Patients virtuels pour recherche réelle

Dernière mise à jour 10/10/17 | Article
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Une équipe des Hôpitaux Universitaires de Genève (HUG) utilise des patients virtuels pour faire de la recherche clinique. Des milliers de personnes porteuses du VIH pourraient en profiter.

C’est peut-être la prochaine grande révolution médicale: le clone virtuel. Soit l’élaboration d’un cobaye numérique identique au patient: même âge, taille, poids, ADN, etc. Dans quel but? Pour réaliser des tests personnalisés, efficaces et sans risque, sur les effets, la toxicité et les interactions entre médicaments.

L’équipe du Pr Jules Desmeules, médecin-chef du service de pharmacologie et toxicologie clinique (HUG), et du Dr Youssef Daali, pharmacien adjoint agrégé, responsable du laboratoire de pharmacologie clinique (HUG), a utilisé cette technique pour étudier les traitements des maladies cardiovasculaires chez les patients atteints de VIH. «Leur espérance de vie est désormais proche de la norme. Et ils souffrent de pathologies liées à l’âge, comme les accidents vasculaires cérébraux et les infarctus. Des maladies qui se traitent avec des médicaments qui fluidifient le sang. Or, les trois seuls disponibles sont inefficaces ou toxiques chez eux à cause des interactions avec un des traitements contre le VIH», explique le Dr Youssef Daali.

Résultats après deux ans de recherche? Aux dosages prédits par les modèles numériques, ces patients –potentiellement des dizaines de milliers de personnes– pourraient bénéficier d’un des médicaments jusqu’ici contre-indiqués.

Résultats primés

L’étude a été réalisée en plusieurs étapes. Les chercheurs ont d’abord constitué des bases de données avec les patients et les médicaments analysés. «C’est le plus fastidieux. Il faut étudier la diffusion, le stockage et l’élimination des molécules dans les organismes», explique le Dr Daali. Puis le programme informatique –appelé modèle pharmacocinétique physiologique– a été adapté en y intégrant les données récoltées.

«Finalement, nous avons démontré que les clones virtuels sont conformes aux humains en réalisant des tests sur une vingtaine de volontaires sains», ajoute Niloufar Marsousi, pharmacienne, auteure de la thèse de doctorat relative à cette recherche. Cette dernière a reçu le Prix de la recherche clinique 2017 des HUG. Et en 2016, celui de la publication la plus innovante de l’année, décerné par le fournisseur du logiciel. L’utilisation de clones virtuels pour évaluer les interactions et le dosage de médicaments peut bénéficier à des millions de patients dans le monde.

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Article repris du site  pulsations.swiss

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