Un vaccin révolutionnaire anti-méningite enregistré en Suisse

Dernière mise à jour 14/12/11 | Article
Remplissage d'une seringue
Le Menveo®, vaccin d’une nouvelle génération contre la méningite à méningocoque est maintenant enregistré en Suisse pour une indication dès l’âge de onze ans. Il combine les avantages de ceux actuellement commercialisés et simplifiera la procédure de vaccination chez les voyageurs surtout, mais aussi chez les enfants à risque de complications.

L’ennemie à combattre, c’est elle: Neisseria meningitidis! Cette bactérie, strictement humaine  et aussi appelée méningocoque, est responsable de la méningite à méningocoque, infection grave provoquant une inflammation des membranes qui enveloppent le cerveau et la moelle épinière. Elle touche environ 500 000 personnes par an dans le monde. En Suisse, près de 80 cas sont déclarées chaque année à l'Office fédéral de la santé publique (OFSP). Dans le cadre de la lutte contre cette maladie à l’évolution fulgurante et susceptible de provoquer des épidémies, la vaccination reste l’arme la plus efficace.

L’engouement pour le vaccin à venir

La capsule qui entoure la bactérie est composée de polysaccharides qui définissent treize types ou sérotypes de méningocoques. Six d’entre eux sont pathogènes: les sérotypes A, B, C, W135, X et Y. Si en Suisse, on rencontre principalement des méningocoques du groupe B et C, d’autres méningocoques prédominent ailleurs dans le monde. Dans la mesure où il est impossible de prédire avec lequel un individu est susceptible d’entrer en contact, l’idéal serait d’avoir un vaccin efficace contre tous les types de méningocoques à la fois et pour tous les groupes d’âges.

Mais à ce jour, de tels vaccins n’existent pas. Le Menveo® tend toutefois vers cet idéal. Ce nouveau vaccin combine effet les avantages de ceux actuellement commercialisés, les vaccins conjugués contre le sérogroupe C et le vaccin quadrivalent ACWY polysaccharidique. Les premiers sont obtenus à partir des polysaccharides fractionnés qu’on lie à une molécule de plus grande taille, un procédé qui les rend beaucoup plus immunogènes que les vaccins polysaccharidiques non conjugués. Autre différence avec ces derniers, les vaccins conjugués n’induisent pas d’immunotolérance et stimulent une immunité de mémoire (ce qui ne dispense pas de rappels les personnes à risque). Enfin, les vaccins conjugués réduisent le portage de la bactérie dans les voies aériennes supérieures et par conséquent la transmission de la bactérie au sein de la population.

Le vaccin

Le Menveo® est un vaccin polysaccharidique conjugué quadrivalent. Il allie donc la sécurité et l’efficacité du vaccin conjugué à une couverture contre les quatre sérotypes ACWY..

En Suisse, étant donné la prédominance des sérotypes B et C, la vaccination de routine contre le méningocoque C est recommandée de manière complémentaire dans deux tranches d’âge particulièrement touchées par la maladie, à savoir les enfants de douze à quinze mois et les adolescents entre onze et quinze ans. Mais pour les groupes à haut risque qui doivent pouvoir bénéficier d'une couverture aussi large que possible, il fallait jusqu’à présent compléter la vaccination usuelle contre le sérotype C avec une dose de vaccin quadrivalent ACWY. Dorénavant le vaccin Menveo® suffira.

Indications au Menveo®

Swissmedic a autorisé l'enregistrement du Menveo® pour l'immunisation active des adolescents âgés de plus de 11 ans et des adultes à risque d'exposition à Neisseria meningitidis. Ces indications concernent notamment les voyageurs à destination de la ceinture de la méningite qui s'étend en Afrique subsaharienne du Sénégal jusqu'à l'Éthiopie pour les séjours dépassant les 30 jours, pour les situations à risque, à savoir les hébergements collectifs, les contacts étroits et le risque d’épidémie, pour les séjours de moins de 7 jours en cas d’épidémie avérée et enfin pour les pèlerins en partance pour le Hadj.

Notons enfin que même si le vaccin est enregistré pour les sujets de plus de 11 ans, le vaccin semble immunigène chez les enfants de deux à onze ans, selon plusieurs études. L'OFSP et la Commission fédérale des vaccinations recommande même une utilisation off-label du vaccin dès l’âge d’un an, pour les enfants qui voyagent en zone endémique ou épidémique et chez ceux, peu nombreux, qui font partie des groupes à risque nécessitant une protection pour des raisons médicales. Il n’existe cependant à ce jour aucun vaccin à large couverture pour les nourrissons de moins d’un an.

Référence

Adapté de «Vaccin quadrivalent conjugué contre la méningite», Dr. Pierre Landry, Centre de vaccinations et médecine des voyages PMU, in Revue médicale suisse 2011 ; 7 : 1006-10, en collaboration avec les auteurs.

A LIRE AUSSI

Chirurgie de l'obésité
Les effets inattendus du by-pass gastrique

Les effets inattendus du by-pass gastrique

Carences, problèmes psychologiques et esthétiques, prise de poids font partie des effets secondaires...
Lire la suite
Anesthésie
Une banane

Circoncision: à quoi sert le prépuce?

La circoncision, du latin circumcisio, signifiant «découper autour», consiste en l’ablation du prépuce,...
Lire la suite
Paracétamol
Intoxication au paracétamol: quels sont les risques?

Intoxication au paracétamol: quels sont les risques?

Vous ne connaissez peut-être pas le paracétamol et, pourtant, vous en avez déjà sûrement ingurgité. En...
Lire la suite
Articles sur le meme sujet
Est-ce obligatoire de se faire vacciner?

Est-ce obligatoire de se faire vacciner?

Réponse du Professeur Claire-Anne Siegrist, pédiatre et Directrice du Centre de vaccinologie des Hôpitaux universitaires de Genève (HUG) et Présidente de la commission fédérale de vaccination.
Videos sur le meme sujet

Vaccins: quelle utilité?

Se faire vacciner n'est jamais un plaisir, ça pique, ça gonfle, et parfois on se sent un peu patraque. Mais pourquoi se vaccine-t-on au juste? Le point avec l'antidote.

Rougeole: faisons la disparaitre!

Faire disparaitre durablement le spectre d'une maladie contagieuse, c'est l'objectif de bien des responsables de santé publique à travers le monde. Par le passé ils y sont parvenus, et ils comptent bien récidiver. Cette émission vous en apprend plus sur l'une de ces maladies : la rougeole.

Cancer du col de l'utérus: un nouveau vaccin, une nouvelle arme

Le service cantonal de la santé publique vient d'annoncer le début de la campagne de vaccination contre les papillomavirus. Ce virus est responsable du cancer du col de l'utérus. Explications de la Dre Claire-Anne Siegrist.
Maladies sur le meme sujet
Cerveau colloré

Méningite aiguë

La méningite est une inflammation des enveloppes (méninges) du cerveau et de la moelle épinière. Elle provoque de la fièvre, des maux de tête sévères, et nécessite un traitement rapide.