Personnalité borderline : trouver l’aide adéquate

Dernière mise à jour 01/09/11 | Article
Patiente en psychanalyse
Trouver l'aide adéquate pour soi-même ou pour un proche souffrant de trouble de la personnalité borderline est souvent difficile. A qui s'adresser, comment s'y prendre?

Trouver l’aide adéquate lors d’un trouble de la personnalité borderline

Des études ont montré qu’une aide professionnelle a des effets positifs sur la majorité des personnes souffrant du trouble de la personnalité borderline. On a longtemps cru qu’il n’était pas possible de traiter le trouble de la personnalité borderline. Depuis, il existe des méthodes psychothérapeutiques efficaces permettant de mieux contrôler les symptômes, mais elles sont malheureusement peu souvent utilisées.

Un traitement psychothérapeutique propre au borderline

Un traitement psychothérapeutique efficace spécialement conçu pour le trouble de la personnalité borderline permet à environ 50% des personnes concernées de guérir et a un effet bénéfique sur de nombreuses autres, en leur permettant de mieux contrôler les symptômes tels que les changements d’humeur, les sentiments de colère intense, les comportements d’automutilation ou les pensées suicidaires. Le trouble de la personnalité borderline est donc aujourd’hui considéré comme une maladie pouvant être traitée, souvent avec de bons résultats. Cependant, puisque le trouble constitue en quelque sorte une partie de la personne, les problèmes, qui lui sont associés, ne disparaissent pas d’un seul coup, même avec une thérapie. Il est néanmoins possible de parvenir à un meilleur contrôle et de ne plus se sentir impuissant face aux symptômes. Une thérapie permet même souvent de faire totalement disparaître les symptômes dangereux comme les comportements d’automutilation ou les tentatives de suicide et de nettement diminuer les états émotionnels insupportables.

Il n’est pas facile de trouver un bon thérapeute ou une bonne clinique. Dans le cas du trouble de la personnalité borderline, il est fortement recommandé d’effectuer un traitement avec un professionnel possédant une connaissance approfondie de la maladie, la solution idéale consistant à consulter chez un psychothérapeute spécialement formé pour traiter le trouble de la personnalité borderline.

Différents traitements disponibles

A ce jour, plusieurs traitements sont considérés comme particulièrement efficaces: les plus connus sont la « thérapie comportementale dialectique » (TDC), la « thérapie focalisée sur le transfert » (TFT) et la « thérapie des schémas ». Les thérapies spécifiquement conçues pour le trouble de la personnalité borderline nécessitant des thérapeutes spécialement formés, beaucoup de personnes concernées ont de la peine à en trouver près de leur domicile. Des études ont montré que la TDC et la thérapie des schémas sont particulièrement efficaces. La TDC s’est imposée dans les régions germanophones au cours des quinze dernières années. Ce concept est à la base de la plupart des programmes de traitement stationnaire du trouble de la personnalité borderline appliqués en Suisse et une grande partie des psychothérapeutes spécialisés devraient pouvoir l’utiliser. Les personnes concernées trouveront des thérapeutes appliquant cette méthode surtout dans les villes ; pour un traitement ambulatoire, il faut toutefois généralement compter avec un long délai d’attente.

La thérapie comportementale dialectique

Composantes de la thérapie

La thérapie comportementale dialectique (TCD) est un procédé thérapeutique hautement structuré qui combine différents composants. Parallèlement à une thérapie individuelle, le patient participe à une thérapie de groupe articulant plusieurs modules, comme la gestion des émotions, le renforcement des capacités de relations interpersonnelles et des exercices destinés à développer l’attention au moment présent.

Lors de la thérapie individuelle, le patient peut discuter des crises affectant sa vie quotidienne ou des thèmes la concernant. Dans le cadre de la thérapie de groupe, il peut entraîner les compétences comportementales grâces auxquelles il pourra mieux faire face à son trouble. Il arrive que, dans certaines situations, des contacts téléphoniques avec le thérapeute sont également inclus dans le traitement.

Un traitement dit dialectique

Le terme « dialectique » (résolution des contradictions) signifie que la thérapie apprend aux patients à dépasser le mode de pensée en noir et blanc et à accepter la validité de plusieurs points de vue simultanés. Dialectique signifie aussi que le traitement n’a pas pour seul objectif le changement, mais qu’il vise également l’acceptation de certaines expériences et de certains modes de comportement. Le terme «comportementale» indique que le traitement se concentre sur les comportements concrètement vécus par les patients et ne vise pas en priorité une compréhension globale des liens entre les difficultés du patient et son histoire.

