Quand ils stressent, les hommes préfèrent les rondes

Dernière mise à jour 21/08/12 | Article
Une femme heureuse
La femme «corpulente», la femme «refuge», la femme faite de «rondeurs», la femme «accueillante», la femme «protectrice» n’est pas un mythe. Selon des chercheurs britanniques ce serait une affaire de «sécurité environnementale» qui rendrait irrésistibles les femmes en surpoids aux yeux des hommes stressés.Voilà bien une approche roborative qui, par effet de contagion, déstressera les replètes.

En anglais, langue charmante, cela donne “The Impact of Psychological Stress on Men's Judgements of Female Body Size”. Tout est dit dans ce titre de la publication d’une étude britannique publiée sur le site de la revue PLoS ONE. Quant à l’article, il conclut en substance à l’appétence des hommes (hétérosexuels) pour les femmes corpulentes, voire en surpoids. Selon les auteurs britanniques de ce travail, ce phénomène aurait à voir avec une quête de «sécurité environnementale» chez les hommes stressés. L’affaire est a priori suffisamment originale pour que l’on se penche sur son contenu.

La publication est signée de Viren Swami ( Department of Psychology, University of Westminster, HELP University College, Kuala Lumpur)et Martin J. Tovée (Institute of Neuroscience, Newcastle University, Newcastle-upon-Tyne). Les deux auteurs n’ont déclaré aucun conflit d’intérêt. La théorie de la «sécurité environnementale» fait valoir que les hommes «en période de stress» seraient plus «attirés» par des femmes plus corpulentes, ces dernières évoquant du fait même de leurs rondeurs des formes de recours potentiel et de sécurité dans les moments difficiles. Les auteurs ajoutent que cette théorie va jusqu’à suggérer que l’idéal féminin est tout en rondeurs (prononcez curvy) en période de crise économique et tout en longueur (champi-like) en période de croissance. En élargissant le propos, on pourrait aussi associer ici rondeur et blondeur (1).

Des réserves en période de crise

Disons-le autrement : quand l’accès aux ressources vitales devient plus aléatoire, corpulence et accès à la nourriture seraient en quelque sorte plus ou moins inconsciemment associés. Coffre-fort calorique la graisse devient de l’or. Sans doute est-ce le même réflexe qui voit les humains stocker des bouteilles d’huile (et du sucre) à l’annonce d’une possible disette. Pour les auteurs, «la graisse corporelle est un facteur prédictif fiable de la disponibilité alimentaire».

Vrai ou pas, on pourrait parier chez les bookmakers que cette adéquation entre les formes féminines et le stress des chasseurs mâles ne soit guère du goût des gardiens du temple moderne de la parité. La théorie pourrait en revanche faire –si elle n’est pas déjà connue- le bonheur des marchands de mode et des magazines féminins qui vivent de ce commerce. 

Comment en parvient-on à une telle conclusion? Pour leur expérience, les auteurs ont recruté quatre-vingt un  étudiants hétérosexuels (auto-déclarés) masculins, âgés en moyenne de vingt-deux ans. Après épreuve de la courte-paille, ils ont été assignés soit au groupe «stress» (quarante-et-un), soit au groupe témoin (quarante). Les participants du premier groupe ont été stressés de manière intensive durant un quart d’heure. Suffisamment pour qu’une réponse psycho biologique objective (niveaux de cortisol) soit enregistrée. Comment deux psychologues stressent-ils aujourd’hui un étudiant britannique âgé en moyenne de vingt-deux ans? En le transformant en demandeur d’emploi devant un micro et face à quatre personnes et en lui demandant d’effectuer des tests de calcul mental le plus rapidement possible.

Vingt minutes plus tard, le cobaye en est à son pic de stress biologique. Vous l’invitez alors à se mettre à table pour remplir une échelle de notation sur ses préférences intimes quant à la corpulence des femmes. Pour ce faire, vous disposez d’une échelle comportant dix photographies, images standardisées de femmes vues de face, avec des tailles correspondant à des indices de masse corporelle (IMC) allant de ce qu’il faut bien appeler la maigreur jusqu’à un enrobage atteignant l’obésité.

