Syndrome du nid vide: comment le prévenir et le soigner

Dernière mise à jour 14/09/21 | Article
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Plus de 35% des mères ressentent un sentiment d’inutilité après le départ de la maison de leurs enfants. Mais les pères souffrent aussi de ce qu’on appelle le «syndrome du nid vide».

De quoi on parle

Les enfants sont grands, sont capables de voler de leurs propres ailes. Voilà qui devrait réjouir les parents qui n’ont pas ménagé leurs efforts pour rendre leur progéniture indépendante. Pourtant, cet accomplissement peut s’accompagner de sentiments mitigés. D’un côté, il est gratifiant de voir ses enfants réaliser leur propre vie. De l’autre, beaucoup de parents constatent, avec surprise, que cela les rend tristes. Ils éprouvent un sentiment de vide et d’inutilité auquel ils n’étaient pas préparés.

Les enjeux

Tous les spécialistes de l’éducation le disent: il est important que les parents s’entraînent à se séparer de leurs enfants bien avant que cela n’arrive dans la réalité. Les laisser prendre seuls le chemin de l’école dès qu’ils en sont physiquement capables, les autoriser à partir en week-end chez des camarades d’école pour leur donner la possibilité de nouer des relations hors du cercle familial… bref, leur permettre de saisir chaque occasion d’apprendre à devenir autonomes est essentiel.

Pour les parents, il s’agit de manière apparemment paradoxale de ne pas placer les enfants au centre de leur vie. Cela reviendrait à leur enseigner, par l’exemple, à mettre de côté leurs besoins fondamentaux, ce qui n’est évidemment pas le but de l’éducation! Dans la pratique, l’exercice s’avère délicat, car il n’est pas question non plus d’inculquer aux enfants l’idée que leur intérêt personnel prime sur celui des autres.

La clé réside dans la recherche d’un équilibre plus ou moins subtil entre le besoin d’attention des enfants et la nécessité des parents de préserver leur vie de couple. Combien de femmes, une fois le premier enfant arrivé, se découvrent un rôle de mère qui relègue au second plan celui de compagne? Le même problème se pose pour le partenaire, surtout s’il devient le seul pourvoyeur de la subsistance de la famille.

Que faire

Lâcher-prise est un bon début: les enfants ont besoin d’apprendre à s’émanciper. Une éducation trop protectrice les prive de la possibilité d’acquérir progressivement leur indépendance. De surcroît, l’enfant qu’on aura peut-être un peu trop couvé risque de se rebeller quand le besoin d’autonomie poindra. Faute d’expérience, le grand saut vers la vie d’adulte pourrait alors se révéler plus difficile que prévu.

Ce lâcher-prise implique, de la part des parents, une volonté de préserver des moments d’intimité pour le couple et de décider de continuer à avoir, occasionnellement, des activités sociales sans leurs enfants. Cela suppose de surmonter un certain sentiment de culpabilité à l’idée de ne pas consacrer suffisamment de son temps et de son attention aux enfants. Voilà encore un exercice difficile, surtout dans une société où les enfants sont plus que jamais considérés comme un facteur d’épanouissement du couple. Certains experts n’hésitent pas à parler d’un «surinvestissement» de l’enfant, censé faire le bonheur de ses géniteurs. Selon Diana Canovas, psychiatre et psychothérapeute à Genève, le sentiment de vide que certains parents ressentent après l’envol du nid n’a sans doute jamais été aussi fort, car dans nos sociétés contemporaines, les enfants sont au centre de la famille. «Plus ils représentent un refuge affectif fort pour les parents, plus leur départ est vécu de manière douloureuse et complexe.»

Quelques conseils

  • Accepter le fait que nos enfants vivront un jour leur propre vie.
  • Se rappeler que le rôle d’un parent consiste à soutenir l’enfant dans la construction de son individualité et donc de son autonomie.
  • Ne pas mettre sa propre vie d’adulte et de couple entre parenthèses, mais s’autoriser à entretenir des amitiés hors de la famille et à s’adonner à des activités de loisir sans les enfants.
  • Considérer le départ d’un enfant à la fois comme une occasion de nouer avec lui un autre type de relation et comme une nouvelle phase de la vie où l’on retrouve des disponibilités pour prendre soin de soi.
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