Certains cœurs peuvent être trop sensibles aux chutes des températures

Dernière mise à jour 02/10/13 | Article
Certains cœurs peuvent être trop sensibles aux chutes des températures
On le savait, la pollution et le froid augmentent le risque d’infarctus du myocarde. Mais la simple baisse des températures (quelle que soit la saison) aussi. De plus, que notre corps n’est pas le même entre hiver et été.

Les résultats de deux études, l’une belge et l’autre suisse, convergent: les changements de température ont des retentissements sur le système cardiovasculaire. Et ils peuvent notamment augmenter le risque d’infarctus du myocarde. Ces résultats viennent d’être présentés à Amsterdam dans le cadre du Congrès de l’European Society of Cardiology. Ils doivent, en toute logique, conduire à améliorer la prévention cardiovasculaire, notamment chez les personnes les plus fragiles.

Seize mille cas belges

Dirigée par des spécialistes du centre hospitalo-universitaire d’Anvers, la première étude a été menée sur des données collectées entre 2006 et 2009 dans trente-deux centres belges de prise en charge des urgences cardiologiques. Au total, près de seize mille cas ayant donné lieu à une intervention coronarienne ont été étudiés. Les données médicales ont été croisées avec des données météorologiques hebdomadaires obtenues à partir de mesures quotidiennes dans 73 sites belges. Parmi ces données figuraient les éléments définissant le degré et le type de la pollution de l'air avec la concentration de particules fines et de fumée. Figuraient aussi les mesures de température et d'humidité.

Pollution: sans effet mesurable

Les victimes de crise cardiaque étaient âgées en moyenne de 63 ans, principalement des hommes (trois fois sur quatre). Les analyses révèlent tout d’abord une corrélation positive significative entre la pollution de l'air et la crise cardiaque. Une corrélation «inverse» existe aussi entre le degré de température et la crise cardiaque. En d’autres termes les chercheurs observent une augmentation de 7% du risque de crise cardiaque pour chaque diminution de température de 10°C. Contrairement à une opinion répandue la pollution aurait, ici, un rôle négligeable.

Pour les auteurs belges de ce travail un tel phénomène est la conséquence de l’effet de la stimulation des récepteurs cutanés du froid sur le système nerveux sympathique. S’y ajoutent les modifications des concentrations de certains facteurs jouant sur la coagulation sanguine: la viscosité sanguine augmentant, le risque de thrombose augmente également. Les auteurs soulignent qu’un tel phénomène impose de recommander aux personnes les plus à risque d’éviter les expositions aux grandes variations de température et de porter des vêtements suffisamment chauds quand la température chute.

Sept pays et cent mille personnes

Coordonnée par des chercheurs de l'Institut de médecine sociale et préventive de Lausanne, la seconde étude présentée à Amsterdam a été réalisée dans sept pays du Vieux Continent (Belgique, Danemark, France, Italie, Norvège, Russie et Suisse). Et ce dans le cadre de l'Association européenne pour la prévention et la réadaptation cardiovasculaire. Elle est basée sur les données médicales recueillies auprès d’un échantillon de cent mille personnes âgées de 35 à 80 ans. Les données comportaient l'indice de masse corporelle, la longueur du tour de taille, les deux chiffres de la pression artérielle (la systolique et la diastolique), les taux de cholestérol (cholestérol total, cholestérol HDL, cholestérol LDL), ceux de triglycérides et la glycémie. Les analyses finales ont également pris en compte les facteurs de confusion, parmi lesquels l'âge, le sexe, la consommation de tabac et l'obésité.

Précautions hivernales

On découvre à cette occasion que la pression artérielle varie entre l’hiver (plus élevée) et l’été. Sans doute l’effet de la vasodilatation et de la transpiration, sans oublier les niveaux plus élevés d’activité physique et une alimentation plus légère. Il en va de même pour le tour de taille (un centimètre en moyenne de différence). A l’inverse les paramètres sanguins restent stables. Au final, Pedro Manuel  Marques-Vidal, responsable de cette étude, estime qu'un soin particulier à la prévention des maladies cardiovasculaires s’impose durant les mois d'hiver.

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