Bien choisir son psychothérapeute

Pas seulement un traitement, mais une relation thérapeutique

Lorsqu’elles sont à la recherche d’un psychothérapeute, les personnes concernées ne doivent pas hésiter à questionner ceux qu’elles rencontrent sur leur expérience et leur formation dans le domaine du trouble de la personnalité borderline. Le traitement pratiqué par le psychothérapeute n’est d’ailleurs pas le seul facteur susceptible d’influencer le succès de la thérapie. La relation avec le psychothérapeute joue aussi un rôle primordial et il est nécessaire que le patient puisse s’ouvrir en toute confiance et se sente compris. Les personnes concernées ont donc tout intérêt à rencontrer plusieurs psychothérapeutes avant de choisir celui avec lequel elles se sentent le mieux prises en charge.

Les assurances et le traitement thérapeutique

En Suisse, l’assurance maladie de base rembourse uniquement les psychothérapies effectuées par des médecins psychothérapeutes ou des psychologues délégués (c’est-à-dire travaillant dans un cabinet médical). L’assurance de base prend également en charge les traitements de longue durée, souvent nécessaires dans le cas du trouble de la personnalité borderline. Sauf les cotisations et la franchise annuelle, les coûts du traitement ne sont donc pas à la charge du patient. Les questions concernant la participation de l’assurance complémentaire aux coûts doivent être traitées au cas par cas. Il est particulièrement recommandé aux personnes souffrant du trouble de la personnalité borderline de bien réfléchir avant de s’engager dans un traitement avec un psychothérapeute dont les prestations ne sont pas remboursées par l’assurance maladie. Du fait de la longueur du traitement, les coûts risquent de devenir très élevés et de finir par dépasser ce que le patient est en mesure de payer, ce qui, dans le cas de figure le plus grave, peut l’obliger à interrompre le traitement.

Un traitement psychothérapeutique stationnaire ou des soins en hôpital de jour constituent souvent une solution adéquate. Les trois types de thérapies durent entre plusieurs semaines et plusieurs mois et sont prises en charge par la caisse maladie.. En période de crise aiguë, un traitement psychiatrique d’urgence peut s’avérer nécessaire, auquel cas vous pouvez vous adresser à n’importe quelle clinique psychiatrique de votre région.

Médicaments

Bien qu’il n’existe pas de médicaments destinés exclusivement au traitement du trouble de la personnalité borderline, certains symptômes peuvent être soulagés à l’aide de psychotropes. Le choix de la médication dépend avant tout du type de problème psychiatrique à traiter. Des antidépresseurs aideront une personne souffrant de dépression chronique, tandis que des neuroleptiques (médicaments exerçant une action calmante) soulageront les personnes devant faire face à des épisodes psychotiques. Les médicaments peuvent également s’avérer efficaces pour d’autres symptômes comme les troubles du sommeil ou l’anxiété. En ce sens, presque tous les psychotropes entrent en ligne de compte s’ils sont adaptés à la situation de la personne concernée. Du fait de la forte tendance à la dépendance observée chez un grand nombre de personnes souffrant du trouble de la personnalité borderline, on veillera toutefois à ne recourir aux médicaments provoquant une dépendance, comme la benzodiazépine, qu’en cas de crise aiguë. Un entretien avec un psychiatre est nécessaire pour déterminer la médication adaptée à chaque cas précis. Selon l’état actuel des connaissances, les psychotropes peuvent certes aider les personnes concernées à vivre avec leur trouble, mais ils ne remplacent pas un traitement psychothérapeutique.

«Sans thérapie, je n’existerais plus.»

«Aujourd’hui, je vis volontiers et je ne remets plus ma vie en question.»

S’aider soi-même

Groupes d'entraide et activités renforçant la défense psychique

Les personnes souffrant du trouble de la personnalité borderline ne sont pas condamnées à rester démunies face à leur situation. il existe de nombreuses possibilités leur permettant de mieux gérer leurs symptômes et de faire face aux situations d’extrême tension psychique. Les groupes d’entraide et les activités renforçant les forces de défense psychique fournissent une aide très utile. Les personnes concernées peuvent également apprendre à mieux éviter les situations difficiles et à reconnaître suffisamment tôt les signes annonciateurs d’une crise.

Il existe plusieurs moyens permettant aux personnes souffrant du trouble de la personnalité borderline de se protéger contre de nouvelles crises ou de mieux contrôler leurs symptômes. Les outils d’auto-support présentés ci-après ne remplacent pas une thérapie, mais permettent souvent d’en compléter les effets, de protéger la personne en cas de crise ou de l’aider à traverser une période difficile.

Comment renforcer ses forces de défense contre les crises

On peut se protéger des crises en renforçant ses « forces de défense » contre les crises psychiques. Dans la plupart des cas, il s’agit d’activités agréables, offrant un mélange équilibré de tension et de détente. Un grand nombre de patients disent trouver de l’aide dans des discussions régulières avec des amis, des promenades ou des exercices physiques.

Si les personnes souffrant du trouble de la personnalité borderline se retrouvent régulièrement dans des situations pénibles à supporter pour n’importe quel individu, elles le doivent dans la plupart des cas à leur propre comportement. En essayant de comprendre comment l’on se remet chaque fois dans une situation difficile, on peut apprendre à l’éviter.

