VIH-Sida

Dernière mise à jour 28/09/11 | Maladie
Nœud rouge (Sida)

Le sida est dû au VIH (virus de l'immunodéficience humaine). Il se transmet par contact direct avec du sang contaminé, lors de relations sexuelles ou directement de la mère à l'enfant.

Brève description

Il existe deux types de virus du VIH : le VIH-1, majoritaire en occident, et le VIH-2 que l’on peut trouver en Afrique de l’ouest.

Ils n’infectent que l’humain. L’infection s’acquiert par contact direct avec du sang contaminé, par relations sexuelles non protégées, ou par transmission directe de la mère à l’enfant.

Le virus s’attaque à un type particulier de cellules de notre système de défense immunitaire, les globules blancs appelés lymphocytes CD4 (ou cellules T4). C’est dans ces globules blancs CD4 que le virus se multiplie. Cela provoque la mort des CD4 et, avec le temps, conduit à une diminution du nombre de ces cellules dans le corps.
Après plusieurs années de multiplication du virus et en l’absence de traitement, le nombre des CD4 est ainsi abaissé jusqu’à un point où le corps n’en possède plus assez pour se défendre de manière appropriée contre certaines infections ou maladies (nommées infections ou maladies opportunistes). A ce stade de la maladie, on parle de sida.

Symptômes

Dans les semaines qui suivent l’infection par le VIH, un certain nombre de symptômes peuvent apparaître (symptômes de séroconversion). Ils ressemblent à ceux d’une grippe : fièvre, douleurs dans les articulations et les muscles, pharyngite, augmentation de la taille des ganglions (adénopathies). Des taches sur la peau et des lésions buccales ou génitales sont aussi possibles, et très rarement, des symptômes neurologiques (paralysie faciale, méningite).
Cette phase initiale de l’infection passe souvent inaperçue et de nombreuses personnes ne découvrent leur infection que tardivement. Il en résulte que durant cette phase précoce, le risque de contaminer quelqu’un d’autre sans le savoir (par exemple en ayant des relations sexuelles non protégées) existe déjà et est très élevé.

Au stade de sida, les malades présentent des symptômes qui varient selon les infections ou maladies opportunistes (absentes chez les personnes en bonne santé mais qui se développent chez les personnes dont les défenses immunitaires sont amoindries) alors présentes : pneumonie à Pneumocystiis jiroveci, toxoplasmose cérébrale, tumeur de la peau (sarcome de Kaposi) ou réactivation d’une tuberculose.

Entre ces deux stades extrêmes de la maladie, les personnes infectées ne présentent souvent pas de symptôme. Néanmoins, le virus continue de se multiplier et de détruire les globules blancs CD4.

Causes

L’infection se transmet par le sang, le sperme, les sécrétions vaginales et le lait maternel. Elle ne se transmet pas par la salive.

Facteurs de risque

Un risque de contamination existe dans les situations suivantes :

  • relations sexuelles non protégées (anale, vaginale ou fellation avec sperme dans la bouche)
  • échange de seringues lors d’usage de drogues
  • grossesse et allaitement
  • blessure causée par une aiguille contenant du sang contaminé

Ces dernières années en Suisse, les autorités de la santé (OFSP : Office fédéral de la santé publique) ont estimé le nombre de nouvelles infections par le VIH à environ 780 personnes/an. Celles-ci sont particulièrement nombreuses dans la communauté des hommes ayant des rapports sexuels avec d’autres hommes.

Traitement

Le traitement de l’infection par le VIH consiste à bloquer la multiplication du virus et donc la destruction des CD4 au moyen d’une trithérapie, un traitement qui associe trois médicaments parmi la quinzaine actuellement disponibles.

Le traitement (trithérapie) est introduit en tenant compte du nombre de CD4 mesuré dans le sang et parfois aussi sur le nombre de virus présent dans le sang (virémie). Ces deux paramètres sont contrôlés régulièrement chez les personnes infectées aussi bien pour savoir quand débuter la trithérapie que pour suivre son effet.

Si le traitement est efficace, la virémie devient indécelable dans le sang et le nombre de globules blancs CD4 remonte. Les défenses de la personne infectée se reconstituent alors, ce qui permet d’éviter le stade de sida.

