Dermatite atopique

Dernière mise à jour 10/12/20 | Maladie
Maladie_dermatite atopique

Une peau sèche avec des plaques rouges, parfois suintantes, sur une ou plusieurs zones du corps, qui s’accompagne par de fortes démangeaisons. La dermatite atopique, plus connue sous le nom d’eczéma atopique, est une affection fréquente de la peau. En raison de l’inconfort qu’elle entraîne et de son impact sur l’image de soi, elle peut être vécue comme invalidante par ceux qui en souffrent. Environ 60% des patients développent la maladie au cours de leur première année de vie et 90% dans les cinq premières années. Si les symptômes ont tendance à s’atténuer, voire à disparaître avec l’âge, dans 10 à 30% des cas, ils persistent à l’âge adulte.

Brève description

La dermatite atopique est une maladie chronique de la peau, qui évolue par poussées. On l’appelle plus communément «eczéma atopique». Elle peut se déclarer à tout âge, mais chez plus de la moitié des personnes concernées, le diagnostic est posé durant la première année de vie. En Suisse, environ 20% des enfants et 4 à 7% des adultes sont touchés, les symptômes s’atténuant souvent avec l’âge. La maladie se manifeste par une peau sèche, avec des plaques rouges parfois suintantes sur une ou plusieurs zones du corps accompagnées de fortes démangeaisons,ce qui nuit fortement à la qualité de vie (troubles du sommeil, fatigue chronique, absentéisme à l’école ou au travail). Le traitement consiste à prévenir la sécheresse de la peau et à diminuer les inflammations, par un soin quotidien (crèmes, lotions, bains, enveloppements, etc.) et, si nécessaire, la prise de médicaments.

Symptômes

Les symptômes et leur intensité varient selon les cas:

  • Sécheresse cutanée jusqu’à des desquamations (peau qui pèle)
  • Sensibilité cutanée
  • Rougeurs
  • Démangeaisons pouvant conduire à des traces en cas de grattage excessif
  • Rugosités
  • Peau suintante et croûtes
  • Nodules (petites boules)

Ces symptômes peuvent être présents sur différentes zones du corps, selon l’âge de l’individu. Chez le nourrisson, l’eczéma apparaît surtout sur le visage, le torse, les mains, la face externe des bras et des jambes. Chez les enfants en bas âge, la peau s’enflamme le plus souvent au niveau des plis des coudes et des genoux, mais parfois aussi sur le visage, la nuque et le cou. Tandis que chez les enfants un peu plus âgés, les adolescents et les adultes, les mains et les pieds peuvent également être touchés.

Les démangeaisons sont généralement le symptôme le plus gênant, et ce d’autant plus que les grattages, bien qu’ils apportent un soulagement momentané, ne font qu’aggraver l’inflammation et augmenter la vulnérabilité de la peau. La mise en place d’un traitement vise à soulager les symptômes, bien sûr, mais aussi à rompre le cercle vicieux pour préserver le confort et l’état de la peau.

Causes

La peau est une barrière naturelle qui nous protège notamment des substances avec lesquelles notre corps entre en contact (vêtements, parfums, cosmétiques, aliments, etc.) chaque jour. Elle assure également les échanges d’humidité et de chaleur entre notre corps et l’environnement.

Chez les personnes souffrant de dermatite atopique, cette défense naturelle est affectée en raison d’une prédisposition génétique – comme l’indique le terme «atopique» – entraînant une réactivité cutanée excessive à l’égard des substances présentes dans l’environnement et des allergènes.

En plus de cette vulnérabilité génétique, des processus inflammatoires entrent en jeu. Un déséquilibre (production réduite de peptides antimicrobiens – des antibiotiques naturels), une carence ou un dysfonctionnement au niveau des substances (lipides, protéines, enzymes, molécules hydratantes, etc.) qui constituent la couche superficielle de la peau fragilisent sa fonction protectrice. La peau retient moins efficacement l’eau et devient plus sèche, ce qui la rend plus vulnérable aux infections virales, bactériennes et mycosiques, aux allergènes et aux substances présentes dans l’environnement. À leur contact, ces derniers vont alors déclencher une réaction inflammatoire excessive. Rougeurs, gonflement, douleurs… et c’est un cercle vicieux qui s’installe.

