Comment le médecin aborde-t-il la douleur d'un enfant?

Dernière mise à jour 09/04/14 | Article
Comment le médecin aborde-t-il la douleur d'un enfant?
La prise en charge d'un enfant malade ou blessé demande une approche différente que pour un patient adulte. Avant d'établir un diagnostic, il s'agit tout d'abord de soulager sa douleur.

S'il est pénible pour un parent de voir son enfant souffrir, il est également difficile pour le médecin de s'occuper d'un jeune patient. En effet, outre la souffrance et la peur de l'enfant à gérer, le médecin doit également faire face à l'inquiétude de ses parents. Toutefois, de nombreux traitements sont envisageables pour soulager une douleur.

Evaluation de la douleur

Il est plus compliqué pour un médecin d'évaluer la douleur d’un jeune patient. En effet, un enfant ne va pas exprimer sa douleur de la même manière qu'un adulte, et celle-ci va aussi varier en fonction de plusieurs facteurs tels que son âge, son caractère, ses expériences antérieures, l'attitude de ses parents. Cependant, plusieurs échelles adaptées à l'âge et aux circonstances permettent d'évaluer le niveau de sensation douloureuse. Par exemple, pour les enfants âgés de 5 à 10 ans, l'échelle de douleur sur le visage («Face Pain Scale») permet de déterminer l'intensité de la douleur ressentie par l'enfant en observant ses mimiques.

La prise en charge

Avant d'établir le diagnostic, il est important de soulager la douleur de l'enfant au moyen d'antalgiques, afin de continuer la consultation dans de meilleures conditions. Les types de médicaments analgésiques à administrer dépendent du type et de l'intensité de la douleur. Les opiacés (morphine par exemple) sont souvent redoutés des parents, en raison de leurs effets secondaires, et les médecins craignent de masquer une douleur qui pourrait s'avérer être primordiale pour établir le bon diagnostic. Or ce n’est pas le cas.

La morphine et le Fentanyl

Utilisée dans les cas de douleur intense et continue, la morphine a un effet analgésique et anxiolytique avec un délai d'action rapide, à peine cinq minutes par voie intraveineuse. Mais, à cause des effets secondaires, notamment l'hypoventilation (inspiration insuffisante d'air par les poumons), son administration nécessite un dosage et une surveillance spécifiques.

Puissant analgésique, le Fentanyl offre également l'avantage d'avoir une bonne rapidité d'action, mais la durée de l’effet est beaucoup plus courte.

Le protoxyde d'azote

Ce gaz chimique est un analgésique de surface efficace qui s'administre à l'aide d'un masque. L'enfant reste conscient alors qu'il voit ses perceptions sensorielles et environnementales se modifier. Son nom commun est «gaz hilarant». Toutefois, le protoxyde d'azote a des contre-indications, comme certaines maladies pulmonaires ou une hypertension au niveau du crâne.

Les solutions sucrées et la crème EMLA

Dans les années 1990, une pratique fréquente pour traiter les douleurs brèves chez des nourrissons (jusqu'à deux mois) consistait à ajouter dans les tétines de leurs biberons du saccharose avant un  geste douloureux. Actuellement, du glucose très concentré est administré avec un très bon effet. Quant à la crème EMLA, elle est souvent utilisée par les médecins, car elle contient deux anesthésiants qui agissent localement sur la peau et permettent de diminuer la douleur de l'enfant. Toutefois, elle doit être appliquée une heure avant le geste que prévoit de faire le médecin, ce qui s'avère être contraignant.

Enfin, les douleurs chroniques ou neuropathiques (relatives aux nerfs) sont plus délicates à traiter car il s'agit de trouver la bonne combinaison de médicaments qui permettra de rendre le quotidien du jeune patient plus supportable.

Toutes ces possibilités sont donc à considérer au moment de prendre en charge un jeune patient souffrant de douleurs.

 

Référence

Adapté de «Prise en charge de la douleur de l'enfant», Dr Juan Llor, Service de pédiatrie, CHVR, hôpital du Valais. In Revue Médicale Suisse 2014:1 0: 267-270. En collaboration avec l'auteur.

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