Mesurer l’intensité des UV pour mieux s’en protéger

Dernière mise à jour 22/07/14 | Article
Mesurer l’intensité des UV pour mieux s’en protéger
Des applications permettent de calculer son exposition au soleil afin d’adapter ses comportements. Sont-elles fiables? L’avis de spécialistes.

Lézarder sur la plage, randonner à la montagne ou naviguer: les beaux jours incitent à profiter du soleil. D’autant que ses rayons sont bénéfiques: «Ils sont nécessaires, explique Wolf-Henning Boehncke, chef du service de dermatologie des Hôpitaux universitaires de Genève (HUG). Ils permettent de produire de la vitamine D, et de prévenir ainsi l’ostéoporose, et sont importants pour notre psychisme.» Mais la médaille a son revers: les rayons UV sont non seulement responsables de cuisants coups de soleil, mais ils augmentent le risque de développer des cancers cutanés (carcinomes ou mélanomes). En outre, ils accélèrent le vieillissement de la peau, affectent les yeux (en favorisant la cataracte) et provoquent parfois des insolations. Donc le soleil, oui, mais avec modération.

Du bronzage au coup de soleil

   

Bracelets et T-shirts

Cependant, comment savoir qu’il est temps de se mettre à l’ombre? Divers objets connectés et applications se proposent de calculer l’indice UV, qui mesure l’intensité du rayonnement ultraviolet et le risque qu’il présente pour la peau (lire encadré). Comme les bracelets anti coups de soleil qui changent de couleur pour indiquer à son utilisateur qu’il s’est suffisamment exposé pour la journée. «Des T-shirts font la même chose, mais ces dispositifs ne sont pas connectés à Internet et ils ont donc un intérêt limité», selon Christian Lovis, médecin-chef du service des sciences de l’information médicale aux HUG. Ils ne fournissent en effet qu’une information ponctuelle. Or la dose d’UV cumulée au cours du temps devrait aussi être calculée, car c’est elle qui provoque les cancers cutanés.

Vrai ou faux?

Le soleil d’août est plus nocif que celui de mai.

Faux. En plein été, le soleil brille plus intensément qu’au printemps, mais c’est en mai que l’on s’expose en général pour la première fois de l’année au soleil. La peau n’a pas encore eu le temps de bronzer et est donc plus sensible aux rayons UV et à leurs effets délétères.

Le soleil est plus dangereux en montagne qu’en plaine.

Vrai. A mesure que l’on grimpe en altitude, la couche atmosphérique s’affine et filtre moins les rayons solaires. On estime que l’indice UV (qui mesure l’intensité du rayonnement UV et le risque qu’il représente pour santé) augmente de 10% à chaque fois qu’on s’élève de 1000 mètres. Sur la neige ou près de l’eau, l’effet est accru par la réverbération des rayons.

Les peaux foncées ne risquent ni coups de soleil ni cancers de la peau.

Faux. Tous les types de peau –y compris les noires– sont affectés par les rayons UV qui peuvent provoquer des coups de soleil et induire des cancers cutanés. Toutefois, une peau blanche rougit plus vite et développe plus facilement des cancers qu’un épiderme plus foncée, qui doit s’exposer plus longuement pour subir les mêmes effets des UV.

Selon Christian Lovis, mieux vaut utiliser des objets connectés, comme ces dispositifs «que l’on met sur son balcon, dans son jardin ou à côté de soi sur la plage et qui mesurent l’exposition aux UV à l’endroit précis où l’on se trouve». En attendant l’arrivée d’objets que l’on porte sur soi, comme le bracelet June que Netatmo, son fabricant, présente dans ces termes: «Le premier bijou qui mesure l’exposition totale reçue à chaque instant, ainsi que l’exposition totale reçue par la peau dans la journée.» Christian Lovis précise toutefois que ledit bracelet n’étant pas encore commercialisé, son efficacité n’a pas été testée. Ce qui n’empêche pas que la tendance est aux objets connectés et esthétiques, et d’autres bijoux (bracelets, colliers, boucles d’oreilles, voire piercings) devraient prochainement apparaître.

Des indications utiles mais incomplètes

La plupart des applications et des objets connectés proposés pour aider à se protéger du soleil mesurent l’indice UV, une échelle qui quantifie l’intensité du rayonnement ultraviolet et le risque qu’elle présente pour la peau. Si le niveau est de 1 ou 2, il est considéré faible et ne nécessitant que peu de protection, alors qu’au-delà de 11, le risque est «extrême» et une peau non protégée sera endommagée et pourra brûler en quelques minutes. Toutefois, cet indice n’est qu’indicatif. Les effets du soleil dépendent en effet du type de peau – un paramètre que la plupart des dispositifs prennent en compte – mais aussi de «la sensibilité individuelle», précise Wolf-Henning Boehncke, chef du service de dermatologie des Hôpitaux universitaires de Genève (HUG). Ce paramètre est d’ailleurs mesurable, mais actuellement, seuls les dermatologues peuvent l’évaluer. «Cet indice n’est finalement pas très utile dans la vie quotidienne, conclut le dermatologue des HUG. Il ne me dit pas si je peux aujourd’hui, sans trop m’exposer, grimper sur le Mont-Blanc ou naviguer sur le lac.»

Selon le type de peau

Sont également disponibles certaines applications qui fournissent l’indice UV du jour (comme SoleilRisk, valable pour la France), ou UV Diagnostic solaire, Sunscreen et UV Safe Timer, qui proposent un «autodiagnostic» après que l’utilisateur a indiqué son type de peau.

Wolf-Henning Boehncke juge ces dispositifs «utiles pour sensibiliser la population aux dangers du soleil, surtout les hommes qui ont tendance à être moins préoccupés que les femmes par les problèmes de peau». Christian Lovis est plus nuancé. S’il loue le fait que «les applications redonnent aux personnes le pouvoir de mesurer et de prendre en charge leur santé», il doute que les mesures qu’elles délivrent soient complètement fiables: «Si mon capteur est sur une partie de mon corps à l’ombre, comment sera-t-il capable de capter les rayons qui sont en train de me brûler le dos?» s’interroge-t-il. Il faudrait aussi que les objets et applications prennent en compte le type et la sensibilité de la peau de chacun. Sans compter qu’il serait nécessaire de commencer à calculer l’exposition solaire dès le plus jeune âge, puisque ce sont les gros coups de soleil pris pendant l’enfance qui entraînent le plus de risques de développer un mélanome à l’âge adulte.

«Si l’on croit posséder toutes les informations nécessaires, on risque de ne pas utiliser son intelligence», souligne Wolf-Henning Boehncke. Plutôt que se reposer entièrement sur la technologie, mieux vaut donc faire appel à son bon sens.

  

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UV Sage Timer
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