Les hormones: armes fatales de la médecine anti-âge?

Dernière mise à jour 15/07/14 | Article
Les hormones : armes fatales  de la médecine anti-âge ?
Les hormones jouent un rôle central dans notre organisme. Quand elles n’assurent pas une fonction vitale, elles garantissent notre équilibre interne. Ces messagers règlent en effet les fonctions des organes cibles et participent ainsi à toutes sortes de mécanismes, comme le sommeil, la croissance, la reproduction, la sexualité, le métabolisme du sucre et des graisses, voire même l’humeur.

La médecine anti-âge propose, dans son arsenal thérapeutique, des traitements hormonaux en raison de la corrélation qui existe entre le vieillissement et la baisse des taux hormonaux. Problème, souligne le Pr François Pralong, chef du Service d’endocrinologie, diabétologie et métabolisme du Centre hospitalier universitaire vaudois (CHUV): «on ne sait pas qui est la poule et qui est l’œuf. En effet, on ignore si ce sont les baisses hormonales qui induisent le vieillissement ou si c’est l’inverse. Certes, on observe une diminution du taux de certaines hormones avec l’âge, mais ce n’est pas toujours significatif. Par exemple, on ne remet plus en cause la chute des œstrogènes et de la progestérone chez la femme à l’heure de la ménopause, par contre, un phénomène semblable chez l’homme, appelé “andropause”, n’est scientifiquement pas avéré».

Faisant fi de ces doutes scientifiques, la médecine anti-âge propose à ses patients l’administration d’hormones pour contrer le vieillissement. Le principe est d’augmenter les valeurs hormonales pour obtenir des effets positifs sur la forme, les performances physiques et cognitives, l’humeur, la libido, etc. Mais pour le professeur lausannois, «aucune étude n’affirme que la surélévation des taux hormonaux guérit du vieillissement. On est dans le domaine purement expérimental. De telles pratiques s’apparentent même à du dopage et sont réellement dangereuses pour la santé. On redoute des effets secondaires sur les fonctions hépatiques, musculaires et cardio vasculaires». De plus, certaines hormones, notamment celles qui sont produites et utilisées dans le cerveau, sont difficilement quantifiables (sérotonine, ocytocine). Qu’elles soient administrées par voie orale ou par injection, il est peu probable qu’elles soient absorbées par l’estomac et qu’elles parviennent jusque dans le cerveau. Autrement dit, selon le spécialiste, on est à la limite de l’effet placebo.

En revanche, la substitution hormonale pratiquée de façon standard dans la médecine «classique» par des spécialistes en endocrinologie peut être très utile. Elle consiste à remettre les dosages hormonaux à niveau – sans les augmenter – dans le cadre d’indications précises et d’un suivi médical approprié. Qu’on soit âgé ou pas, tout symptôme aussi peu spécifique que la fatigue, les baisses d’énergie, les troubles de l’humeur, une baisse de la libido, des dysfonctions érectiles, etc., devrait faire l’objet d’une consultation médicale chez un généraliste qui pourra, si besoin, conseiller un bilan hormonal auprès d’un spécialiste. C’est sans doute la démarche la plus raisonnable et la moins coûteuse.

Les hormones stars de l’anti-âge

1. La testostérone

Principalement sécrétée par les testicules chez l’homme et, en plus faible quantité, par les ovaires chez la femme, cette hormone stéroïdienne est utilisée pour ses effets anaboliques. Associée au dopage dans le sport, elle est utilisée en médecine anti-âge pour augmenter la force musculaire, l’énergie et la vitalité sexuelle (libido).

2. L’hormone de croissance

Au même titre que la testostérone, l’hormone de croissance est un anabolisant. Sécrétée par l’hypophyse, elle est impliquée dans la croissance, la reproduction cellulaire et la fabrication du muscle. La médecine anti-âge y recourt pour contrecarrer la fragilité associée au vieillissement et pour améliorer le métabolisme (meilleur brûlage des graisses et meilleure utilisation des sucres).

3. La DHEA  (déhydroépiandrostérone)

Produite dans le cerveau et utilisée par ce même organe, cette hormone surrénale est présente en quantité importante dans notre corps. Elle assure la protection de notre système nerveux central. Il s’agit en réalité d’une «pro-hormone», c’est-à-dire qu’elle sert à la fabrication des autres hormones. Véritable pilier de la médecine anti-âge, elle permettrait de ralentir le vieillissement musculaire et osseux, contribuerait à une meilleure forme physique, voire protégerait des maladies cardiovasculaires. Ses supposés effets positifs n’auraient pas été démontrés chez l’homme.

4. La mélatonine

Sécrétée par la glande pinéale dans le cerveau, la mélatonine est impliquée dans la régulation du système veille-sommeil. Elle est classiquement utilisée en médecine pour contrer les effets du jet lag dans les voyages de l’Est vers l’Ouest. Elle permet de restaurer les rythmes du sommeil et de combattre l’insomnie chez les femmes ménopausées et les personnes âgées qui en souffrent. La médecine anti-âge lui attribue quant à elle des vertus contre les maladies osseuses et contre le cancer.

5. L’ocytocine

Produite uniquement dans le cerveau, l’ocytocine est l’hormone de l’allaitement. Elle est également à l’origine des contractions de l’utérus lors de l’accouchement. Considérée comme l’«hormone de l’attachement» par la médecine anti-âge, où elle est actuellement très en vogue, elle serait intimement liée au bien-être, à la sociabilité, au plaisir.

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