Anorexie mentale: un rôle nouveau pour la famille

Dernière mise à jour 22/09/14 | Article
Anorexie mentale: un rôle nouveau pour la famille
Considérés par le passé comme étant la cause de l’anorexie, les parents d’adolescent(e)s anorexiques pourraient trouver leur place dans la thérapie de leur enfant.

L’adolescence est une période de grands changements physiques et psychiques, créant un terrain propice à l’apparition d’un trouble du comportement alimentaire (TCA). La fréquence de l’anorexie dans les pays à haut revenu est de 0,5 à 1%.

Le rôle attribué aux parents

Dans les années 70, les parents étaient considérés comme la cause de l’anorexie, créant de forts sentiments de culpabilité pour la famille. Plusieurs courants psychologiques ont mis les parents à l’écart de la prise en charge. Or, on sait désormais que les causes de l’anorexie sont multifactorielles, ce qui diminue la responsabilité attribuée aux parents. Que les familles causent l’anorexie ou qu’à l’inverse l’anorexie cause des problèmes au sein des familles, il est certains que les liens sont serrés et que ce trouble risque de laisser de grandes séquelles sur la cellule familiale.

Le modèle Maudsley

Cette approche basée sur la thérapie familiale valorise les parents en les plaçant au centre du traitement, en tant que personnes compétentes pour réalimenter leur adolescent. La famille entière est vue comme une ressource vitale plutôt qu’une cause de la maladie. Le traitement se déroule en trois phases:

  • phase 1: les parents sont soutenus dans la réalimentation de leur enfant à la maison jusqu’à atteindre un poids idéal de 90-95%;
  • phase 2: elle amène à un retour du contrôle alimentaire par l’adolescent lui-même;
  • phase 3: elle commence lorsque l’adolescent mange de façon indépendante, que son poids se situe entre 90 et 100% du poids idéal ou dès le retour des règles chez les filles. On y aborde les problèmes spécifiques de l’adolescence pour accompagner le développement (par exemple dans l’autonomisation).

De bons résultats dans les études

Les études actuelles sur le modèle Maudsley montrent de bons résultats. Il semblerait que 50 à 75% des adolescents reviennent à un poids normal à la fin du traitement et que 60 à 90% d’entre eux ne font pas de rechute dans les 5 ans qui suivent.

Cette méthode met l’accent sur les facteurs de maintien de l’anorexie, plutôt que de miser sur ses causes.

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Références

Adapté de «Prise en charge d’adolescents souffrant d’anorexie mentale: le rôle des parents, une approche basée sur l’évidence», par Drs A-E. Ambresin et F. Lier, Mme S. Vust et Pr P-A. Michaud. In Revue médicale suisse 2014;10:66-8, en collaboration avec les auteurs.

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