Combien de calories pour une relation sexuelle?

Dernière mise à jour 19/11/13 | Article
Combien de calories pour une relation sexuelle?
Des chercheurs québécois ont voulu pouvoir répondre à cette question. Ils comparent l’activité sexuelle avec la marche à pied. Leurs résultats peuvent étonner. Les voici.

La curiosité de certains chercheurs et chercheuses ne connaît pas de limites. C’est le cas d’une équipe de l’Université du Québec (Montréal). Ils sont spécialistes de kinanthropologie (Julie Frappier, Mylene Aubertin-Leheudre, Antony D. Karelis), de sexologie (Joseph J. Levy) ou encore de santé publique (Isabelle Toupin). Et tous les cinq viennent de signer une étude à la fois originale et riche d’enseignements1.

Jeunes et en bonne santé

Le titre de ce travail est à lui seul tout un programme, même pour ceux qui n’ont que quelques rudiments d’anglais: «Energy Expenditure during Sexual Activity in Young Healthy Couples». Où l’on comprend que la recherche ne porte ici que chez des jeunes personnes en bonne santé. Pour les autres il faudra extrapoler. On a compris qu’il s’agit de calculer une dépense énergétique d’un genre un peu particulier, que l’on impose à son corps lors d’une activité à la fois sensorielle et musculaire.

Comment parvient-on à mesurer les énergies développées lors d’une relation sexuelle? Pour parvenir un effectuer un tel calcul les chercheurs ont recruté 21 couples (hétérosexuels) récemment formés (entre 6 et 24 mois) dans la région de Montréal. Dans tous les cas les partenaires étaient en bonne santé, âgés de 18 à 35 ans et pratiquant au moins deux heures d’exercice physique (sexualité non comprise) par semaine.

Dans un premier temps les participants ont pratiqué une séance d'exercice (dit «d'endurance»): entre une et cinq minutes d'échauffement en marchant, puis trente minutes d'exercice sur un tapis roulant à une intensité modérée. La dépense d'énergie (Calories) et l'intensité en MET (équivalent métabolique d’une tâche) étaient alors mesurées à l'aide d'un mini-brassard comportant un accéléromètre capable d’évaluer mouvements et flux de chaleur.

Ni alcools ni érectiles

Pour ce qui est des mesures concernant l’activité sexuelle proprement dite, une série de préalables étaient requis. Les participants volontaires devaient s’abstenir de consommer de l’alcool, des drogues ou encore des médicaments ayant des effets érectiles bien connus. On leur demandait de garder en mémoire et de songer à évaluer sur une échelle (de 7 points) leur perception de leurs dépenses énergétiques, de leurs efforts, de leur fatigue –sans oublier l’intensité du plaisir. D’abord après chaque rapport sexuel. Ensuite au terme d’une série de quatre rapports. Par ailleurs le mini-brassard et l’accéléromètre ne devaient pas être ôtés pendant ces activités.

Entre 69 et 101 calories

Au final, qu’apprend-on? Que pour ces couples la durée (moyenne) d’un rapport sexuel est de 25 minutes. Que la dépense énergétique (moyenne) pour chaque rapport sexuel est chez les hommes de101 calories (quatre calories par minute) et de 69 calories seulement chez les femmes. Ce sont là des résultats relativement modestes: ils sont significativement inférieurs à la dépense énergétique moyenne de 30 minutes d'exercice (276 calories, soit 9 calories par minute pour les hommes, et 213 calories, soit 7 calories par minute, pour les femmes).

L'intensité moyenne de l'activité sexuelle est d’autre part estimée à 6 Met chez les hommes et à 5,6 Met chez les femmes, ce qui correspond à un effort «modéré». C’est également significativement inférieur à l’intensité de l’effort en cas d’exercice physique (8,5 Mets chez les hommes et 8,4 Mets chez les femmes).

Entre la marche et le jogging

Résumons: l’intensité de l’effort lié à l'activité sexuelle représente environ 70% de l'intensité d’un exercice d'endurance de 30 minutes, et 38% de sa dépense énergétique. L'activité sexuelle peut être considérée comme un exercice significatif à la fois plus intense qu’une marche à 4,8 km/h, mais moins intense qu’un jogging à 8 km/h.

Mais rien, bien évidemment, n’est ici figé. Ainsi peut-on aisément imaginer (comme les auteurs) que certains hommes vont dépenser plus d’énergie lors d’un rapport sexuel (jusqu’à plus de 300 calories) que lors d’une séance d’exercice physique. Un phénomène qui, curieusement, n’a pas été noté dans ce groupe de jeunes femmes de Montréal.

Bien-être

Autre point remarquable: les dépenses énergétiques liées aux rapports sexuels sont généralement perçues avec une grande exactitude. Seuls 5% des participants perçoivent leurs activités sexuelles comme étant d’une intensité plus grande que l'exercice physique de 30 minutes. En toute hypothèse, il est acquis (sans même parler de ses effets psychologiques et de bien-être parfois considérables) que l'activité sexuelle peut faire partie des activités physiques qui contribuent à l’équilibre corporel, à la qualité de vie et, dune manière générale, à la santé.

1. On peut trouver cette étude dans la revue PLoS ONE. L’intégralité de ce travail (en anglais) est disponible ici.

A LIRE AUSSI

Voyages
maladie_accident_vacances

Maladie, accident et vacances: les droits et obligations du salarié

Les vacances sont en principe synonymes de plaisir. Toutefois, nul n’est à l’abri d’une maladie ou d’un...
Lire la suite
Bouger pour sa santé
boissons_isotoniques_utiles

Les boissons isotoniques sont-elles utiles?

Objet de nombreuses campagnes publicitaires, les boissons isotoniques promettent performances et résistance...
Lire la suite
Altitude
bienfaits_l’altitude

Les bienfaits de l’altitude

Vivre ou séjourner à moyenne altitude est bénéfique, surtout si on y fait de l’exercice. Tout particulièrement...
Lire la suite
Articles sur le meme sujet
PS42_sport_connecté

Le sport connecté en questions

Mesurer ses pas, sa fréquence cardiaque ou encore le nombre de calories brûlées pendant une séance de sport : la pratique est devenue quasi incontournable à l’heure des montres et autres appareils connectés. Mais est-elle si anodine?
PULS_mieux-vivre_danser

Danser, le meilleur des remèdes?

Reconnexion avec son corps, coordination des mouvements, apprentissage de la rythmique, sentiment de lâcher prise… Danser a de nombreux bienfaits, sur le corps comme sur le moral. La danse fait désormais partie intégrante de la prise en charge de certaines pathologies.
meilleur_medicament_activite

Pas de meilleur médicament que l’activité physique

L’initiative a favorisé la constitution d’un groupe d’experts ayant pour mission de répertorier les méthodologies déjà existantes – et celles à imaginer – visant à rendre compte de l’efficacité des processus de soins inhérents à la médecine intégrative.
Videos sur le meme sujet

Je marche pour aller au travail, est-ce aussi efficace que le sport?

Facile d’accès, la marche est un exercice simple qui est largement encouragé par les médecins. Mais est-elle suffisante pour remplacer une activité physique plus soutenue?

Les ados suisses ne bougent pas assez

Les jeunes Suisses ne bougent pas assez.

Les bienfaits de la danse sur le cerveau

La danse stimulerait les connexions cérébrales, préserverait la santé, réconcilierait le corps et le cerveau et pourrait ressouder le couple ou stimuler les équipes.