Infarctus du myocarde: manger des fibres pour vivre plus longtemps

Dernière mise à jour 16/06/14 | Article
Infarctus du myocarde: manger des fibres pour vivre plus longtemps
Des chercheurs américains démontrent qu’une alimentation riche en fibres permet d’augmenter l’espérance de vie des personnes ayant été victimes d’un accident cardiaque.

L’étude a été menée auprès de plus de 4000 personnes (2258 femmes et 1840 hommes). Soutenue par les Instituts nationaux américains de la santé, elle vient d’être publiée dans le British Medical Journal1.Elle démontre en substance que les personnes ayant des antécédents de crises cardiaques (infarctus du myocarde) peuvent bénéficier d’une alimentation dite «riche en fibres». Des fibres qui peuvent contribuer à réguler les concentrations sanguines en cholestérol.

Fruits secs et céréales complètes

Les fibres alimentaires sont les fractions des aliments d’origine végétale qui ne sont pas assimilées par l’organisme, mais qui jouent un rôle essentiel dans le bon déroulement de la digestion et du transit intestinal. On les trouve pour l’essentiel dans les fruits (tout particulièrement les fruits secs), les légumes et les céréales (le son et les céréales complètes).

Elles sont constituées d’associations complexes de glucides (polysaccharides) sans présence d’amidon. Elles peuvent ou non être solubles dans l’eau, ce qui leur confère des propriétés différentes. Les premières joueront plus sur les taux sanguins de glucose et de cholestérol; les secondes participent au transit des aliments au sein des intestins. Elles jouent un rôle essentiel sur le volume du «bol alimentaire» et sur la consistance des selles.

Calmer la faim

Les fibres sont également directement impliquées dans la sensation de faim. Un apport d'au moins 30 g par jour est recommandé. Il est facilement atteint avec une alimentation variée à base de crudités, de légumes verts et de fruits, associés à des céréales et à des légumineuses.

Plusieurs travaux ont ces derniers temps conclu à l’impact positif des régimes riches en fibres alimentaires, concernant notamment la diminution de la mortalité d’origine cardiovasculaire chez les personnes par ailleurs en bonne santé. Ce fut le cas notamment d’une méta-analyse publiée en 2013, également publiée dans le British Medical Journal 2.

Risque réduit de décès

La dernière publication en date est signée de chercheurs de la Harvard School of Public Health, du Brigham and Women's Hospital et du Beth Israel Deaconess Medical Center. Leur étude a été menée à partir de données collectées durant vingt-deux ans chez des professionnels de santé ayant des antécédents d’infarctus et participant à deux cohortes: la Nurses' Health Study et la Health Professional Follow-up Study.

Les chercheurs étaient dirigés par Shanshan Li et Eric B. Rimm (département d’épidémiologie, Harvard School of Public Health, Boston). Ils ont travaillé sur la base des réponses aux questionnaires de fréquence alimentaire pour calculer la quantité de fibres alimentaires consommée avant, puis après la crise cardiaque.

Durant le suivi de l’étude, on a recensé 1133 morts: 682 chez les femmes et 451 chez les hommes. Au terme de leurs analyses, les chercheurs observent que les 20% plus «gros» consommateurs de fibres avaient un risque réduit de 25% de décès (comparé à celui des 20% qui en consommaient le moins). Un apport de 10 g supplémentaires de fibres par jour après une crise cardiaque est d’autre part associé à un risque de décès (toutes causes confondues) réduit de 15%. Ce taux passe à 33% si l’augmentation des apports fait suite à la crise cardiaque.

Une analyse plus fine montre que la réduction du risque est statistiquement significative pour les femmes, et que seules les fibres provenant des céréales sont associées à ces résultats. Les auteurs soulignent que leur travail ne prouve pas l’existence d’une relation de causalité mais qu’elle démontre l’existence d’une association entre la réduction du risque et les apports en fibres alimentaires. Le tout replacé dans un contexte plus général d’un mode de vie sain, où le tabac est proscrit de même que les consommations excessives de boissons alcooliques.

        

(1) Le texte entier (en anglais) de cette publication est disponible ici.

(2) On peut trouver ici le texte (en anglais) de cette publication.

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