Les méfaits de la sédentarité

Dernière mise à jour 14/12/11 | Article
chaussure de sport
L’activité physique est clairement insuffisante dans les pays développés. Seul un tiers de la population bouge suffisamment pour suivre les recommandations de l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

De nombreuses publications scientifiques ont montré les bienfaits de l’activité physique tant dans le traitement des maladies chroniques que dans leur prévention. Mais ce qui est moins connu, c’est que le temps passé en position assise peut lui aussi être considéré comme un facteur de risque essentiel pour le développement de maladies chroniques. Surtout à une époque où la société s’est progressivement sédentarisée grâce au développement des connaissances et aux progrès des technologies.

Sédentarisation de la société

L’homme a toujours été actif. Que ce soit par nécessité vitale ou, plus tard, par loisir. Nos ancêtres devaient se dépenser physiquement pour aller chercher leur nourriture. Ils devaient être endurants à la marche pour la chasse et la cueillette, rapides et vifs pour échapper aux dangers des prédateurs. Avec l’évolution des connaissances, les révolutions industrielles, l’urbanisation et les progrès des technologies, la société s’est progressivement sédentarisée.

Nous sommes tous à la recherche d’une meilleure qualité de vie, mais, actuellement, en essayant de l’améliorer, nous détériorons irréfutablement notre santé. Nous connaissons une multitude de traitements bien spécifiques visant à réduire chaque facteur de risque cardio-vasculaire isolément (comme le traitement médicamenteux par exemple). Les avantages de l’activité physique résident dans le fait que sa prescription se résume en un seul mot, bouger, et que le corps entier en bénéficie. Il conviendrait ainsi de repenser notre mode de vie, en insistant au maximum sur la réduction du temps passé en position assise.

Le but de la pratique régulière d’une activité physique n’est pas forcément de vivre plus longtemps, mais certainement de vieillir beaucoup mieux. Et, indiscutablement, outre la promotion de l’activité physique, des conseils mais surtout des programmes visant à modifier notre comportement sédentaire et inactif sont indispensables. Ainsi, conseiller de diminuer le temps passé en position assise serait aussi bénéfique que promouvoir l’activité physique, du moins dans la prévention de l’obésité et de la survenue de maladies chroniques.

Etudes comparatives

L’impact fonctionnel de l’activité physique sur une population «vieillissante» a fait l’objet d’une étude comparative réalisée sur 21 ans et comparant des sujets de plus de 50 ans. Sa conclusion? Une pratique régulière de la course à pied chez les plus de 50 ans semble permettre de rester en bonne santé plus longtemps. Cette même étude a également montré une diminution de la mortalité dans le groupe des coureurs, notamment celle liée aux maladies cardiovasculaires, mais aussi neurologiques et infectieuses.

Récemment, une étude prospective australienne a montré une diminution significative des demandes en soins médicaux chez des patients de plus de 65 ans participant à un programme d’activité physique globale quotidien. La durée totale des exercices demandés s’élevait à environ 30­40 minutes par jour. Les participants au protocole démontraient une réduction significative en termes de réadmission aux urgences, de contrôles chez le médecin traitant, ou de nécessité de soins paramédicaux (physiothérapie, aide à domicile, nursing).

Effets de l’exercice physique

Il est clairement établi que des exercices réguliers, en particulier des exercices de renforcement musculaire, chez les patients lombalgiques, permettent une amélioration des douleurs et une diminution du temps d’arrêt de travail.

Concernant les maladies cardiovasculaires et pulmonaires, la pratique régulière d’une activité physique permet une diminution de 27% du taux de mortalité, toute cause confondue, et de 31% du taux de mortalité par infarctus. L’activité physique a également un effet positif chez les insuffisants cardiaques.

Enfin, concernant les maladies neurologiques et psychiatriques, l’activité physique permet une amélioration de la force et de la tolérance à l‘exercice chez les patients souffrant de sclérose en plaques, ainsi qu’une amélioration de la qualité de vie chez les patients parkinsonniens. Chez les patients dépressifs, l’impact est également positif avec toutefois des résultats statistiquement non significatifs.

Références

Adapté de «Les bienfaits de l’activité physique (et/ou les méfaits de la sédentarité)», Drs Maxime Grosclaude et Jean-Luc Ziltener, Unité de médecine physique et réadaptation orthopédique Service d’orthopédie et de traumatologie de l’appareil moteur, Département de chirurgie, HUG , in Revue médicale suisse 2010; 6: 1495-8, en collabortion avec les auteurs.

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