Crise ou pas, le corps maigre n’est jamais préféré

Conclusion: les faveurs des hommes «sous pression» vont de manière statistiquement significative vers des IMC féminins au dessus de la normalité hygiéniste. Et les jeunes hommes du groupe non stressé ne manifestent nullement d’attirance spontanée pour cette fourchette de corpulence. On observera toutefois qu’il n’y a pas de différence entre les deux groupes quant à la minceur minimum attrayante chez une femme. Qu’on se le dise : qu’ils soient stressés ou pas, les jeunes hommes (hétérosexuels et britanniques) ne considèrent pas les corps (féminins) trop minces comme remplissant les canons de l’esthétique.

Le site français santelog.com rapporte qu’à peine les conclusions de cette étude connues, certains médias britanniques sont allés, en plaisantant,  jusqu’à prodiguer des conseils: inviter, en ces temps de crise, les femmes en quête d’un cœur (masculin) à prendre quelques kilogrammes supplémentaires. Il convient néanmoins de rappeler que ce conseil ne vaut que pour les femmes à la recherche d'un homme dont les nerfs sont en permanence à vifs. On en trouverait à la pelle aujourd’hui, dit-on, dans le quartier de la City.

Question relative à la parité : qui conduira l’enquête visant à cerner les évolutions des appétences corporelles féminines en temps de crise économique mondialisée? C’est là une question de santé publique. Et d’actualité.

(1) Cette publication pourra être rapprochée, en mode inversé, au célèbre film Les hommes préfèrent les blondes. (Gentlemen Prefer Blondes). On rappellera ici aux plus jeunes qu’il s’agit d’une comédie musicale signée Howard Hawks datant du début des Trente Glorieuses (expression créée par l’économiste français Jean Fourastié, 1907-1990).  L’action se situe dans le milieu des danseuses américaines de revues. Opposition totale entre les caractères des deux vedettes: Lorelei Lee et Dorothy Shaw. Lorelei, blonde naïve, n'a d’appétence naturelle que pour les hommes riches et le mot «diamant». Dorothy, brune et tout sauf naïve, tombe toujours amoureuse d'hommes honnêtes mais peu fortunés. Lorelei est joué par Marylin Monroe dont on célèbre actuellement le cinquantenaire de la disparition tragique (à lire: «Marylin, dernières séances» de Michel Schneider, Editions Grasset).

Psychologues, cinéphiles et économistes observeront que le titre complet de ce film, sorti en 1953, était Howard Hawks' Gentlemen Prefer Blondes. Il s’agissait en effet d’un remake d'un film muet homonyme de Malcolm St. Clair, Gentlemen Prefer Blondes.Ce dernier était sorti en 1928. Soit, on le sait, précisément un an avant 1929 et ce qui survint cette année-là.

A LIRE AUSSI

Libido
libido_femme_frequent

Problèmes de libido chez la femme: un trouble sexuel fréquent mais mal connu

Alors que la médecine actuelle reconnaît l’importance du désir sexuel féminin, ses troubles sont souvent...
Lire la suite
Libido
libido_femme_traitements

Problèmes de libido chez la femme: diagnostic et traitements

Bonne nouvelle, il existe plusieurs remèdes à un trouble du désir! Grâce au diagnostic médical et à certaines...
Lire la suite
Borderline
Enfant triste

Comment apparaît le trouble de la personnalité borderline?

Ces dernières décennies, des recherches approfondies ont été consacrées aux origines du trouble de la...
Lire la suite
Articles sur le meme sujet
niveau_vie_vieillissement_cerveau

Le niveau de vie pourrait avoir un impact sur le cerveau

Avec l’âge, les fonctions cognitives ont tendance à diminuer. Toutefois, les seniors sont loin d’être tous égaux face à ce déclin. Les facteurs socio-économiques expliquent-ils en partie ces différences interindividuelles? C’est à cette question que des chercheurs lémaniques vont, pour la première fois, tenter de répondre.
medecine_nerf_vague

La médecine surfe sur le nerf vague

Déjà utilisée pour traiter des cas d’épilepsie et de dépression, la stimulation de ce nerf crânien a un fort potentiel thérapeutique, notamment dans les maladies inflammatoires.
Videos sur le meme sujet

Qu'est-ce que le stress?

On a le cœur qui bat plus vite, on transpire, on a la bouche sèche et une sensation de boule au ventre… pas de doute, c'est le stress. Comment cela fonctionne?

Des neurones qui réécrivent les souvenirs traumatiques

Des neuroscientifiques de l’Ecole polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL) ont localisé les cellules permettant de reprogrammer des souvenirs d’expériences traumatiques en souvenirs de sécurité.

Dans la tête... d'un rebelle

La plupart des gens sont convaincus d’être un peu rebelle, juste quand il le faut.