Enfin, des facteurs environnementaux sont également impliqués dans le déclenchement ou le maintien de la maladie, parmi eux:

  • le climat et la météo (température, humidité de l’air, température) peuvent influencer l’état de la peau;
  • le stress physique (refroidissement, grippe, infections cutanées diverses, percées dentaires chez les petits);
  • le stress psychique;
  • la présence d’allergènes (dans l’alimentation par exemple) et autres substances irritantes (cosmétiques, produits de nettoyage, fumée de cigarette, pollution);
  • des irritations physiques tels que la transpiration, les grattages et certains textiles (rugueux, laineux), etc.

L’incidence de ces facteurs varie d’une personne à l’autre et selon les moments de la vie, si bien qu’il est difficile d’identifier ce qui déclenche véritablement une poussée.

Traitements

Le traitement de base consiste d’une part à prendre soin de sa peau et à lutter contre la sécheresse cutanée. Pour cela, il est recommandé de bien nettoyer sa peau et d’appliquer des soins hydratants pour renforcer sa fonction protectrice (lire plus bas). D’autre part, il s’agit de diminuer l’inflammation, à l’aide de traitements plus spécifiques.

À noter que les symptômes et leur intensité varient beaucoup d’une personne à l’autre. Toutefois, ils peuvent être très invalidants et diminuer fortement la qualité de vie. Les soins quotidiens et les traitements doivent être adaptés selon les cas (zones touchées, âge, fréquence des poussées).

Il existe plusieurs soins ou traitements visant à améliorer l’état de la peau, à l’hydrater et à diminuer l’inflammation, dans le but d’espacer les poussées et de réduire le plus possible l’inconfort qu’entraîne l’eczéma.

Les pommades à base de cortisone

Malgré les soins de base apportés à la peau, il est fréquent qu’elle se dégrade, nécessitant alors une prise en charge dermatologique qui vise à couper court aux démangeaisons et grattages qui s’ensuivent. Il existe des traitements locaux à base de cortisone. Il s’agit de traitements par paliers, ce qui signifie que la puissance des préparations de cortisone est à chaque fois adaptée à l’état de la peau. Au stade aigu, la peau est traitée avec un taux élevé de cortisone avant de passer à une préparation dont la concentration est plus faible et, finalement, à une pommade de soins, sans principe actif. Ces pommades s’appliquent sur les zones lésées, selon les indications données par le médecin. Celles-ci doivent en effet être scrupuleusement suivies pour éviter de nouvelles poussées. Une discipline qui n’est pas toujours facile à respecter, notamment chez les adolescents. À noter que ce type de traitement peut être administré, avec des doses adaptées, chez les enfants en bas âge.

Les médicaments

Parmi les traitements, le médecin peut, si besoin, prescrire des immunosuppresseurs, médicaments qui agissent sur les cellules immunitaires de la peau responsables de l’inflammation et des démangeaisons. Ils sont indiqués dans les cas plus graves où le traitement local ne suffit pas. Leur durée d’administration doit être limitée, sans quoi des effets secondaires importants peuvent apparaître, sous forme de toxicité rénale ou de diminution de la réponse immunitaire.

Les injections

Pour les cas de dermatite atopique modérée à sévère chez l’adulte, on peut envisager l’injection d’un anticorps monoclonal (dupilumab). Ce médicament doit être administré toutes les deux semaines. Il agit de manière ciblée sur l’inflammation en bloquant des messagers dont le rôle dans la maladie est important. Le médecin y recourt en principe lorsque d’autres traitements ont échoué. Il a l’avantage d’être efficace, moins contraignant et administrable sur le long terme, mais reste encore onéreux. Il s’agit du seul traitement de longue durée disponible pour le moment contre la dermatite atopique. D’autres molécules pour lesquelles des études cliniques sont en cours (voire déjà finalisées pour certaines) seront disponibles dans le futur.

La photothérapie

Dans les cas les plus sévères, et chez les adultes uniquement, une exposition aux rayons UVB (rarement aux UVA) médicalement contrôlée, ou photothérapie, peut être proposée. En revanche, ce type de traitement n’est pas conseillé à long terme. L’exposition à la lumière naturelle (photothérapie naturelle) peut aussi être envisagée avec de courtes expositions (10 minutes).

La relaxation

Les poussées sont en partie influencées par le stress, notamment psychique. De plus, les démangeaisons elles-mêmes génèrent un stress qu’il faut apprendre à gérer. Plusieurs stratégies existent. Les techniques de relaxation (training autogène, relaxation musculaire progressive) ou certaines activités telles que le yoga peuvent aider à se détendre.

