TDA-H: psychothérapie, neurofeedback, médicaments et patience

Dernière mise à jour 25/04/19 | Article
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Les causes des troubles de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDA-H) ne sont pas clairement établies. Facteurs génétiques, neurobiologiques mais aussi environnementaux semblent jouer un rôle. Tous les spécialistes interrogés s’accordent à dire qu’il n’y a pas une façon unique de venir en aide à ces enfants, tant le TDA-H prend des formes diverses. Plusieurs techniques ont toutefois fait leurs preuves.

Pratique

L’Aspedah (association suisse romande de parents et d’adultes concernés par le trouble du déficit d’attention/hyperactivité) propose des informations, des adresses de spécialistes, du coaching parental, des rencontres et des conférences pour aider les familles et les personnes touchées à mieux vivre avec le TDA/H.

www.aspedah.ch

La psychothérapie

Elle permet à l’enfant de retrouver confiance en lui. Appliquée à l’ensemble de la famille, elle tente de rétablir l’harmonie en prenant en considération la souffrance des parents et des frères et sœurs.

Le neurofeedback

Cette technique consiste à faire visionner un film à l’enfant dont on enregistre l’activité électrique neuronale à l’aide d’un électroencéphalogramme. Grâce à cela, il peut voir concrètement l’activité de son cerveau et observer les moments où son attention diminue. Cela lui permet d’apprendre à réguler son fonctionnement cérébral. Des études doivent toutefois encore confirmer l’efficacité de cette méthode chez des personnes souffrant de TDA-H et mesurer la durée de ses effets.

Les médicaments

Plusieurs molécules peuvent aider à canaliser l’hyperactivité. La plus connue est le méthylphénidate, que l’on retrouve commercialisé sous le nom de Ritaline. «Ce psychostimulant peut véritablement changer la vie de certains enfants lorsqu'ils sont rejetés par leurs camarades à cause de leur agitation, explique Nathalie Nanzer, médecin au Service de psychiatrie de l’enfant et de l’adolescent aux Hôpitaux universitaires de Genève (HUG). Mais sa prescription n'est pas anodine. Elle doit se faire après une évaluation médicale en ayant pesé le pour et le contre. Parmi les effets secondaires fréquents, il y a une perte d’appétit pouvant avoir des répercussions sur la croissance et des problèmes de sommeil. Raison pour laquelle il est parfois recommandé de faire des pauses de traitement.»

Une autre molécule, l’atomoxétine (ne faisant pas partie de la catégorie des psychostimulants) peut aussi être proposée. «Dans 70 à 80% des cas, les médicaments sont bien tolérés et efficaces, selon Michel Bader, médecin à la consultation de pédopsychiatrie de liaison du Centre hospitalier universitaire vaudois (CHUV). Mais ce qui est essentiel, c’est une prise en charge globale et sur la durée.»

La patience

«Ne plus s'énerver contre l’enfant, c’est déjà faire la moitié du travail pour qu’il aille mieux. Il est aussi extrêmement sensible à la valorisation et aux liens de confiance», explique Monique Hinze, de la permanence de l’Aspedah, l’Association Suisse romande de parents et d'adultes concernés par le trouble du déficit d'attention-hyperactivité.

L’hygiène de vie

La pratique sportive et une alimentation saine sont d’une très grande aide. Quant à l’abus d’écrans, il est clairement mauvais pour tous les enfants, mais l’est encore plus pour les TDA-H.

Les troubles de l’attention s’acoquinent avec d’autres problèmes

L’enfant TDA-H présente souvent d’autres difficultés. La «constellation des dys» est régulièrement associée au trouble de l’attention. Il s’agit de la dyslexie, dysorthographie, dyscalculie, dysphasie, entre autres. La première est un trouble de la lecture. L’enfant inverse des syllabes et parvient mal à décoder certaines lettres. La dysorthographie concerne, comme son nom l’indique, une difficulté dans l’écriture. La dyscalculie affecte la capacité à calculer, tandis que la dysphasie se joue au niveau du langage oral.

Les TDA-H peuvent aussi être des enfants à haut potentiel (HP). Si ce terme désigne un quotient intellectuel supérieur à 130, cela ne veut pas dire pour autant que l'enfant est en avance dans ses apprentissages. Il a en effet le potentiel pour bien réussir, mais ne sait pas forcément comment s'y prendre. «Les enfants HP sont souvent en décalage par rapport à leurs camarades, souligne Nathalie Nanzer médecin au Service de psychiatrie de l’enfant et de l’adolescent aux HUG. Ce n’est donc pas toujours évident de différencier le trouble de l’attention du haut potentiel. On constate toutefois qu’il y a davantage de HP chez les TDA-H.»

Enfin, la dépression, les conduites à risque et les dépendances peuvent aussi toucher des jeunes qui se sentent sans cesse punis, grondés, voire rabaissés à cause de leur TDA-H.

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Publié dans le supplément «Votre santé» de La Côte Hebdo en novembre 2018.

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