Les patients sous traitement médicamenteux par voie orale (isotrétinoïne notamment) doivent être suivis régulièrement par leur médecin traitant.

Informations utiles au médecin

Lors d’une première consultation, le médecin recherchera la présence d’antécédents médico-chirurgicaux. Il devra également connaître la prise de médicaments ou d’autres produits anabolisants et s’assurer qu’il n’y a pas de signes d’hyperandrogénie (voir Facteurs de risque).

Le dermatologue recherchera également si d’autres zones sont atteintes, comme les plis inguinaux, les aisselles ou les plis interfessiers.

Examens

Pour détecter l’acné, un examen clinique suffit. Un bilan hormonal peut être demandé en cas de signes d’hyperandrogénie. En la présence de symptômes comme ceux mentionnés plus haut (voir Quand contacter le médecin), un bilan sanguin et éventuellement un avis rhumatologique peuvent être utiles.

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