Maladies d'altitude

Dernière mise à jour 19/02/14 | Maladie
Le mal des montagnes

Environ une personne sur deux qui monte rapidement (en 24 heures) à une altitude de 4500 mètres souffrira d’un mal de montagne et une sur dix d’un œdème pulmonaire.

Brève description

Lorsque l’on monte en altitude, la quantité d’oxygène dans l’air diminue progressivement. Par exemple, à 5500 mètres d’altitude, la moitié seulement de l’oxygène présent au niveau de la mer est encore disponible et, au sommet de l’Everest (à plus de 8000 mètres d’altitude), seulement un tiers.
 

L’organisme dispose de toute une série de mécanismes pour s’adapter à l’altitude. Lorsqu’ils sont insuffisants, trop lents à se mettre en place ou alors carrément exagérés, des « maladies d’altitude » peuvent apparaître ; elles touchent le système nerveux (mal aigu de montagne et œdème cérébral) ou les poumons (œdème pulmonaire).
 

A partir de 2500-3000 mètres déjà, des personnes en bonne santé peuvent développer des problèmes liés à l’altitude, cela après une période de temps passé en altitude qui varie : en moyenne 6 heures pour le mal aigu des montagnes et 36 heures pour les œdèmes (cérébraux ou pulmonaires).
Environ une personne sur deux qui monte rapidement (en 24 heures) à une altitude de 4500 mètres souffrira d’un mal de montagne et une sur dix d’un œdème pulmonaire. Il n’y a pas d’information pour l’œdème cérébral (moins fréquent que l’œdème pulmonaire).

 

Avertissement : Ce texte concerne les maladies d’altitude qui surviennent chez des personnes habituellement en bonne santé.
 

La diminution de l’oxygène liée à l’altitude posera des problèmes supplémentaire chez une personne souffrant d’une maladie des poumons, du cœur ou autre. Il est alors impératif de consulter son médecin traitant avant de partir en haute montagne. Celui-ci évaluera si un tel séjour est possible et, le cas échéant, pourra donner des conseils de préparation.

Symptômes

Mal aigu de montagne

Environ 6 heures après l’arrivée en altitude, des maux de tête, éventuellement accompagnés de nausées, de vomissements et d’un manque d’appétit apparaissent. Le sommeil est également perturbé.

 

Œdème cérébral de haute altitude

Dans de rare cas, généralement après 36 heures en altitude, une personne souffrant de mal aigu des montagnes peut également développer un œdème cérébral (accumulation de liquide dans cerveau). Elle s’endort à chaque instant ou il devient difficile de la réveiller (altération de l’état de conscience). Des troubles de l’équilibre et de la coordination (la personne ne peut pas saisir un objet ou manger) et des difficultés à parler sont aussi possibles.

 

Œdème pulmonaire de haute altitude

Les symptômes apparaissent également après 36 heures en altitude. La personne s’essouffle au moindre effort ou même au repos. Elle peut aussi avoir une toux, parfois avec des crachats mousseux rosés, ou encore de la fièvre.

 

Il peut arriver que l’on observe, en altitude, une tuméfaction des mains, des pieds, des chevilles, voire des paupières. Hormis les désagréments causés par ces œdèmes, ils ne sont pas annonciateurs d’une maladie d’altitude.

Causes

En altitude, le manque d’oxygène dans l’air est responsable des maladies d’altitude. L’apparition des symptômes est secondaire à une mauvaise régulation du flux sanguin dans le cerveau et/ou les poumons lorsque la quantité d’oxygène présente dans l’air inspiré baisse.

Principaux facteurs de risque

  • l’altitude en valeur absolue (plus on va haut, plus le risque augmente)
  • l’ascension rapide (voir : Prévention)
  • le fait d’avoir déjà eu des maladies d’altitude lors d’une ascension précédente.

 

Les personnes souffrant d’affections aiguës des voies respiratoires (bronchite par exemple) au moment de l’ascension ont également un risque plus élevé de développer une maladie d’altitude.
 

Les personnes avec une trisomie 21 (syndrome de Down, aussi appelé mongolisme) peuvent développer un œdème pulmonaire à une altitude plus basse (2000 mètres).
 

Enfin, les personnes souffrant de maladies pulmonaires, cardiaques ou de la circulation sanguine peuvent également présenter des problèmes d’oxygénation du sang en altitude. Elles doivent absolument consulter leur médecin avant de partir en montagne.

Traitements

Mal aigu de montagne

Dans un premier temps, il s’agit de traiter les symptômes à l’aide de médicaments comme le paracétamol (Dafalgan, Panadol, Dolprone, etc.), l’ibuprofène (Brufen, Irfen, etc.) ou l’acide méfénamique (Ponstan, Méfénacide, etc.).

Si cela est insuffisant, une journée de repos à la même altitude peut s’avérer nécessaire. Parfois, en cas de persistance des symptômes, il faut redescendre de 500 à 1000 mètres.

 

Œdème cérébral et pulmonaire

Il s’agit de maladies graves et le seul traitement possible est la descente. L’administration d’oxygène, les caissons de recompression portables (sac de Gamow), les médicaments (dérivés de la cortisone pour l’œdème cérébral ou médicament dilatant les vaisseaux sanguins pour l’œdème pulmonaire) ne sont que des mesures transitoires permettant de gagner du temps afin de préparer la descente. La descente (parfois 500 mètres suffisent) permet une guérison complète et en principe sans séquelle des œdèmes pulmonaires ou cérébraux de haute altitude.

 

La cause des maladies d’altitude étant justement l’altitude, il est dangereux de poursuivre l’ascension lorsque l’on souffre du mal aigu des montagnes sévère, et plus encore si l’on présente des symptômes évocateurs d’un début d’œdème cérébral ou pulmonaire.

