Devenir adulte avec une bonne santé psychique

Dernière mise à jour 26/09/16 | Article
Dépistage et traitement précoce des maladies psychiques du petit enfant, de l’enfant et de l’adolescent sont essentiels pour le développement de l’individu et le bien de toute la famille.

Un adolescent sur cinq souffre de troubles psychiques au cours de son développement. «Une grande partie des patients nous sont envoyés par des pédiatres ou des médecins généralistes, mais des institutions scolaires et sociales et des parents concernés s’adressent aussi directement à nous», explique Josette Huber, médecin-cheffe du Service de psychiatrie de l’enfant et de l’adolescent du Centre Hospitalier du Haut-Valais.

De moins en moins de tabous

Corps et esprit ne font qu’un. La santé est davantage que l’absence de maladies: elle implique le bien-être physique, mais aussi psychique et social de l’individu. Pédiatrie et psychiatrie de l’enfant et de l’adolescent sont ainsi deux disciplines médicales complémentaires. «Le blocage qui empêchait auparavant d’accepter une aide psychologique et psychiatrique pour l’enfant et l’adolescent est en train de disparaître grâce à un travail toujours plus important auprès du grand public. En cas de fièvre, il va de soi d’aller chez le médecin. Il faudrait que ce soit aussi la règle en cas de problèmes psychiques.»

Diagnostic et traitement

«Les examens que nous faisons, notamment en cas de retards de développement, d’autisme ou de déficit de l’attention, permettent d’évaluer le développement moteur, physique, linguistique et intellectuel, la perception et les capacités sociales et émotionnelles de l’enfant», détaille Josette Huber. «Avec l’enfant et les parents, nous élaborons un programme thérapeutique sur-mesure, en fonction des difficultés et des ressources existantes.»

Le pédiatre, les parents et l’entourage sont des partenaires actifs, que ce soit en cas d’interventions courtes après une crise ou en présence de troubles chroniques. «Lors de troubles alimentaires comme l’anorexie, l’enfant est par exemple pesé toutes les semaines au cabinet du médecin», explique le psychologue spécialisé Christoph Brantschen. «Lors de retards de développement, les enseignants sont impliqués dans le processus thérapeutique, en accord avec les parents, afin que des mesures scolaires puissent être instaurées dans des conditions optimales.»

Crises psychiques et pensées suicidaires

Une maltraitance dans l’environnement familial, un décès, une séparation et d’autres événements critiques de la vie peuvent déclencher chez l’enfant ou l’adolescent des crises psychiques ou même l’amener à avoir des pensées suicidaires. «Lors d’une hospitalisation d’urgence, l’enfant est pris en charge dans le service de pédiatrie. A la demande des médecins, nous nous occupons sur place des problèmes émotionnels et sociaux», relève Josette Huber. Des changements comme le divorce des parents ou un déménagement inquiètent l’enfant et peuvent entraîner des symptômes divers tels qu’une énurésie (pipi au lit) ou un comportement d’opposition. Le conseil aux parents et la thérapie familiale sont alors des instruments thérapeutiques importants.

Le pédiatre: une sentinelle efficace

Le pédiatre suit l’enfant dès la naissance. «Cet accompagnement à long terme permet de remarquer les anomalies ou les modifications au niveau du comportement, de l’évolution ou de l’environnement familial», explique le Docteur Simon Fluri, pédiatre. «Des examens complémentaires réalisés par un psychologue ou psychiatre pour enfants et adolescents permettent un diagnostic précis.»

Des thérapies créatives

L’entretien thérapeutique est un pilier de la psychothérapie. «Un enfant exprime ses émotions, mais rarement par la parole. Cela passe plutôt par le jeu», précise Christoph Brantschen. «Nous essayons de comprendre ce qu’il ressent et pense, ce qui occupe son esprit. L’enfant nous fait spontanément savoir lorsque nous avons vu juste. L’accompagnement thérapeutique par le jeu lui permet de ne pas se sentir laissé seul avec ses sentiments.» Les offres thérapeutiques créatives utilisées comprennent aussi la musicothérapie, la thérapie par la peinture et l’ergothérapie.

A LIRE AUSSI

Croissance

Des hormones pour grandir

Le retard de croissance des enfants ou des adolescents est parfois dû à un déficit de l’hormone de croissance...
Lire la suite
Être parent
Vérités sur la croissance

Vérités sur la croissance

Beaucoup de parents se préoccupent de la taille de leur enfant. Comme quantité d’idées reçues circulent...
Lire la suite
Haut potentiel
Ces personnes au potentiel hors norme

Ces personnes au potentiel hors norme

Plus qu’un phénomène de librairie, l’intelligence à haut potentiel est une réalité pour environ 2 à 5...
Lire la suite
Articles sur le meme sujet
entree_scolaire_serenite

La rentrée scolaire en toute sérénité

L’heure de la rentrée scolaire a sonné. Comment bien accompagner son enfant? Les conseils d’un expert.
Phobie: mon enfant ne veut plus aller à l’école

Phobie: mon enfant ne veut plus aller à l’école

Quel enfant n’a pas un jour eu envie de rester à la maison plutôt que d’aller à l’école? Chez certains toutefois, il s’agit moins d’un caprice passager que d’une véritable phobie scolaire, qui nécessite alors une prise en charge psychologique.
ados_crise

Ados, survivre à leur crise...et à la nôtre

Et si l’adolescence était aussi une période de grande remise en question pour les parents? C’est le postulat de Nino Rizzo, psychologue et psychothérapeute à Genève et auteur de «Parents d’ados. Une crise peut en cacher une autre», aux éditions Médecine & Hygiène. Interview.
Videos sur le meme sujet

Comment la Suisse abandonne ses enfants à l'industrie du tabac

Grâce à la prévention, le nombre de fumeurs diminue en Suisse, sauf chez les jeunes.

Ados, cannabis et expériences psychotiques récurrentes

Diverses études ont démontré des répercussions négatives de la consommation de Marijuana sur le cerveau des adolescents.

Tout sur l'acné

L'acné est une affection bénigne, mais ô combien désagréable.