Calculs dans la vésicule biliaire: du nouveau dans la prise en charge

Dernière mise à jour 08/10/14 | Article
Calculs dans la vésicule biliaire: du nouveau dans la prise en charge
Un séjour hospitalier réduit et moins d’investigations: ce sont les bénéfices d’une nouvelle prise en charge des calculs biliaires.

La présence de calculs dans la vésicule biliaire est courante. A partir de 60 ans, 40% des femmes sont touchées, tandis que le risque augmente encore chez les personnes en surpoids. Certaines familles semblent être plus à risques, toutefois aucune anomalie génétique n’a pu être identifiée.

La plupart du temps, ces calculs (composés de calcium, de cholestérol et de sels biliaires) sont asymptomatiques et ne nécessitent pas de traitement. Chez certaines personnes en revanche, un ou plusieurs calculs biliaires vont se figer à la sortie du canal biliaire, entraînant une infection de la vésicule (une cholécystite). Celle-ci se manifeste par des douleurs aiguës en haut à droite de l’abdomen, parfois accompagnées de fièvre, et des calculs dans la vésicule biliaire visibles à l’échographie (examen par ultrason).

Risques de complications

Chaque année, plus de 500 patients sont admis aux urgences des Hôpitaux universitaires de Genève (HUG) pour des problèmes de calculs vésiculaires. Près d’un tiers d’entre eux sont à risque de les voir migrer dans la voie biliaire et de développer une infection sévère de celle-ci ou une inflammation du pancréas.

Habituellement, la prise en charge de ces patients commence par une exploration de la voie biliaire par endoscopie (grâce à un tube optique) afin de visualiser les éventuels calculs qui y seraient bloqués et de les en déloger en les dirigeant vers l’intestin. L’ablation de la vésicule, destinée à éviter la récidive, est pratiquée dans un deuxième temps. Les patients séjournent en moyenne huit jours à l’hôpital.

Zoom sur la vésicule

Située à proximité du foie, la vésicule biliaire est une poche musculeuse en forme de poire longue de 10 cm environ. Elle est reliée au foie, au pancréas et au duodénum grâce à différents canaux.

Elle agit comme un réservoir dont le rôle est de stocker et de drainer la bile produite par le foie. Au cours de la digestion, la vésicule se contracte pour libérer la bile. Celle-ci circule dans le canal cholédoque qui la déverse dans l'intestin grêle au niveau du duodénum. En plus de son rôle indispensable à la digestion des graisses, elle permet l'élimination de certains médicaments et aide le foie à débarrasser le corps des toxines.

Utile, la vésicule biliaire n’est pour autant pas un organe vital. On peut très bien vivre sans, sans que cela n’ait de conséquences. Après ablation, c’est le canal biliaire qui prend le relais.

Un examen souvent inutile

Une étude1 menée par l’équipe du Dr Pouya Iranmanesh et du Pr Christian Toso, du Département de chirurgie de la Faculté de médecine de l’Université de Genève, montre que 80% des patients chez qui une migration de calcul biliaire était suspectée ne présentaient au final aucun calcul dans la voie biliaire, rendant l’endoscopie inutile.

«Nous avons proposé de commencer par l’ablation de la vésicule biliaire par laparoscopie et de réaliser, durant l’intervention, une radio des voies biliaires pour y détecter la présence éventuelle de calculs. L’intérêt de cette approche, c’est que l’endoscopie n’est faite qu’en présence avérée de calculs dans les voies biliaires», explique le Pr Toso.

Une hospitalisation plus courte

L’étude de l’équipe genevoise porte sur 100 patients présentant les mêmes symptômes: douleurs, calculs dans la vésicule et test du foie augmenté, donc suspicion de migration des calculs vers la voie biliaire. Le travail compare les deux modes de prise en charge. «Il montre que la deuxième approche permet de réduire d’un tiers la durée d’hospitalisation des patients (5 jours contre 8 pour la première méthode). Les risques liés à la prise en charge sont similaires, tout comme la qualité de vie après intervention», souligne le spécialiste genevois. Sans surprise, l’étude montre également une diminution du nombre d’investigations par endoscopie (25 au lieu de 71) et donc une baisse des coûts de la prise en charge.

«Cette nouvelle stratégie présente donc de nombreux avantages: elle fait baisser la durée du séjour hospitalier, augmente le confort des patients en supprimant des examens inutiles et participe à la diminution des coûts», conclut le professeur.

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1. Publiée dans le Journal of the American Medical Association (JAMA, 2014 Jul 9).

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