Mon enfant va chez le psy, est-ce grave?

Dernière mise à jour 16/01/19 | Article
PULS_envant_psy_grave
L’équilibre de l’enfant est une préoccupation majeure chez les parents, si bien que consulter un «pédopsy» n’est plus une exception aujourd’hui. Les experts du Service de psychiatrie de l’enfant et de l’adolescent nous dévoilent comment venir en aide à ceux qui sont en souffrance.

Des enfants heureux, épanouis et bien dans leurs baskets. C’est sans doute le souhait de tout parent. Les conseils pour bien faire ne manquent pas, de même que les étiquettes qui épinglent les difficultés à vivre des plus jeunes. Hyperactif, avec un déficit d’attention, déprimé, anorexique, boulimique, haut potentiel, etc. C’est à se demander si l’enfant d’aujourd’hui va moins bien qu’hier. Pas forcément, répondent les experts rencontrés pour ce dossier. «Les enfants grandissent plus vite et sont exposés à ce qu’il se passe dans le monde, cela peut jouer un rôle», reconnaît toutefois la Pre Nadia Micali, nouvelle médecin-cheffe du Service de psychiatrie de l’enfant et de l’adolescent (SPEA) des Hôpitaux universitaires de Genève (HUG). Les connaissances actuelles permettent aussi de mieux identifier les problèmes psychiques. Et c’est une bonne chose, car «sans diagnostic, on ne peut pas soigner et recourir aux meilleurs outils thérapeutiques», souligne la Pre Micali.

Pour autant, demander l’aide d’un pédopsychiatre peut être stigmatisant ou vécu comme un échec par les parents. «Si on se casse un bras, on va chez l’orthopédiste. Cela devrait être pareil si les émotions débordent ou si l’anxiété est trop présente», commente le Dr Dante Trojan, responsable de l’Unité péri-hospitalière des HUG. Pour la Pre Micali, il ne faut pas hésiter à consulter, car «beaucoup de problèmes peuvent se résoudre et ne jamais revenir». Plus tôt on intervient, mieux on peut modifier le cours des choses.

Normal ou pas?

Mais, en tant que parent, comment savoir si ce qu’on vit avec son enfant relève d’une difficulté passagère ou d’un trouble psychique? Les spécialistes sont justement là pour distinguer le normal du pathologique et établir un diagnostic différentiel. Un doute ou une inquiétude peuvent à eux seuls justifier la demande d’un rendez-vous médical, ne serait-ce que pour y trouver de la réassurance.

Mais lorsque certains signes sont présents, il est conseillé de consulter: changements physiques ou psychologiques chez l’enfant, tristesse durable, anxiété, agressivité, idées noires, goûts et intérêts restreints, comportements addictifs ou gênants pour l’entourage, régressions, difficultés relationnelles à l’école, avec les pairs ou la famille, entre autres. Certains enfants manifestent bruyamment leur mal-être, tandis que d’autres s’isolent et s’enferment dans le silence. Parfois, c’est tout le système familial qui souffre.

Cependant, tient à rassurer le Dr Trojan, «ce n’est pas parce qu’on pousse la porte d’un pédopsychiatre (ou psychologue) que l’enfant est malade». Le pédiatre peut aussi offrir une première écoute et référer, si nécessaire, la famille à un spécialiste. Le pédopsychiatre essaiera, quant à lui, de découvrir ce qui se cache derrière le motif de consultation.

Un concentré de compétences

Véritable pôle de compétences multidisciplinaire, les HUG répondent aux problématiques courantes comme aux plus graves, avec des réponses spécifiques. Le SPEA dispose d’une Unité ambulatoire péri-hospitalière, de soins hospitaliers (avec un hôpital de jour), d’une Unité de guidance infantile pour les 0 à 5 ans, de Malatavie Unité de crise pour la prévention et le traitement du suicide, soutenue par Children Action, et d’une unité de liaison. Les urgences pédiatriques proposent une intervention pédopsychiatrique rapide dans les situations de crise aiguës (décompensation, tentative de suicide, troubles graves du comportement, alcoolisation, etc.).

Après le temps des urgences, une hospitalisation est parfois nécessaire. Celle-ci est également indiquée dans les cas de dépressions et phobies scolaires graves, de tentatives de suicide ou de troubles de désorganisation psychotiques, par exemple. Ou encore lorsqu’une situation s’aggrave, que l’environnement familial n’arrive plus à faire face, ou qu’un traitement ambulatoire ne porte pas ses fruits. En effet, comme l’explique le Dr Rémy Barbe, responsable de l’unité des HUG, «il faut parfois du temps pour comprendre les besoins de l’enfant et de sa famille et déterminer les bons outils thérapeutiques pour les aider».

