La canne blanche: se déplacer en toute sécurité

Dernière mise à jour 31/05/24 | Article
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La canne blanche sert à se signaler aux autres ou à détecter les obstacles. Il en existe différents modèles qui, tous, demandent une phase d’apprentissage pour être utilisés avec profit.

Contrairement à ce que l’on pense souvent, la canne blanche n’est pas réservée aux personnes aveugles. Elle est aussi destinée aux malvoyants et malvoyantes et, plus généralement, «à toute personne qui, du fait d’un trouble visuel, se sent en insécurité, a un sentiment d’inconfort ou une perte de confiance dans ses déplacements», précise Anaïs Cognée, ergothérapeute, spécialiste en locomotion à l’Hôpital ophtalmique Jules-Gonin. L’objectif de ce moyen auxiliaire est alors «de lui permettre de garder son autonomie le plus longtemps possible», poursuit l’experte.

Il en existe deux catégories: les «cannes de signalement» et les «cannes de détection».

Les «cannes de signalement»

Comme leur nom l’indique, elles servent à signaler aux autres que l’on a des problèmes visuels. «Elles facilitent la déambulation dans la rue, la prise des transports en commun, etc.», illustre l’ergothérapeute. Plutôt fines et courtes, les cannes de signalement ne touchent pas le sol.

Les «cannes de détection»

L’extrémité de la canne de détection, qui est parfois munie d’un embout tournant, balaie le sol en continu afin de détecter sur le parcours les obstacles, les reliefs, etc. «Elle permet à la personne qui l’utilise de ressentir la nature du sol et augmente ainsi sa sécurité», souligne Anaïs Cognée. On trouve aussi sur le marché des cannes de détection électroniques munies de capteurs (à ultrasons ou à infrarouges) qui émettent des vibrations ou un signal sonore quand elles décèlent des obstacles situés dans leur champ de détection (en hauteur, comme les branches des arbres, ou à des distances de plusieurs mètres). Certaines sont même connectées par Bluetooth à un smartphone et à un GPS, et peuvent transmettre vocalement des informations sur le parcours (lire encadré). «Ces modèles peuvent être utiles dans certaines circonstances. Toutefois, ils sont complémentaires aux cannes blanches de détection qu’ils ne remplacent pas, souligne Anaïs Cognée. En outre, aucun d’eux n’est totalement fiable pour détecter une marche, un relief, un trou.»

Apprentissage requis

Quoi qu’il en soit, l’utilisation de la canne blanche «demande un apprentissage, plus ou moins long suivant le modèle, car il faut apprendre à la tenir et à la manier pour se sentir à l’aise», indique l’experte.

Quelles démarches pour en acquérir une?

Aucune condition n’est requise pour se procurer une canne blanche. «Toute personne qui en ressent le besoin peut en commander une à l’Union centrale suisse pour le bien des aveugles (UCBA)», explique Anaïs Cognée. L’assurance maladie de base ne rembourse pas son achat. Toutefois, certaines caisses d’assurance complémentaire le font, sur prescription d’un ou d’une ophtalmologue, de même que l’assurance invalidité, qui prend en charge la canne et les séances d’entraînement pour les personnes n’ayant pas atteint l’âge de l’AVS.

Des applications d’orientation et de navigation

MyWayPro, élaborée par la Fédération suisse des aveugles et malvoyants (FSA), BlindSquare, Inclusive CFF ou encore Nav by via opta: ces applications facilitent les déplacements des personnes aveugles ou malvoyantes. «Parfois munies ou couplées à un GPS, elles aident à mémoriser un point intéressant, à cheminer sur un parcours inconnu, à connaître les commerces ou encore les arrêts de bus qui se trouvent à proximité», précise Anaïs Cognée, ergothérapeute, spécialiste en locomotion à l’Hôpital ophtalmique Jules-Gonin. Elles leur fournissent ainsi d’utiles informations.

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Article repris du site  BienVu!

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