Evolution et complication

 

Le mal aigu des montagnes est fréquent, désagréable, mais pas dangereux. Il disparaît en général spontanément 24 à 48 heures après l’arrivée en altitude. Une journée ou deux de repos à la même altitude permettent souvent sa disparition et il est rarement nécessaire de redescendre vers la plaine.

 

En revanche, une fois sur deux, l’œdème cérébral ou l’œdème pulmonaire d’altitude sont des maladies mortelles si les personnes qui en sont atteintes ne redescendent pas.

Prévention

La meilleure prévention consiste à monter lentement en altitude. Au-delà de 3000 mètres, la différence d’altitude entre l’endroit où l’on se réveille le matin et celui où l’on dort le soir ne devrait pas dépasser 300 à 400 mètres par jour en moyenne. Par exemple, l’ascension d’un sommet tel que le Kilimandjaro (5900 mètres, au Nord-est de la Tanzanie, non loin de la frontière avec le Kenya) devrait se faire en 6 à 7 jours, alors que les agences de voyages proposent des ascensions en 4 jours !

 

L’air en altitude étant plus sec qu’en plaine, il faut soigneusement veiller à maintenir une bonne hydratation, en tenant compte du fait que les besoins en liquides sont accrus lorsqu’on fait des efforts en altitude. La consommation de liquide est dépendante de beaucoup de variables comme l’intensité de l’effort, la température et l’humidité de l’air, mais 3 à 5 litres par jour peuvent s’avérer nécessaire. Une couleur claire des urines indique que l’hydratation est suffisante (Voir aussi : Qu’est-ce que la déshydratation ?). L’alcool est fortement déconseillé.

 

L’adaptation de notre organisme en altitude nécessitant de l’énergie, une alimentation riche en hydrates de carbone (barres de céréales par exemple) aide à maintenir un apport calorique suffisant.

 

Pour les personnes particulièrement sensibles à l’altitude, une prophylaxie médicamenteuse peut être prescrite par le médecin. Dans ce cas, on utilise principalement deux médicaments :
 

  • l’acétazolamide (Diamox), un médicament qui stimule la respiration et diminue la fréquence du mal aigu de montagne de 50% environ. La dose recommandée est d’un comprimé deux à trois fois par jour, dès le début de l’ascension.
    ATTENTION : ce médicaments exerce un effet diurétique (c’est-à-dire qu’il fait uriner davantage), il est donc important de compenser soigneusement les pertes en liquide en buvant suffisamment. (Voir aussi : Qu’est-ce que la déshydratation ?)
     
  • la dexaméthasone(dérivé de la cortisone) peut aussi être utilisée, mais seulement sur prescription médicale.

Quand contacter le médecin ?

En cas d’œdème cérébral ou pulmonaire, un médecin devrait si possible être contacté sans délai (par téléphone, radio).
 

En raison du mauvais pronostic de l’œdème cérébral ou pulmonaire, si la personne ne parvient pas à descendre rapidement par ses propres moyens (c’est-à-dire qu’elle est très malade et incapable de marcher) ou pour des raisons techniques (à cause des difficultés du parcours), une évacuation par hélicoptère est justifiée.

Informations utiles au médecin

Avant de partir

Pour que le médecin puisse évaluer le risque de développer une maladie d’altitude, il est extrêmement important de relater ses expériences antérieures en haute altitude :

  • altitude maximale atteinte
  • nuits passées au-delà de 3000 mètres
  • nombre de jours pour atteindre l’altitude maximale
  • éventuellement symptômes ressentis en altitude.

 

Il est aussi très important de signaler les maladies dont on souffre, en particulier les maladies pulmonaires (par exemple asthme) ou cardiaque (insuffisance cardiaque, infarctus, …).

 

Comme le risque de développer un œdème pulmonaire de haute altitude pourrait être augmenté chez une personne porteuse d’une malformation cardiaque ou qui a présenté des problèmes ou pulmonaires à la naissance ou dans la petite enfance, il est utile pour le médecin de savoir si de gros problèmes médicaux sont survenus dans cette période (nécessité d’être mis dans une couveuse, intervention chirurgicale, contrôles répétés chez un spécialiste par exemple).

 

Si des symptômes apparaissent lors de l’ascension

Si une maladie d’altitude survient pendant l’ascension et que la personne doit être évacuée, il est très utile pour le médecin qui prendra en charge le patient de connaître le moment de l’apparition des symptômes (après combien de temps passé en altitude et à quelle altitude), si le patient est conscient, endormi mais réveillable, ou comateux (c’est-à-dire non réveillable), quelle est son pouls (nombre de battements du cœur par minute) et sa fréquence respiratoire (nombre de respiration par minute).

Examens

En cas de prise en charge médicale après un retour en plaine, une radiographie des poumons peut permettre de poser le diagnostic d’œdème pulmonaire de haute altitude.

Il est aussi possible qu’une prise de sang artériel soit effectuée pour mesurer le contenu en oxygène et en gaz carbonique du sang.
 

Dans les mêmes circonstances, un scanner ou une IRM (résonance magnétique) de la tête peuvent montrer un œdème cérébral.
  

Enfin, si vous avez déjà présenté un épisode d’œdème (cérébral ou pulmonaire) lors d’un séjour en altitude, il est recommandé de se rendre à une consultation spécialisée de médecine de montagne pour faire le point de la situation.

Ces consultations sont disponibles à Lausanne (CHUV), à Berne (Inselspital), à Sion (Hôpital du Valais), à Neuchâtel (Hôpital neuchâtelois) et à Delémont (Hôpital du Jura).

Références

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