Des rétines high-tech pour recréer la vue

Dernière mise à jour 18/10/12 | Article
Des rétines high-tech pour recréer la vue
Donner ou rendre la vue à ceux qui en sont privés: un projet qui semblait impossible voilà seulement une vingtaine d’années. Mais aujourd’hui, plusieurs groupes de recherche y travaillent d’arrache-pied, avec des résultats prometteurs.
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Parmi les projets actuellement en cours, on trouve celui de la société allemande Intelligent Medical Implants (IMI), qui travaille depuis 2005 sur un implant rétinien révolutionnaire. Ce projet bénéficie de la collaboration d’un consortium international de médecins, dont le Pr Thomas J. Wolfensberger, responsable de l’Unité de chirurgie vitrorétinienne de l’Hôpital ophtalmique Jules-Gonin à Lausanne. «Pour l’instant, nous n’en sommes qu’au début, admet le spécialiste. Nous nous concentrons uniquement sur les gens qui souffrent d’un type de maladie bien spécifique.»

«Déclencher» la vision

Cette maladie, c’est la rétinite pigmentaire, qui provoque une dégénérescence des cellules photosensibles de la rétine. «Chez les gens souffrant de cette pathologie héréditaire, la couche externe de la rétine chargée de convertir la lumière en stimulus électrique à destination du cerveau ne fonctionne plus, causant une cécité complète. Mais toutes les autres parties de l’œil fonctionnent tout à fait normalement», explique le Pr Wolfensberger. Pour ces personnes (qui sont tout de même plus de 3’000 en Suisse), il s’agit donc de parvenir à «déclencher» à nouveau la vision en stimulant les cellules de l’œil directement.

Le projet de l’équipe regroupée autour d’IMI a donc développé un implant, le stimulateur rétinien, qui doit être posé chirurgicalement sur la rétine. Le patient reçoit ensuite une paire de lunettes connectées à un ordinateur de poche, qui sont chargées d’enregistrer et de convertir l’environnement visible en données envoyées à l’implant.

«Pour l’instant, toutes les images sont converties en une quarantaine de pixels, commente le Pr Wolfensberger. Cela permet de déceler des formes, mais il y a encore beaucoup d’activités qui ne sont pas possibles, comme lire. Le fait de pouvoir s’orienter, définir où se trouvent une fenêtre ou une source de lumière est néanmoins un immense progrès pour ces personnes qui, sinon, sont plongées dans le noir complet.» Et autre avantage, l’implant peut être retiré sans problème en cas de nécessité. De plus, les ingénieurs planchent actuellement sur d’autres améliorations pour faciliter encore le travail du chirurgien, en développant des implants qui pourraient se déplier une fois installés dans la rétine, impliquant une incision plus petite de l’œil.

Toutefois, l’implant n’agit pas «par magie». De nombreux rendez-vous sont nécessaires après la pose de l’implant pour obtenir un résultat. «Chaque volontaire réagit de manière très différente, confirme le Pr Wolfensberger. Nous devons effectuer de nombreux tests pour définir l’effet que l’implant a sur le patient (voir infographie), et faire les réglages qui s’imposent ensuite. On peut comparer cela aux vieilles télévisions, dont il fallait patiemment faire bouger les antennes afin d’obtenir la meilleure réception.»

Actuellement, une quarantaine de personnes dans le monde bénéficient de cet implant, qui devrait être commercialisé dans les années à venir. «On devrait d’ailleurs voir le nombre de pixels augmenter rapidement», estime le Pr Wolfensberger. Une fois la technologie permettant d’affiner la vision au point, ce qui ne devrait pas prendre plus de quelques années à en croire les chercheurs, il sera temps de se tourner vers les autres pathologies causant la cécité. Et permettre à tous d'entrevoir la lumière.

Source

CHUV Magazine, printemps 2011, http://www.chuv.ch/chuvmag_10.pdf

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