Incontinence urinaire

Dernière mise à jour 24/04/13 | Maladie

On parle d’incontinence urinaire en cas de fuites d’urine involontaires, essentiellement durant la journée.

Brève description

On parle d’incontinence urinaire en cas de fuites d’urine involontaires, essentiellement durant la journée. Si les pertes d’urine surviennent la nuit, on parlera plutôt d’énurésie nocturne, un problème qui concerne surtout les enfants.

L’incontinence urinaire est très fréquente, en particulier chez les femmes qui ont eu des enfants. Le plus souvent, il s’agit d’un désagrément isolé. Il est extrêmement rare que l’incontinence urinaire soit le signe annonciateur d’une maladie grave.

Symptômes

Les fuites d’urine peuvent se manifester selon trois formes principales, qui sont souvent mélangées à divers degrés :
 

  • Incontinence de stress : perte de petites quantités d’urine lors des efforts qui augmentent la pression dans le ventre, par exemple lorsque l’on porte une charge, tousse, éternue ou a un fou rire.
     
  • Incontinence d’urgence : besoin très impérieux et urgent d’aller uriner, qui peut s’accompagner d’une perte d’urine avant d’avoir pu atteindre les toilettes.
    L’incontinence d’urgence peut survenir dans le cadre du syndrome de vessie hyperactive, qui associe des besoins impérieux (avec ou sans fuite) et très fréquents d’aller uriner, avec parfois une nycturie, c’est-à-dire à la nécessité de se relever plusieurs fois la nuit pour aller uriner.
     
  • Incontinence par regorgement (« trop plein ») : pertes d’urine goutte-à-goutte, tout au long de la journée. Ce type d’incontinence est lié à un obstacle empêchant la vessie de se vider. Celle-ci, trop pleine, a en quelque sorte tendance à « déborder ». Une nycturie, une diminution de la puissance du jet urinaire et une difficulté à initier la miction (action d’uriner) peuvent également être associées.

Causes

Les causes de l’incontinence urinaire sont très nombreuses. Elles varient selon la forme d’incontinence et peuvent s’associer entre elles. Les principales causes sont :

 

Chez la femme
 

  • un affaiblissement des muscles du périnée (ou plancher pelvien) est souvent en cause. Ces muscles, situés en bas du bassin, soutiennent la vessie et contribuent au contrôle de l’évacuation de l’urine et des selles. Ils ont tendance à se relâcher avec l’âge, et peuvent être affaiblis par les grossesses et les accouchements. L’incontinence sera alors plutôt de type stress.
     
  • l’incontinence d’urgence est généralement due à une hypersensibilité ou à une hyperactivité vésicale : le muscle de la vessie se contracte soit de façon anarchique, soit de façon prématurée (avant que la vessie soit pleine). Ce dysfonctionnement est généralement isolé, mais peut parfois être secondaire à certaines maladies chroniques. (diabète ou maladies neurologiques telles que sclérose en plaque, canal lombaire étroit, antécédent d’attaque cérébrale, etc.)

 

Chez l’homme
 

  • la cause la plus fréquente est une augmentation du volume de la prostate, qui fait obstacle à la vidange de la vessie, avec une incontinence par regorgement et/ou une hyperactivité secondaire de la vessie.

Facteurs de risque

De nombreux autres facteurs peuvent jouer un rôle dans la survenue d’une incontinence urinaire :
 

  • l’âge
  • la sédentarité
  • l’obésité
  • le tabagisme
  • certains médicaments (notamment les diurétiques : médicaments qui font uriner)
  • la constipation
  • les difficultés à se déplacer (empêchant d’arriver à temps aux toilettes)
  • le diabète
  • les maladies neurologiques (sclérose en plaque, attaque cérébrale, canal lombaire étroit, maladie de Parkinson, etc.)
  • la chirurgie et la radiothérapie du bas-ventre (en particulier pour les cancers de la prostate)
  • chez les femmes : les grossesses, les accouchements, la ménopause

Traitement

Avec une prise en charge adéquate, la majorité des personnes touchées observent une nette amélioration.

Les traitements varient en fonction de la cause et de la gravité de l’incontinence urinaire. Selon les situations, le médecin pourra proposer des médicaments, une physiothérapie, voire une intervention chirurgicale. Des modifications de l’hygiène de vie (voir : Prévention), et en particulier la gymnastique du périnée, peuvent également contribuer grandement à l’amélioration des symptômes.

Il existe aussi de nombreuses protections (pour contenir les fuites) que l’on peut se procurer dans certains grands magasins et dans les pharmacies. Elles sont adaptées aussi bien aux hommes qu’aux femmes. Selon la sévérité de l’incontinence, un remboursement par l’assurance maladie est possible, moyennant une prescription médicale.

 

Médicaments

  • certains médicaments (de la famille des anticholinergiques comme par exemple la toltérodine (Detrusitol), la solifénacine (Vesicare), la darifénacine (Emselex), la fésotérodine (Toviaz) diminuent la sensibilité et les contractions de la vessie. Leur efficacité est variable d’une personne à l’autre. Les effets secondaires principaux sont une sécheresse de la bouche et de la constipation.
  • des ovules vaginaux d’œstrogènes peuvent améliorer les symptômes chez certaines femmes au moment de la ménopause.
  • en cas d’agrandissement de la prostate, un traitement alpha-bloquant (tamsulosine (Pradif, Omix, et autres), alfuzosine (Xatral et autres)) peut permettre une meilleure vidange de la vessie et diminuer les épisodes d’incontinence.