Les autres stratégies

Il existe par ailleurs toutes sortes de stratégies qui peuvent améliorer un peu le confort. À chaque patient de trouver les siennes:

  • Mettre les pommades au frais et masser doucement la peau lors de l’application.
  • Appliquer du froid sur les zones lésées (eau froide, objets froids, packs réfrigérants emballés dans une serviette, douche froide, air frais).
  • Faire des compresses ou des enveloppements de thé noir (froid), de solution saline ou de pommade (en recouvrant d’un tissu humide) pour apaiser la peau. Les tanins contenus dans le thé noir ont des propriétés anti-inflammatoires et antibactériennes, tandis que le sel a des effets nettoyants et calmants.
  • Si on ne peut s’empêcher de se toucher, on peut pincer, malaxer, tapoter, etc., un endroit où la peau est saine pour faire diversion et éviter de se gratter et abîmer davantage la peau.
  • Se distraire pour éviter de penser à la peau qui gratte. Un conseil particulièrement important pour les parents d’enfants souffrant de dermatite atopique.
  • La prescription d’un antihistaminique chez l’adulte peut, par son effet sédatif, calmer les démangeaisons et favoriser le sommeil.

L’accompagnement psychologique

La dermatite atopique, maladie dermatologique chronique, peut porter sérieusement atteinte à la qualité de vie des patients. L’apparence de la peau (sécheresse, rougeurs, rugosités), l’inconfort provoqué par les démangeaisons, ainsi que la contrainte imposée par les soins et les traitements peuvent avoir un impact négatif sur le moral et l’image de soi. Il est donc très important de tenir compte des dimensions psychologiques de la maladie lors de la prise en charge.

Pommades, crèmes et lotion, quelles différences?

Les pommades, constituées d’un mélange d’eau et de graisse, ont une consistance ferme et résistent très bien à l’eau, offrant une sorte d’imperméabilité à la peau. Les crèmes, plus riches en eau, ont l’avantage d’être plus fluides et de s’appliquer plus facilement. Les lotions, qui sont des émulsions d’huile dans de l’eau, permettent d’hydrater des surfaces importantes.

L’état de la peau évolue au fil des saisons. Il n’est donc pas incongru d’avoir plusieurs produits dans sa salle de bains et d’alterner en fonction des besoins. En hiver, les produits gras protègent mieux. En été, les produits hydratants conviennent bien. Pour faire votre choix, n’hésitez pas à demander conseil auprès de votre médecin ou de votre pharmacien.

Évolution et complications possibles

La dermatite atopique évolue par poussées dont la fréquence et l’intensité peuvent varier. Les crises peuvent durer un certain temps, puis disparaître, pour revenir ensuite.

C’est aussi une maladie qui en entraîne d’autres, selon un processus qu’on appelle la «marche atopique». La survenue d’autres allergies comme l’asthme et le rhume des foins est en effet fréquente chez les personnes ayant souffert de dermatite atopique durant l’enfance. Par exemple, environ un enfant sur sept ayant une dermatite atopique sévère risque de souffrir d’asthme plus tard à l’âge adulte.

Sur le plan psychique, la dermatite atopique, considérée comme une maladie chronique, peut avoir un retentissement important. Selon une étude américaine menée auprès de 90’000 enfants de moins de 18 ans, il s’avère que les troubles anxieux, la dépression et les troubles du comportement étaient deux fois plus fréquents chez les individus souffrant de dermatite atopique que chez les autres. Un aspect à ne pas négliger.

Prévention

Pour éviter les poussées ou limiter leur impact, il convient de bien prendre soin de sa peau. Parmi les soins de base, il est important de:

  • Bien nettoyer sa peau pour minimiser la survenue d’infections. Un lavage quotidien (douche ou bain rapide) permet d’éliminer les bactéries qui la colonisent et qui, par les toxines qu’elles libèrent, stimulent les démangeaisons et grattages. Cela permet également de débarrasser la peau des résidus (peau morte, croûtes, etc.) et d’améliorer ainsi la pénétration dans la peau des produits de soin (hydratants ou gras) que l’on appliquera juste après la douche ou le bain pour l’hydrater. Veiller à ne pas utiliser une eau trop chaude (35 °C) pour ne pas assécher davantage la peau et à utiliser un produit de douche qui ménage la peau (sans colorant, ni conservateur, ni parfum, avec un PH de 5,5).
  • Hydrater la peau, la nourrir, l’adoucir (enlever les rugosités), la rendre plus souple et améliorer in fine sa fonction protectrice.Pour cela, on recourra à des soins hydratants et gras en pommade, crème ou lotion selon les préférences. Quel que soit le soin choisi, veiller à ce qu’il soit le plus neutre possible, et donc qu’il ne contienne ni parfum ni additif végétal qui pourraient provoquer des irritations.

