En voir de toutes les couleurs

Dernière mise à jour 05/10/21 | Article
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Les fleurs, les fruits, les arbres, le ciel, l’eau, les animaux… Partout où l’on regarde, la nature nous offre un spectacle de couleurs. Comment nos yeux font-ils pour les percevoir? Le Dr François Thommen, co-responsable de la policlinique et des urgences de l’Hôpital ophtalmique Jules-Gonin, nous l’explique.

D’où vient la couleur? 

C’est grâce à la lumière que nous voyons les couleurs. On ne s’en rend pas vraiment compte mais la lumière est faite d’ondes, elles-mêmes composées de particules de couleurs différentes. Prenons l’exemple d’une tomate. Si nous la voyons rouge, c’est parce que les pigments de cette couleur-là qui sont à sa surface réfléchissent – comme un miroir – les longueurs d’onde de la lumière qui correspondent au rouge. Toutes les autres ondes – qui correspondent aux autres couleurs – sont comme absorbées par la peau de la tomate, ce qui explique qu’on ne la voit ni verte ni bleue. Pour un cahier bleu, c’est le même phénomène. Mais cette fois, les ondes qui correspondent à la couleur bleue sont réfléchies, comme si elles rebondissaient, alors que les ondes rouges ou vertes sont comme mangées par la surface du cahier. 

Le rôle des photorécepteurs 

Au fond de notre œil se trouve la rétine, qui est composée en partie de cellules sensibles à la lumière: les photorécepteurs (les bâtonnets et les cônes). Les bâtonnets nous permettent de voir même quand il y a peu de lumière. Les cônes, eux, sont responsables de la vision des couleurs et des détails. Il existe trois familles de cônes, définies par leur longueur d’onde. Les plus longs sont plus sensibles au rouge, les moyens au vert et les plus courts au bleu. Notre œil est capable de voir et combiner ces trois couleurs primaires. À partir de ces informations, notre cerveau peut décoder et percevoir une palette très vaste de couleurs. Il est comme un peintre qui ferait des mélanges à partir des couleurs primaires. 

Le daltonisme 

C’est une anomalie de la perception des couleurs, inscrite dans nos gènes. Une personne daltonienne confond des paires de couleurs, le plus souvent le rouge et le vert, plus rarement le bleu. Lorsqu’il manque un type de cônes, par exemple les rouges, le cerveau ne reçoit pas le signal de la couleur rouge, ou plutôt de la longueur d’onde correspondante. C’est pourquoi on aura alors du mal à distinguer les nuances de rouge des autres couleurs. De la même façon, on peut avoir de la peine à percevoir les nuances de vert si les cônes verts ne fonctionnent pas. On estime qu’environ 5 à 8 personnes sur 1’000 sont concernées, essentiellement des garçons. Le daltonisme perturbe la perception des couleurs mais n’empêche pas une bonne vision et permet de vivre normalement, si bien que certains ne savent même pas qu’ils en sont atteints! À part quelques métiers comme conducteur de train ou pilote militaire, qui exigent une vision normale des couleurs, toutes les professions sont a priori ouvertes aux daltoniens. 

Plus rarement… 

Certaines personnes ne voient qu’en noir et blanc. Ce trouble de la vision, appelé achromatopsie, est dû à une absence de cônes dans la rétine ou à leur dysfonctionnement. Une lésion dans le cerveau peut aussi empêcher la vision en couleurs, même si l’œil fonctionne très bien.

Chez les bébés 

À la naissance, l’enfant perçoit mal les contrastes et ne distingue pas les couleurs, car son système visuel n’a pas atteint sa maturité. Au cours des premières années de vie, son champ visuel s’agrandit peu à peu, sa vision devient plus nette, plus précise et plus colorée.

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Article repris du site  BienVu!

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