 

Physiothérapie

Il existe de nombreuses techniques qui ont fait leurs preuves ; elles sont en général basées sur l’association de gymnastique du périnée et de rééducation de la vessie. La gymnastique du périnée (Technique de Kegel) vise au renforcement musculaire du plancher pelvien par des contractions ciblées de ces muscles, à entraîner plusieurs fois par jour.

Si nécessaire, le physiothérapeute peut s’aider de biofeedback (technique permettant de visualiser sur un écran des signaux physiologiques inconscients, comme par exemple des contractions musculaires (dont celles de la vessie), l'activité cardiaque, les ondes cérébrales, ...) ou d’électrostimulation (stimulation de la contraction musculaire par de faibles courants électriques) pour permettre au patient de mieux sentir et contrôler les muscles de son plancher pelvien. Ce renforcement musculaire est associé à une rééducation de la vessie. La personne apprend à augmenter progressivement l’intervalle entre les mictions (action d’uriner).

 

Chirurgie 

Selon les situations, une opération peut également être nécessaire, soit d’emblée, soit lorsque la physiothérapie ne donne pas de résultats suffisants.

Chez la femme, il s’agit le plus souvent d’interventions visant à soutenir la vessie, et chez l’homme, d’une opération de la prostate. Les spécialistes en urologie ou en gynécologie disposent d’un grand nombre de techniques spécifiques, dont certaines sont très peu invasives (opérations par de petites incisions, ne nécessitant qu’un court séjour à l’hôpital ou en clinique), adaptées aux différentes causes d’incontinence urinaire.

Evolution et complications possibles

L’évolution de l’incontinence urinaire est variable, selon sa cause. Des problèmes secondaires peuvent parfois apparaître, tels qu’une irritation de la peau du périnée ou des infections urinaires. L’estime de soi peut également être altérée, ainsi que la vie intime.

Selon la sévérité de l’incontinence, celle-ci peut aussi représenter un handicap pour la vie sociale : les personnes affectées peuvent se sentir obligées de planifier leurs déplacements en s’assurant d’avoir toujours des toilettes à proximité, voire de renoncer à certaines sorties.

Prévention

En dehors des traitements médicaux prescrits par le médecin, il existe plusieurs modifications de l’hygiène de vie que chacun peut mettre en œuvre pour prévenir l’apparition d’une incontinence urinaire, ou la réduire si elle est déjà présente :
 

  • faire de l’exercice physique régulièrement
  • faire régulièrement de la gymnastique du périnée soit seul, soit dans le cadre de cours dispensés dans des fitness (Pilates par exemple)
  • garder (ou retrouver) son poids de santé
  • éviter l’alcool, le tabac, et la caféine
  • boire adéquatement (entre un et deux litres par jour) : limiter fortement les boissons peut être dangereux et n’aide pas la vessie à retenir l’urine
  • si les fuites urinaires surviennent surtout la nuit, il est par contre recommandé de diminuer les boissons dès le milieu de l’après-midi, et de surélever les jambes pendant une heure dans l’après-midi.
  • vérifier, avec votre médecin, si certains des médicaments que vous prenez n’ont pas tendance à favoriser l’incontinence urinaire.

Quand contacter le médecin ?

L’incontinence urinaire est souvent un sujet tabou, parfois considérée comme une fatalité liée au vieillissement. Peu de personnes osent en parler à leur médecin. Pourtant, il est presque toujours possible de soigner ce désagrément. Il vaut donc la peine de consulter pour obtenir un diagnostic précis et un traitement efficace.

 

Il n’y a en général pas d’urgence à consulter, sauf si les fuites d’urine s’accompagnent de signes évoquant :
 

  • une infection urinaire : brûlures en urinant, besoins très fréquents d’uriner, sang dans l’urine, fièvre.
  • une rétention d’urine : jet urinaire très faible, besoin de devoir uriner absolument, tout en ayant la sensation de ne pas avoir complètement vidé sa vessie, avec de très fortes douleurs dans la région du bas-ventre.
  • une polyurie : soif intense, avec des quantités d’urine qui sont beaucoup trop importantes (plus de 3 litres par jour).
  • une compression des nerfs du bas du dos : douleurs du bas du dos, engourdissement du périnée, perte de force dans les membres inférieurs

 

Voir aussi : J’ai des pertes d’urine

Informations utiles au médecin

Le médecin cherchera à préciser de quel type d’incontinence il s’agit (de stress, d’urgence ou par regorgement (voir : Symptômes).

Pour pouvoir mieux le renseigner, il est très utile de remplir, avant la consultation, un calendrier mictionnel pendant trois jours, en indiquant les boissons, l’heure et la quantité des urines, l’heure et l’importance des éventuelles fuites, ainsi que les circonstances des fuites (besoin urgent, effort).

Examens

Le médecin effectuera un examen physique ainsi qu’un contrôle de l’urine pour rechercher des signes d’infection ou la présence de sang dans l’urine. Des examens plus spécialisés peuvent être nécessaires ; ils varient selon le type d’incontinence.

Références

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