Signes annonciateurs d'un crise

La plupart des crises ne tombent pas du ciel, mais s’annoncent par des signes précurseurs que les personnes concernées peuvent apprendre à reconnaître à temps. Parmi ces modifications annonciatrices d’une crise, on peut citer entre autres les angoisses d’abandon, les troubles du sommeil, une modification du rythme journalier, un comportement agressif ou une augmentation du désordre.

Comment se protéger contre les crises

Même lorsqu’une personne essaie de se protéger contre les crises, elle ne pourra éviter des épisodes de tension psychique extrême durant lesquels il lui semblera que la seule solution pour y mettre fin consiste en un comportement d’automutilations ou autrement dommageable pour elle-même.

Sachant que les automutilations ou d’autres comportements destructifs ont souvent pour fonction de faire cesser un état psychique insoutenable, de colère ou de dissociation, il est possible de recourir consciemment à d’autres types de stimulations sensorielles intenses et d’obtenir le même résultat sans se blesser :

Odorat: inhaler des parfums particulièrement forts comme de l’huile de menthe ou de l’ammoniaque. Température: tenir des glaçons dans la main ou les garder dans la bouche, appliquer des Cold-Hot packs ou de l’eau froide sur la peau. En cas d’utilisation de stimulations chaudes (par exemple une douche très chaude), il est recommandé d’être prudent, puisque l’insensibilité à la douleur augmente de beaucoup le risque de brûlure. La glace doit également être utilisée avec précaution, car elle risque d’endommager la peau ou la muqueuse buccale.

Goût: mordre dans un morceau de raifort frais, un piment, ou prendre une cuillère de sauce forte dans la bouche. Toucher: masser la peau avec une balle hérisson ou passer un élastique autour de l’avant-bras, puis le tirer et le lâcher de manière à provoquer de brèves sensations douloureuses.

Beaucoup de personnes emportent avec elles une « trousse d’urgence » contenant ce dont elles ont besoin en cas de crise. Il peut s’agir de la balle hérisson ou de l’huile de menthe, mais aussi d’autres objets permettant de se changer les idées, de se détendre ou de se consoler: ours en peluche, CD avec sa musique préférée, photos de ses meilleurs amis, etc. Tout ce qui aide fait l’affaire. Il est important que les personnes concernées choisissent et réunissent les objets adéquats à l’avance, puisque, pendant les situations de crise, elles sont la plupart du temps incapables de réfléchir consciemment aux objets qui pourraient les soulager.

Groupe d'entraide

Outre ces moyens d’auto-support très personnels, il est naturellement possible de participer à un groupe d’entraide. En Allemagne, les premiers groupes d’entraide pour les personnes souffrant du trouble de la personnalité borderline et pour les personnes présentant des comportements d’automutilation ont récemment vu le jour. Comme ils sont encore peu nombreux en regard de la taille du pays, seule une minorité de personnes peut en bénéficier. La participation à des groupes d’entraide consacrés à d’autres troubles psychiques peut aussi être bénéfique. Une personne souffrant régulièrement de dépression peut profiter d’un groupe d’entraide centré sur la dépression, alors qu’une personne éprouvant fréquemment de l’anxiété peut trouver du soutien dans un groupe d’entraide travaillant sur la peur. Beaucoup de personnes trouvent de l’aide dans les nombreux groupes d’entraide pour personnes dépendantes existant dans toutes les régions de Suisse.

La participation à un groupe d’entraide ne fait sens que si la personne se sent vraiment soutenue par le groupe.

Les personnes concernées visitent souvent les forums d’entraide sur Internet consacrés au trouble de la personnalité borderline. Il s’agit de grands portails offrant des informations, des conseils d’experts, des listes de correspondance (mailings) et des offres de forums de chat (discussion en ligne en temps réel). Un échange par le biais de listes de correspondance ou des forums de chat permet une « relation à distance » fort appréciée, puisque risquant moins d’être rapidement interrompue par des problèmes relationnels.

«Je ne peux pas vraiment me protéger des crises, mais je peux les atténuer ou éviter qu’elles ne s’aggravent.»

«Je veille à ce qu’on m’aide et garde toujours la liste de mes meilleurs amis près du téléphone. Quand je remarque que je ne me sens pas très bien, je les appelle et parle avec eux. Cela me rassure.»

«Lorsque je sens qu’une crise s’annonce, j’essaie de me distraire en allant au cinéma (avec des films les plus drôles possible), en faisant des promenades, en écrivant des poèmes ou en allant me balader au marché aux puces.» 

«J’ai réalisé que l’équitation me permettait de me protéger contre les crises. Le cheval m’accompagne dans ma maladie et il est devenu un élément important de mon existence. il me donne de la sécurité, de la confiance en moi et je ressens un agréable sentiment de bonheur.»

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Texte extrait d'une publication Pro Mente Sana

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