Le simulateur d’urgences pédiatriques

Dernière mise à jour 15/07/13 | Article
Le simulateur d’urgences pédiatriques
Pour être prêts dans la plus grande urgence, la pédiatrie de Genève dispose depuis deux ans d’un simulateur. Régulièrement, son équipe répète des situations aiguës avec cet outil.

Victime d’un accident de voiture, Samuel, douze mois, vient d’être transféré aux urgences pédiatriques des Hôpitaux universitaires de Genève (HUG). Dans la salle de réanimation, cinq personnes s’affairent pour le maintenir en vie. Le choc reçu a causé une hémorragie au niveau de l’abdomen, un massage cardiaque est débuté. «Adrénaline!», «Je veux du volume!» Après quinze minutes sans relâche, il est sorti d’affaire.

Scène quotidienne dans un grand hôpital? Oui, sauf que Samuel est un mannequin. La réanimation à laquelle nous avons assisté était une simulation: un exercice permettant aux soignants de parfaire leur «ballet» dans des situations aiguës. Des cas qu’ils ne rencontrent pas tous les jours et qui nécessitent une réaction immédiate. «L’action doit être automatique, explique Sergio Manzano, médecin-adjoint au Service d’accueil et d’urgences pédiatriques des HUG. Dans ces moments-là, on n’a pas le temps de chercher la meilleure réponse dans les livres.»

Le simulateur d’urgences pédiatriques

Situation simulée: un enfant de douze mois heurté par une voiture.

Une simulation, donc, mais l’investissement des cinq participants (une aide-soignante, deux infirmières, un infirmier et une médecin) était, lui, tout à fait réel, de même que le stress qu’ils ont éprouvé. A quelques détails près, Samuel réagit comme un enfant : il respire, a un pouls, un rythme cardiaque. Des paramètres contrôlés par les deux instructeurs de la simulation et qui évoluent suivant le scénario et les gestes des soignants.

Après l’exercice, ces derniers visionnent avec les instructeurs un enregistrement de l’exercice au cours d’un débriefing exhaustif. Les participants décrivent les opérations qu’ils ont effectuées et les analysent. Chacun doit quitter la salle avec un point positif de son action et un point à améliorer à l’avenir. «Sans un tel débriefing, la simulation n’a pas de sens», insiste Kevin Haddad, infirmier coordinateur de l’exercice. C’est à ce moment que chaque participant peut prendre du recul et évaluer en parallèle son action et celle de l’équipe.

Pour quel gain? Un stress réduit quand l’équipe pratiquera les mêmes gestes «pour de vrai», détaille le Dr Manzano. Des gestes techniques rares (certaines préparations de médicaments, par exemple) qui seront effectués plus vite. Une prise de conscience aussi de l’importance d’une réévaluation régulière de l’état du patient et de la nécessité d’une communication précise qui permet de gagner en efficacité et en coordination.

 

Pour une visite en images de la salle où se déroule la simulation, consultez notre galerie Un mannequin aide les médecins à s'entraîner.

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