Le séjour –dont la durée moyenne est de 3 à 4 semaines– permet une rencontre approfondie, de poser un diagnostic plus abouti, et d’initier le traitement qui se fera essentiellement en ambulatoire. La richesse des équipes soignantes (personnalités, spécialités, âges et sexes différents) est, de l’avis du Dr Barbe, un véritable plus dans la prise en charge: «Le jeune peut avoir une diversité d’interactions qui permettent à l’équipe d’explorer différentes facettes de son fonctionnement psychologique.»

Inclure les proches

Que ce soit en soins hospitaliers ou ambulatoires, les outils à disposition sont nombreux, «et affinés au gré des connaissances scientifiques», précise la Pre Micali. Parmi eux: les thérapies individuelles, familiales, de groupe, les médiations et les médicaments. Le jeu et le dessin sont les supports privilégiés avec le jeune enfant, pour l’aider à s’exprimer et à entrer en relation avec le thérapeute. Chez les adolescents, ce sont davantage le verbal et l’émotionnel qui servent à tisser un lien de confiance. À tout âge, les parents représentent une part active des soins: «On ne peut pas penser la prise en charge du patient sans inclure sa famille (parents, fratrie, etc.) et le reste de l’entourage relationnel», indique le Dr Trojan.

La prise en charge s’appuie par ailleurs sur les innovations thérapeutiques. La recherche en neurosciences et en génétique ouvre de nouvelles pistes de traitement et de prévention, se réjouit la Pre Micali: «La période actuelle est très intéressante pour la pédopsychiatrie car nous commençons à comprendre pourquoi certains enfants développent des troubles». L’avenir, c’est aussi la Maison de l’enfant et de l’adolescent (MEA) qui verra le jour dans cinq ans. Une structure unique dédiée aux psychopathologies de l’enfant et de l’adolescent et à la recherche. La MEA accueillera les 0 à 18 ans ainsi que la consultation Santé jeunes pour les 12 à 25 ans.

_______

Article repris du site  pulsations.swiss

A LIRE AUSSI

Soins du bébé
peau_enfant_benignes

Maladies de peau chez l’enfant: fréquentes et souvent bénignes

On parle souvent d’une «peau de bébé» en référence à une peau douce et parfaitement lisse. Pourtant,...
Lire la suite
Pipi au lit
Maman, j’ai fait pipi dans ma culotte

Maman, j’ai fait pipi dans ma culotte

Les « accidents pipi » durant la journée sont courants lorsque l’enfant apprend la propreté. En revanche,...
Lire la suite
Accidents
guerison_fracture_patience

La guérison d’une fracture demande des mois de patience

Le champion de MotoGP Valentino Rossi a repris la compétition trois semaines après s’être cassé la jambe....
Lire la suite
Articles sur le meme sujet
PULS_coaching_formation_jeunes

Un coaching emploi pour les jeunes adultes suivis en psychiatrie

En collaboration avec les unités de soins des Hôpitaux universitaires de Genève (HUG) et différents partenaires économiques, scolaires et sociaux, des coachs aident à retrouver confiance et autonomie pour construire un projet professionnel ou de formation.
MV_sante_mentale_ados

Santé mentale des ados: les signes d’alerte

Entre 10 et 20% des adolescents ont des problèmes de santé mentale, selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Certains comportements, discours ou réactions ont valeur de signaux d’alarme pour les parents. Quelques pistes pour les détecter.
MV_syndrome_nid_vide

Syndrome du nid vide: comment le prévenir et le soigner

Plus de 35% des mères ressentent un sentiment d’inutilité après le départ de la maison de leurs enfants. Mais les pères souffrent aussi de ce qu’on appelle le «syndrome du nid vide».
Videos sur le meme sujet

L'impact des violences familiales sur les enfants

En Suisse, chaque année, des milliers dʹenfants sont exposés aux violences domestiques.

La réaction des bébés à lʹodeur de leur mères

Lʹodeur de la mère apaise le bébé et lui permet de mieux se lier avec des inconnus dʹaprès une étude du Centre interdisciplinaire de Herzliya, en Israël.

Consommer plusieurs médias en même temps affecte la santé mentale des enfants

Surfer sur internet en regardant la télévision et même écouter de la musique en surfant sur internet… la consommation de différents médias en même temps aurait des effets délétères sur la santé mentale des enfants, selon une étude récente.
Symptômes sur le meme sujet
convulsions sur un bras d'enfant

Convulsions

Mon enfant a des convulsions