A ce jour, il n’existe pas d’autre traitement que les trithérapies, qui sont prescrites pour toute la vie. Elles bloquent la réplication virale, mais ne permettent pas d’éliminer le virus du corps.

Evolution et complications possibles

Sans traitement (trithérapie), l’infection évolue vers le stade de sida, généralement en 7 à 10 ans.

Au contraire, les patients au bénéfice d’une trithérapie bien conduite, voient leurs défenses immunitaires s’améliorer et ne progressent plus vers le stade de sida. Ils restent toutefois porteurs de virus, mais sans être malades.

En l'état actuel de nos connaissances, l’espérance de vie des personnes qui bénéficient d’une trithérapie bien conduite, avec une bonne réponse au traitement, et d’un suivi médical régulier s’est grandement améliorée.

Prévention

Pour éviter la transmission du VIH lors de rapports sexuels, il faut utiliser un préservatif.

Pour éviter la transmission du virus d’une mère séropositive à son enfant, une trithérapie est prescrite pendant la grossesse. En Occident, l’allaitement n’est pas recommandé (cela peut être différent dans d’autres régions du monde où les ressources alimentaires peuvent faire défaut).

Enfin, il faut éviter tout contact avec du sang potentiellement contaminé (partage d’aiguilles, de seringues ou du matériel de consommation de drogues, etc.).

Prophylaxie en cas de suspicion d’infection

Si un contact potentiellement infectieux a eu lieu ou n’a pas pu être évité (relation sexuelle non protégée, rupture de préservatif, contact avec du sang ou injection de drogue), il est nécessaire de prendre contact au plus vite avec un service d’urgence ou un (votre) médecin. Celui-ci, après estimation du risque d’infection, pourra si nécessaire prescrire une prophylaxie post-expositionnelle (PEP).

Si une PEP est prescrite, il s’agira alors pour la personne exposée, de prendre une trithérapie (identique à celle donnée lors d’une infection avérée) pendant quatre semaines. Pour être efficace, ce traitement doit être débuté le plus rapidement possible, au plus tard dans les 48 à 72 heures qui suivent le contact potentiellement infectieux. Toutefois, ce traitement n'empêche pas toujours la survenue d’une infection par le VIH.

Quand contacter le médecin ?

Si un contact potentiellement infectieux a eu lieu ou n’a pas pu être évité (relation sexuelle non protégée, rupture de préservatif, contact avec du sang ou injection de drogue), il est nécessaire de prendre contact au plus vite avec un service d’urgence ou un (votre) médecin.

Un dépistage en dehors d’une situation d’urgence peut être effectué par le médecin traitant.

Les hôpitaux universitaires et des associations (associations homosexuelles ou de lutte contre le sida) proposent également des tests anonymes rapides (réponse en 15 minutes).

Informations utiles au médecin

Lors d’une demande de dépistage, le médecin s’intéressera en particulier à l’existence de situations à risque (relation sexuelle non protégée, rupture de préservatif, contact avec du sang ou injection de drogue), de tests antérieurs négatifs ou de symptômes suggestifs d’une séroconversion (voir : Symptômes).

Si le dépistage est positif, le médecin abordera la question des risques de contamination du/de la/des partenaire(s).

Examens

Les tests modernes de dépistage mesurent la réponse immunitaire du corps en présence du VIH (les anticorps), ainsi qu’un composant du virus (l’antigène P24).
Comme la réponse immunitaire dirigée contre le VIH (signalée par la présence des anticorps) peut prendre jusqu’à 3 mois pour se développer, ce test peut parfois être faussement négatif s’il est fait juste après l’infection. Dans ce cas, il doit être répété après 3 mois.

Si le test de dépistage est positif, le médecin demandera un deuxième test dit de confirmation. Si ce second test est positif, une mesure du taux de globules blancs CD4 et de la virémie (quantité de virus par millilitre de sang) sera effectuée. Ceci permettra de suivre l’évolution de l’infection et de décider de la nécessité ou non de débuter une trithérapie. La sensibilité du VIH aux différents médicaments utilisés dans la trithérapie sera également testée.

Références

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