Le malaise vagal: impressionnant, mais souvent bénin

Dernière mise à jour 06/12/23 | Article
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Le malaise vagal est très fréquent, mais la plupart du temps sans répercussion directe sur la santé. Néanmoins, il peut s’accompagner d’une chute qui, elle, peut engendrer blessures et traumatismes.

«Le malaise vagal n’est pas grave, il est même bénin», rassure immédiatement le cardiologue genevois Abdul Etemadi du Centre de cardiologie des Nations. Il s’agit non pas d’une maladie, puisqu’aucun organe ne présente d’anomalies, mais d’un malaise dit réflexe, lié à une diminution de la pression artérielle ou de la fréquence cardiaque, voire des deux. Lorsque le malaise conduit à une perte de connaissance brève, on parle de syncope.

Les mécanismes aboutissant à un malaise vagal ne sont pas très bien connus. Une douleur vive par exemple pourrait déclencher un réflexe qui activerait le système nerveux autonome, qui ne nécessite aucune volonté pour fonctionner. S’ensuivrait une diminution de la fréquence cardiaque et/ou de la pression artérielle, et donc une moins bonne oxygénation du cerveau, qui serait la cause du malaise. Rapidement après, ces différents paramètres reviennent à la normale. La personne retrouve ses esprits et il n’y a en principe pas de conséquence physique directe sur sa santé.

Reste qu’au moment de la perte de connaissance, la personne peut tomber et se blesser gravement. C’est donc parce qu’il augmente le risque de traumatisme crânien que le malaise vagal est problématique. Il devient également très handicapant s’il se produit fréquemment. «Il n’y a pas de profil particulier pour les personnes qui en souffrent, tout le monde peut être concerné, souligne le Dr Etemadi. Une fois dans sa vie ou à répétition.»

Des causes à repérer

Les déclencheurs d’un malaise vagal varient d’une personne à une autre. Pour certaines, ce sera la vue du sang. Pour d’autres, une déshydratation, un moment prolongé passé debout dans un espace clos, un effort physique important, une émotion forte ou une prise de sang. Un malaise se produirait d’autant plus facilement que la personne est fatiguée ou stressée.

Il est important de connaître ces facteurs déclenchants pour pouvoir, dans la mesure du possible, les éviter. Il est également essentiel de repérer les signes annonciateurs d’un malaise, tels que sueurs, fatigue, sensation de bouche sèche, nausées, vue trouble, voile noir qui passe devant les yeux, étourdissement. «Dès l’apparition de ces symptômes, il est conseillé de s’allonger et de lever les jambes pour favoriser le retour veineux. Cela peut permettre de remettre la machine en route et ainsi d’éviter une chute et un traumatisme crânien», explique le médecin genevois. Il est dans tous les cas important de ne pas essayer de se lever ou de tenter de se rendre aux toilettes.

Pas de traitement préventif efficace

Il n’existe pas de traitement préventif pour éviter un malaise vagal. «Dans une certaine population, chez qui la chute de la fréquence cardiaque est prédominante, il est possible, afin de prévenir un malaise directement lié à un problème au niveau du débit cardiaque, de poser un pacemaker, précise le cardiologue. Mais cela reste très rare et pour un groupe de patients très restreint.»

Il peut être conseillé à certains, notamment ceux qui ont des tensions basses, de porter des bas de contention. De boire suffisamment aussi, «deux à trois litres, avec des sels minéraux si nécessaires, précise le spécialiste, et éventuellement de discuter avec son généraliste pour diminuer ou suspendre certains traitements susceptibles de favoriser ces malaises». Mais l’identification des causes et des premiers signes reste certainement la technique la plus efficace pour prévenir les risques d’un malaise vagal. «Et si ces malaises deviennent handicapants, il ne faut pas hésiter à consulter son généraliste», conclut le Dr Etemadi.

Une désensibilisation au malaise vagal?

Des manœuvres dites de contraction isométrique permettraient d’éloigner la survenue d’un malaise vagal. En quoi consistent ces techniques? L’une d’entre elles propose, en position debout puis assise, de contracter modérément les muscles des bras et des jambes durant une trentaine de secondes. Un exercice court et peu intense à répéter plusieurs fois. D’autres manœuvres physiques du même type impliquent un serrage fort des mains ou des mâchoires ou le fait de croiser les jambes. Comment fonctionnent-elles? En améliorant le retour veineux et en augmentant la pression artérielle. Des techniques à tester dès que les premiers signes apparaissent. Si la personne sent malgré tout le malaise se rapprocher, elle devra s’asseoir ou si possible s’allonger. Ces manœuvres, certes contraignantes, méritent selon certains spécialistes d’être essayées. «Une étude belge a aussi évalué une technique de désensibilisation au malaise vagal, ajoute le Dr Abdul Etemadi, du Centre de cardiologie des Nations à Genève. Les chercheurs ont placé les participants sur une table inclinée en position debout, jusqu’à provoquer le malaise. Ils étaient par la suite placés les jambes vers le ciel afin de rétablir une circulation sanguine satisfaisante. Un peu à la manière d’une désensibilisation à une allergie, il a été possible pour certains de maîtriser leurs malaises.»

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Paru dans Planète Santé magazine N° 51 – Décembre 2023

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