Quelques gestes quotidiens peuvent aider à limiter l’impact de l’eczéma, notamment celui du prurit (démangeaisons). Ne jamais oublier que plus on se gratte, plus la peau souffre et plus l’eczéma s’emballe. Pour éviter les grattages, il est important de:

  • nettoyer sa peau et la nourrir tous les jours ;
  • couper ses ongles (surtout chez les enfants). Chez les plus petits, il existe des moufles pour éviter le contact des ongles avec la peau ;
  • maintenir une température ambiante fraîche à l’intérieur de la maison (20 °C la journée et 16 °C la nuit) ;
  • éviter la transpiration par le choix de vêtements et d’une literie adaptée.

Concernant les vêtements, privilégiez les matières souples telles que le coton peigné, la viscose, le lyocell ou la soie lisse, et celles qui sont légères et respirantes. La laine et les tissus non respirants sont en revanche à éviter, de même que les sous-vêtements en polyester. Coupez les étiquettes et coutures qui peuvent être irritantes. Faites également attention aux vêtements foncés: le résidu de colorant peut irriter la peau.

Pour le linge de lit, préférez des textiles non irritants comme le coton et le lin. À noter qu’il existe des pyjamas spéciaux conçus pour les personnes souffrant de dermatite atopique.

Pour la lessive, respectez les quantités de produits de lavage, afin qu’il ne reste pas de lessive une fois le linge lavé. Si besoin, répétez le rinçage. Préférez une goutte de vinaigre plutôt que les assouplissants, qui peuvent irriter la peau. Il existe également des produits conçus spécialement pour les peaux sensibles.

Informations utiles au médecin

Votre peau présente des signes d’eczéma. Les informations suivantes seront utiles à votre médecin:

  • La présence d’antécédents d’eczéma atopique (eczéma pendant l’enfance).
  • La présence chez soi ou chez un membre de sa famille d’allergies respiratoires avec des manifestations dans la zone ORL comme une rhinite (nez qui coule), une conjonctivite (rougeur et sensation de brûlure au niveau oculaire), ou encore des manifestations pulmonaires (asthme).
  • Des réactions aux pollens, acariens, épithelia des animaux, moisissures.
  • La présence d’une xérose cutanée (sécheresse de la peau), d’une kératose pilaire (peau granuleuse principalement située sur les faces postérieures des bras, des cuisses, des fesses). Des démangeaisons ayant un impact sur la vie quotidienne (troubles du sommeil, etc.).
  • Les crèmes (à base de cortisone ou non) utilisées, les traitements systémiques déjà effectués (photothérapie, immunosuppresseur, biologique, autre). La réponse aux traitements topiques et/ou systémiques.

Examens

Le plus souvent, le diagnostic se base sur le tableau clinique, qui est assez spécifique. Des examens complémentaires ne sont généralement pas nécessaires, notamment chez les enfants.

Si le tableau clinique peut évoquer aussi d’autres diagnostics, particulièrement chez les adultes avec des manifestations tardives de la dermatite atopique, une biopsie cutanée (prélèvement de peau de 4 mm sous anesthésie locale) sera effectuée et un examen d’histopathologie (analyse du tissu au microscope) permettra d’éclairer le diagnostic.

Une autre situation nécessite une biopsie cutanée et une hospitalisation : c’est le tableau clinique appelé «érythrodermie» (rougeur de la peau généralisée sur plus de 90 % de la surface corporelle). Des frottis de microbiologie (mise en évidence de la présence de bactéries et virus) sont effectués s’il y a une suspicion d’infection cutanée (bactérienne et/ou virale) sur les plaques d’eczéma.

Enfin, pour confirmer la présence d’une atopie, une prise de sang doit être effectuée pour analyser le taux d’IgE totales (molécules élevées chez les patients atopiques) et d’IgE Phadiatop (mélange de molécules chez les patients atopiques, notamment chez ceux qui présentent des allergies respiratoires aux pollens, acariens ou moisissures).

Des examens complémentaires sont nécessaires uniquement si un traitement de type immunosuppresseur est prescrit au patient.

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