Human Brain Project: l’âge d’or des neurosciences et de l’informatique

Dernière mise à jour 25/11/14 | Article
Human Brain Project: l’âge d’or des neurosciences et de l’informatique
Combinant la recherche la plus poussée en neurosciences cliniques et le développement de systèmes informatiques, le projet piloté par l’Ecole polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL) a pour ambition une compréhension approfondie du cerveau humain et l’émergence d’une nouvelle ère de l’informatique. Le projet en quatre questions.

             

Le Human Brain Project ambitionne de livrer une compréhension intégrée des fonctions et de la structure du cerveau, grâce au développement des technologies de l’information et de la communication.

Ces technologies permettront aux scientifiques de partager des données à l’échelle mondiale, de reconstituer le cerveau à divers niveaux biologiques, et d’analyser ensemble les données cliniques recueillies aux quatre coins du monde. Ces efforts permettront non seulement de cartographier les maladies du cerveau, mais également de développer des systèmes informatiques basés sur le fonctionnement des neurones.

Au travers de plates-formes informatiques, scientifiques, cliniciens et ingénieurs pourront se livrer à de nombreuses expériences et partager leurs connaissances avec, en point de mire, un même objectif: celui de livrer les clefs de la structure la plus complexe de notre cerveau.    

Quelle est la contribution du HBP aux neurosciences?

Au niveau européen et mondial, les travaux scientifiques génèrent d’énormes quantités de données, qui sont de grande qualité, mais pour lesquelles il n’existe aucun moyen unifié de partage, d’analyse et d’intégration. Grâce au Human Brain Project, sorte de chaînon manquant, les scientifiques pourront s’approcher d’une reconstruction du cerveau et en simuler son fonctionnement. Cela suppose le développement de nouveaux «super-ordinateurs», de logiciels d’analyse, d’algorithmes, d’outils de recherche et bien plus encore.        

    

Human Brain Project en chiffres

2013 L’année de lancement du projet, après avoir été sélectionné par la Commission européenne de la recherche.

+ de 20 Le nombre de pays concernés.

12 Le nombre de sous-projets du HBP.

+ de 100 Le nombre de partenaires académiques et industriels impliqués.

10 Le nombre d’années que durera ce projet interdisciplinaire inédit visant la simulation d’un cerveau humain entier.

Quelle est la contribution du HBP à la médecine?

Le Human Brain Project veut également fournir à la communauté médicale les outils qui lui manquent pour accéder à des données de patients aujourd’hui inutilisées, faute de moyens pour les traiter. De nouvelles technologies sont en effet requises pour pouvoir rechercher, au sein de colossales bases de données, des informations biologiques que partagent des patients atteints de diverses affections, aux quatre coins de la planète. Ces informations permettront d’améliorer la classification des troubles neurologiques et de développer une première ébauche de carte des maladies cérébrales. Mais elles permettront aussi de mettre en évidence leurs possibles causes, de comprendre pourquoi certains médicaments fonctionnent quand d’autres sont inopérants, voire de les modéliser.

Bien que le HBP ne puisse pas garantir un traitement pour chaque maladie, ses technologies permettront au moins d’améliorer les diagnostics et d’identifier de nouvelles cibles thérapeutiques.

Quelle est la contribution du HBP à l’informatique?

Le Human Brain Project utilisera des données issues des neurosciences pour concevoir des systèmes informatiques dits «neuromorphiques». Pour la première fois, en effet, d’immenses ordinateurs exploiteront toutes les forces de l’électronique moderne en y intégrant les compétences propres aux technologies inspirées du cerveau, imitant ainsi son efficacité énergétique, sa capacité à s’auto-organiser et ses facultés d’adaptation. L’interdisciplinarité propre à ce projet ouvrira une nouvelle ère de l’informatique, où les données biologiques serviront d’inspiration et de base à ces systèmes neuromorphiques, qui imitent les fonctionnements cérébraux.

Un texte du Service de communication HBP

A LIRE AUSSI

Libido
libido_femme_frequent

Problèmes de libido chez la femme: un trouble sexuel fréquent mais mal connu

Alors que la médecine actuelle reconnaît l’importance du désir sexuel féminin, ses troubles sont souvent...
Lire la suite
Borderline
Enfant triste

Comment apparaît le trouble de la personnalité borderline?

Ces dernières décennies, des recherches approfondies ont été consacrées aux origines du trouble de la...
Lire la suite
Borderline
reflet d'un visage dans un miroir

Critères diagnostiques du trouble de la personnalité borderline?

Neuf critères diagnostiques sont utilisés pour diagnostiquer le trouble de la personnalité. Ils vous...
Lire la suite
Articles sur le meme sujet
cerveau_gere_peur

Comment le cerveau gère-t-il la peur?

Des chercheurs lausannois étudient ce qui se passe dans notre cerveau lorsque nous avons peur. Leurs recherches ouvrent de nouvelles pistes, notamment pour le traitement des phobies.
andrea_volterra

«Il faut adopter de nouvelles stratégies pour lutter contre les maladies neurologiques et psychiatriques»

Professeur au département des neurosciences fondamentales de l’Université de Lausanne, Andrea Volterra étudie le fonctionnement du cerveau. Alors que la plupart de ses collègues se focalisaient sur les neurones, il s’est passionné pour un autre type de cellules cérébrales, les astrocytes. Jusqu’alors considérés comme de simples éléments de soutien, ces derniers communiquent avec les neurones et en assurent le bon fonctionnement. Ils pourraient même ouvrir de nouvelles pistes pour l’élaboration de traitements des maladies neurologiques et psychiatriques contre lesquelles les médecins sont encore très démunis.

L’impact démontré des voix de «crooners» sur les tympans féminins

Ils chantent à merveille et ils émeuvent les femmes. Et pourtant ils sont supposés volages. Deux études, canadienne et britannique, nous révèlent quels peuvent être les effets des voix graves.
Videos sur le meme sujet

Des cellules nerveuses qui aident à la cicatrisation

Faites connaissance avec des cellules qui deviennent des stars en ce moment.

Rencontre avec Armin Schnider, un spécialiste de la confabulation

Tous les vendredis, "CQFD" reçoit un homme ou une femme de science pour parler de son travail et de ses recherches.

Dans la tête… d’un tricheur

Pourquoi triche-t-on?