Le foyer d’une épilepsie mieux localisé

Dernière mise à jour 21/01/19 | Questions/Réponses
PULS_foyer_epilepsie_localise
Responsable de l’Unité d’épileptologie du Service de neurologie des Hôpitaux universitaires de Genève (HUG), la Pre Margitta Seeck a élaboré un outil diagnostique de haute résolution qui améliore la précision des interventions chirurgicales. Clinicienne et chercheuse, elle est la première femme lauréate du prix Berger 2018 décerné par la Fédération internationale de neurophysiologie clinique pour l’ensemble de ses travaux.

      

© Fred Merz | lundi 13
Y a-t-il eu de réelles avancées dans le traitement de l’épilepsie au cours des dernières décennies?

Pre Margitta Seeck  Depuis la fin des années 1980, de nombreux médicaments ont été développés, certains ayant une efficacité accrue, d’autres moins d’effets secondaires. De plus, ces molécules ont des modes d’action différents; elles peuvent donc être combinées, ce qui nous offre un grand choix dans les traitements.

Grâce à l’imagerie médicale notamment, la chirurgie a également progressé. Quand y a-t-on recours?

Lorsque les approches médicamenteuses ne donnent pas les résultats escomptés. En cas d’épilepsie focale, c’est-à-dire quand le foyer est localisé, on peut l’ôter. À l’issue de cette résection, 80% des patients n’ont plus de crises. En outre, nous disposons d’un nouveau traitement qui est en développement, la neuromodulation. Cette technique consiste à stimuler électriquement des zones du cerveau ou le nerf vague à l’aide d’électrodes implantées dans le cuir chevelu ou dans le cou. Il s’agit d’un traitement palliatif, utilisé quand les autres ont échoué. Il donne de bons résultats chez la moitié des patients: leurs crises sont moins fréquentes ou moins sévères.

Vous avez élaboré une nouvelle technique de diagnostic, l’EEG (électroencéphalogramme) à haute résolution. En quoi consiste-t-elle?

L’EEG enregistre l’activité électrique du cerveau en y implantant des électrodes et, plus celles-ci sont nombreuses, plus les mesures sont précises. En utilisant un dispositif récemment commercialisé –il renferme 256 électrodes qu’on applique à l’aide d’un bonnet– nous obtenons des images 3D en haute résolution du cerveau et, de cette manière, localisons la source de l’activité épileptique.

Quelle est sa particularité?

Cet outil diagnostique, non invasif, est beaucoup plus performant que les autres techniques d’imagerie cérébrale, qui ne donnent que des mesures indirectes de l’activité électrique du cerveau (le PET mesure sa consommation de sucre et l’IRM montre les lésions). Nous avons d’ailleurs été les premiers en Europe à enregistrer, à l’aide de cet EEG haute résolution, l’activité des neurones, ce qui améliore nos connaissances sur le cerveau. Grâce à cette technique, les chirurgiens interviennent avec une plus grande précision. La plupart de nos patients n’ont plus eu de crises après leur opération.

Cela signifie-t-il qu’on peut maintenant supprimer les crises d’épilepsie?

Cela reste toujours l’objectif que l’on vise. 80% des patients qui ont été opérés peuvent reprendre une vie sans crise et envisager de poursuivre ou de reprendre une activité professionnelle dont ils avaient été privés.

______

Article repris du site  pulsations.swiss

A LIRE AUSSI

Asthme
La toux sèche: un signal d’alarme émis par le corps

La toux sèche: un signal d’alarme émis par le corps

L’automne et l’hiver venant, nous allons à nouveau être secoués par des quintes de toux. Un rhume, une...
Lire la suite
Calculs rénaux et biliaires
Quand faire pipi pose problème

Quand faire pipi pose problème

Vous ressentez des brûlures ou des douleurs en urinant? Vous faites une pause pipi toutes les 10 minutes?...
Lire la suite
Allergies (autres)
reactions_allergiques_localisees

Réactions allergiques: reconnaître les manifestations localisées

Dans la majorité des cas, les manifestations de l’allergie se limitent au site d’agression de l’allergène...
Lire la suite
Articles sur le meme sujet
PS_itw_Pierre_Megevand

«La finalité est de pouvoir un jour prédire et endiguer les crises d’épilepsie»

Infiniment reconnaissant des bourses qu’il a pu recevoir pour commencer des projets toujours plus ambitieux, le Dr Pierre Mégevand, médecin-chef de clinique scientifique au sein de l’Unité d’exploration de l’épilepsie et EEG* des Hôpitaux universitaires de Genève (HUG), poursuit son exploration du cerveau en resserrant le zoom à l’échelle du neurone. Parmi ses objectifs: mieux comprendre les mécanismes en jeu lors des crises d’épilepsie, dans l’espoir qu’il soit un jour possible de les endiguer avant même qu’elles ne se déclenchent.
epilepsie_dix_questions

L’épilepsie en dix questions

Connue pour ses crises les plus impressionnantes, l’épilepsie est victime de nombreux préjugés. Dix questions-réponses pour mieux comprendre ce trouble neurologique.
Dans la lune?

Epilepsie: Dans la lune? Non, absent!

Les «absences» sont l’une des nombreuses formes d’épilepsies. Ces épisodes, brefs et transitoires, nécessitent une prise en charge pour éviter qu’ils ne perturbent la scolarité. Explication.
Videos sur le meme sujet

Le nombre de victimes suisses de la Dépakine serait sous-évalué

Lʹantiépileptique Dépakine est encore au centre dʹun scandale de santé public.

Prédire lʹépilepsie comme la météo

Prédire les périodes de crise épileptique de un à plusieurs jours à lʹavance, c'est la prouesse réalisée par des neurologues de lʹUniversité de Genève et de lʹHôpital universitaire de Berne.

Diagnostiquer lʹépilepsie grâce à lʹélectroencéphalogramme

Environ 20% des personnes souffrant d'épilepsie ne réagissent pas aux médicaments antiépileptiques.
Maladies sur le meme sujet
Crise d'épilepsie

Epilepsie

Une crise d'épilepsie est la conséquence de décharges brusques et synchrones (toutes en même temps) de groupes de cellules nerveuses (les neurones).

Symptômes sur le meme sujet

Convulsions

Il/elle a des convulsions