Comment mieux gérer la douleur chronique au quotidien

Dernière mise à jour 07/05/12 | Article
Pierres empilées, en équilibre
16% des Suisses souffrent de douleurs chroniques. La douleur chronique empoisonne tous les aspects de la vie des personnes qui en sont victimes. De par sa persistance dans le temps, elle devient une maladie à part entière qu’il faut traiter. Une stratégie souvent payante est de combiner plusieurs approches. Emilie, Philippe, Anita, et Pierre-André ont eu recours à quatre d’entre elles et connaissent depuis un mieux-être.

Un article du magazine

Injections ciblées

L’antalgie interventionnelle est une des approches possibles pour traiter les douleurs chroniques rebelles. Elle comporte un éventail de techniques minimalement invasives pour les soulager. «Elles consistent à injecter des anti-inflammatoires ou des anesthésiants à des endroits précis et peuvent être utilisées par exemple pour des cervicalgies, lombalgies ou sciatalgies. Dans tous les cas, il s’agit de traiter les symptômes pour passer un cap et sortir d’une spirale négative», résume le Dr Davide Zoccatelli, chef de clinique au service d’anesthésiologie.

Témoignage

Emilie, 72 ans, souffre depuis de nombreuses années de maux dans le bas du dos ainsi que, depuis plusieurs mois, d’une inflammation du nerf sciatique, particulièrement gênante.

«J’avais tellement mal qu’il fallait que j’arrête de marcher tous les cinquante mètres. Comme les anti-inflammatoires oraux ne faisaient plus d’effet, j’ai effectué deux infiltrations péridurales, en l’espace de deux mois, qui ont soulagé une bonne partie de mes douleurs. Cela m’a permis de pouvoir faire mes courses sans gêne et de recommencer mes exercices de physiothérapie», explique-t-elle. G.C.

Stimulation électrique

Le TENS, autrement dit en français stimulateur électrique transcutané, est un petit appareil portable qui envoie des impulsions de faible intensité sur la zone douloureuse à l’aide d’électrodes qui sont appliquées sur la peau.

Le principe est simple: le cerveau reçoit en premier des sensations de fourmillement qui masquent le message de la douleur. Cette méthode est efficace, souvent en complément à d’autres traitements, pour des douleurs neurogènes principalement.

Témoignage

Philippe, 54 ans, le confirme: «Il y a six ans, consécutivement à un cancer de la gorge et à des métastases, j’ai subi une chirurgie de l’épaule avec des muscles retirés et des nerfs coupés.

Grâce à la physiothérapie, j’ai retrouvé de la mobilité, mais depuis lors j’ai des douleurs invalidantes constantes à cet endroit. J’ai essayé toute la gamme des antalgiques. Seule la morphine me soulageait, mais les effets secondaires étaient lourds. Depuis huit mois, j’utilise selon la nécessité, entre deux et cinq heures par jour, un stimulateur. Il soulage instantanément ma douleur. Le confort est immédiat et sans effets secondaires. C’est un appareil, léger, pratique et simple d’utilisation. Je le prends également en voyage.» G.C.

© SIMON

Formation à l’autohypnose

Par des consignes de détente et des suggestions, l’hypnose médicale apprend au patient à se focaliser sur d’autres sensations que la douleur. «Après cinq séances, il est généralement capable d’utiliser la technique de manière autonome, par autohypnose», indique le Dr Denis Rentsch, chef de clinique au service de psychiatrie de liaison et d’intervention de crise.

Témoignage

Anita, 62 ans, souffre depuis des années d’une malformation vasculaire au visage. Seul remède efficace jusqu’ici: la morphine. Depuis peu, elle a commencé l’hypnose. «C’est comme une séance de relaxation. Je ferme les yeux, j’écoute le médecin et doucement je rentre dans un cocon douillet.

Le bruit s’atténue… je bascule dans un monde qui me fait rêver, dans mon paradis personnel. Et là, la douleur disparaît, pendant quelques heures. Quand elle revient, je prends de la morphine. En même temps, je me forme à l’autohypnose. Mais ça, c’est plus difficile, il faut rester concentrée. Dès que je relâche mon attention, la douleur revient.»A.K.

Thérapie de groupe

La thérapie cognitive-comportementale (TCC) vise moins à supprimer la douleur qu’à diminuer ses conséquences négatives sur les activités du quotidien. Cette approche englobe les dimensions psychologiques et relationnelles du problème.

«En séance de groupe, le patient cherche et essaie des stratégies afin de poursuivre ses activités sans trop souffrir», indique le Dr Charles Remund, médecin consultant au centre multidisciplinaire de la douleur.

Témoignage

Depuis une opération du dos en 2001, Pierre-André, 49 ans, souffre de douleurs chroniques. Rester assis plus d’une heure ou deux est pour lui un calvaire. «J’ai consulté 37 médecins, à Genève et d’autres à Paris et Nantes. Pour finir toujours sur un même constat d’échec...

J’en avais ras le bol. Avec la TCC, il s’est passé quelque chose. J’ai rencontré des gens qui ont le même problème que moi. J’ai compris que je n’étais pas un oiseau rare! Du coup, je ne culpabilise plus. J’ose exprimer mon ressenti. Quand je suis avec des gens et que j’ai mal, je dis: “Stop les amis. Je ne peux plus rester assis. Je dois rentrer et m’allonger”. J’appelle cela la gestion de la douleur. Je ne me force plus et m’évite ainsi le contrecoup des crises. Je pense que cela va améliorer ma vie.»A.K.

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