Il est possible d’améliorer la vie des personnes incontinentes

Dernière mise à jour 08/10/13 | Article
Il est possible d’améliorer la vie des personnes incontinentes
Cinq conseils pratiques pour remédier aux situations les plus handicapantes.

On ne parle généralement pas ouvertement de l’incontinence (voir notre fiche maladie à ce sujet): ce handicap gène terriblement et ceux qui en souffrent en ont le plus souvent honte. Il n’en reste pas moins que des progrès sont accomplis dans la prise en charge des différentes formes de cette pathologie – qu’il s’agisse de la prévenir ou d’en réduire les conséquences pratiques. Ce sujet vient de faire l’objet d’une synthèse actualisée réalisée par des chercheurs de la Harvard Medical School1 qui démontre de manière concrète que l’on peut améliorer la qualité de vie des personnes concernées. Ses principales conclusions pratiques ont été reprises et résumées par la rédaction du site Santelog qui s’adresse aux professionnels de santé francophones.

Une estime de soi dégradée

On sait combien l’incontinence peut être une situation épuisante (physiquement) et perturbante (émotionnellement). Ce handicap est généralement de nature à dégrader l’estime de soi chez les personnes qui en sont atteintes. Un phénomène qui, une fois installé, peut avoir de multiples conséquences négatives. C’est dire l’importance que l’on doit accorder aux mesures qui permettent d’en prévenir ou d’en pallier les conséquences, qu’il s’agisse des exercices du périnée ou du port de protections adaptées.

«Le bilan de la Harvard Medical School se veut rassurant pour la prévention comme pour la réduction des accidents, le diagnostic et les traitements de la vessie et des affections intestinales qui permettent de s'attaquer aux causes de la plupart des types d'incontinence urinaire et fécale», résume la rédaction de Santelog. Sans oublier toutefois que les causes premières de l’incontinence sont difficiles à prévenir; qu’il s’agisse, chez la femme, de l’incontinence observée après certains accouchements difficiles ou, chez l’homme, de l’incontinence qui suit une intervention chirurgicale sur la prostate.

Cinq mesures pour améliorer son quotidien

Les auteurs du rapport de Harvard proposent cinq mesures qui, au quotidien, ont aujourd’hui fait preuve de leur utilité.

La surveillance de son poids

L’excès pondéral peut ne pas être étranger aux manifestations de l’incontinence, ce qui est tout particulièrement vrai chez les femmes. Les excès de graisse abdominale affaiblissent la tonicité des muscles du plancher pelvien. Ils favorisent ainsi l’apparition et le développement d’une incontinence d'effort. Dans certains cas le simple fait de perdre du poids peut réduire, voire faire disparaître, les manifestations de l’incontinence. On comprend que l’objectif de retrouver sa continence peut constituer une motivation solide et durable de perte (ou de contrôle) de son poids.

L’arrêt du tabac

Le fait de fumer menace la continence en doublant le risque d’incontinence d’effort et «par impériosité».

Le maintien d’une activité physique

Une analyse des données de la cohorte américaine Nurses’ Health Study montre que les femmes les plus actives physiquement sont aussi celles qui sont les moins susceptibles de développer une incontinence.

La réduction des facteurs irritants pour la vessie

La consommation de caféine (comme de boissons alcooliques) est liée à l'incontinence «par impériosité». Il semble en aller de même avec les boissons gazeuses, l’aspartame, les aliments épicés et les jus d’agrumes.

Aller à la selle avec une intensité modérée

L’effort que représente ce geste peut, au fil du temps, contribuer à affaiblir la tonicité des muscles du plancher pelvien. Les auteurs américains citent une étude menée auprès de personnes âgées qui suggère que le traitement de la constipation améliore notamment la fréquence et l'impériosité des symptômes urinaires. En dehors des traitements actifs des épisodes de constipation, l'augmentation des apports en fibres alimentaires peut, de manière naturelle, contribuer à prévenir ces épisodes douloureux de blocage du transit intestinal.

    

Les auteurs de la Harvard Medical School soulignent l’importance d’un accès élargi à des traitements non invasifs et à des protections de plus en plus efficaces. Ils rappellent que les pertes involontaires d'urine ne doivent pas rester une souffrance silencieuse, que les personnes concernées doivent trouver la force d’en parler à leur médecin. Ces derniers (ou d’autres professionnels de santé) doivent aussi trouver les moyens de dialoguer sans honte sur ce sujet. Une fois le problème évoqué, un bilan de la continence doit être réalisé et les solutions adaptées mises en œuvre.

   

1. Cette étude (payante et en anglais) est commercialisée parHarvard Health Publications.

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