Comment limiter l’insomnie quand on prend de l’âge?

Dernière mise à jour 03/04/18 | Article
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L’insomnie est un mal fréquent chez les personnes âgées. Avant de songer aux somnifères, on peut déjà modifier certains paramètres pas forcément médicaux.

Diminution des heures de sommeil, insomnies, ronflements… Plus de 40% des personnes âgées de plus de 65 ans souffrent de troubles du sommeil. L’un des plus fréquents reste l’insomnie qui concerne entre 23 et 34% des personnes âgées. Elle se définit comme une plainte subjective du patient sur son sommeil. L’insomnie n’est pas anodine, contrairement aux idées reçues, car elle est associée aux maladies cardiovasculaires et à la dépression.

Eviter les somnifères

Toutes les insomnies ne sont pas identiques. Celle dite de court terme peut durer moins de trois mois et se déclencher à la suite d’un évènement marquant tel qu’un deuil ou une hospitalisation. Au-delà de trois mois, on parle d’insomnie chronique. Pour y remédier, il est courant que les médecins prescrivent des somnifères. Mais avant de songer à prendre de tels médicaments, il est important de savoir de quoi on souffre exactement. En listant les facteurs de risque pouvant être à l’origine d’une insomnie, il est parfois possible d’éviter la prise d’hypnotiques.

Maladies perturbant le sommeil

Près de 83% des personnes âgées qui expérimentent des insomnies souffrent également de problèmes cardiovasculaires, respiratoires ou psychologiques. Le premier facteur à prendre en compte est donc son état de santé, car certaines pathologies peuvent avoir un effet direct sur le sommeil. Par exemple, des douleurs liées à l’arthrose ou encore des difficultés respiratoires causées par une insuffisance cardiaque ou une maladie pulmonaire peuvent troubler les nuits. C’est aussi le cas des maladies psychiatriques telles que la dépression qui a tendance à fragmenter le sommeil.

Certaines maladies sont spécifiques au sommeil, telles que l’apnée du sommeil qui concerne 25% des personnes âgées. Citons aussi le syndrome des jambes sans repos qui consiste en des tremblements réguliers des jambes qui provoquent des micro-réveils. Cette maladie touche 45% des personnes âgées de plus de 65 ans. Il ne faut pas non plus oublier les troubles du rythme circadien: l’horloge interne déréglée, le patient s’endort en pleine journée et se réveille tôt dans la nuit.

Le mode de vie

La prise de certaines substances peut également influencer le sommeil. C’est le cas par exemple de la consommation régulière d’alcool qui concerne 3,3% des personnes âgées entre 65 et 74 ans. Des facteurs liés à l’hygiène de vie tels que les horaires de sommeil, l’alimentation ou le manque d’activité physique ne sont pas non plus à écarter, tout comme la prise de certains médicaments prescrits pour traiter des maladies cardio-vasculaires ou respiratoires et qui peuvent provoquer une insomnie. D’ailleurs, la prise quotidienne de nombreux médicaments est un facteur supplémentaire de risque car il est difficile de connaître toutes les interactions et effets secondaires des différentes molécules.

Le cas des personnes âgées placées en institution est un peu différent. Plus de 24% d’entre elles souffrent d’insomnie. En plus d’être touchées par des maladies liées à l’âge, elles souffrent également du manque d’autonomie et d’un temps souvent long passé au lit dans la journée. Elles manquent également d’activité physique et d’interactions sociales. Bien que les somnifères soient souvent utilisés, l’adaptation de l’environnement et la modification des habitudes de vie en institution peuvent davantage aider ces personnes.

Eliminer les facteurs un par un

Afin de traquer l’ennemi, rien de tel qu’une discussion avec son médecin. «Vous réveillez-vous la nuit, et si oui, combien de fois?», «Quelle quantité de sommeil vous faut-il pour vous sentir bien et fonctionner normalement dans la journée?», etc., font partie des questions fréquemment posées. Ensuite, un passage chez un spécialiste du sommeil peut s’avérer nécessaire en cas d’insomnie inexpliquée ou de suspicion de troubles respiratoires et du comportement durant le sommeil. Le médecin spécialiste va enregistrer les mouvements du corps sur de longues périodes de temps, analyser le rythme circadien et mesurer les rythmes respiratoire et cardiaque.

Quelques conseils sur l’hygiène de sommeil seront aussi donnés: restriction du temps passé au lit, contrôle des stimuli, exposition correcte à la lumière du jour, contrôle de la lumière et de la température dans la chambre, etc. Sans oublier la pratique d’une activité physique en journée telle que la marche, qui s’avère d’une grande aide pour améliorer son sommeil.

Enfin, si besoin, le médecin administrera peut-être des hypnotiques mais avec précaution et sur le court terme si possible. Au long cours, ils provoquent en effet une dépendance, qui ne fera que relancer l’insomnie à l’arrêt du traitement. D’autres médicaments peuvent d’ailleurs être utiles comme ceux pour la dépression et pour les maladies cardiaques et pulmonaires.

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Adapté de «Approche pratique de l’insomnie en gériatrie: de la plainte au traitement», Drs Samuel Perivier, Aline Mendes, Bentolhoda Heyrani Nobari, Hani Ammane, et Dina Zekry, Service de gériatrie, Département de médecine interne, réhabilitation et de gériatrie, HUG; Drs Katerina Cervina et Stephen Perrig, Laboratoire du sommeil, Département de santé mentale et de psychiatrie, HUG. In Revue Médicale Suisse 2015:11:2098-103, en collaboration avec les auteurs.

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