Quand le sexe est une affaire de cœur

Dernière mise à jour 23/04/12 | Article
Couple dans un lit
Chez la plupart des gens, les relations sexuelles représentent un effort plutôt léger, qu’ils soient atteints ou non de maladie cardiaque. Chez une minorité de personnes souffrant de maladies du cœur, une relation sexuelle peut déclencher des symptômes, voire un infarctus ou une mort subite. La crise cardiaque sexuelle, mythe ou réalité?

Le cœur s’emballe…

L’excitation et la relation sexuelle ont des effets sur le système cardiovasculaire: la fréquence cardiaque augmente en moyenne jusqu’à 120 pulsations par minutes (contre 60-100 au repos). La tension artérielle augmente également mais ne dépasse normalement pas les 170 mmHg (contre 120 au repos).

Pour les personnes souffrant d’une maladie cardiaque, avoir une relation sexuelle peut représenter un risque de déclencher des symptômes et même induire des évènements graves comme une angine de poitrine (une douleur dans le thorax), un infarctus ou une mort subite. La peur de ces événements interfère fréquemment avec la capacité et l’envie de ces personnes d’avoir une relation sexuelle.

…selon les pratiques!

Les efforts physiques sont classés selon leur intensité par l’échelle MET (metabolic equivalent of task). La relation sexuelle correspond à un effort de 2-3 MET. En comparaison, voici quelques exemples:

  • sommeil 0.9 MET;
  • activité légère: moins de 3 MET;
  • activité modérée: entre 3 et 6 MET (vélo);
  • activité intense: plus de 6 MET (course);
  • course à pied à 17,5 km/h: 18 MET.

Il est intéressant de remarquer que, pour un homme, une relation sexuelle où la femme se situe sur l’homme représente une dépense de 2,5 MET. Si l’homme est au-dessus de la femme, sa dépense énergétique augmente à 3,3 MET. Certaines conditions, comme par exemple les relations extraconjugales, impliquent un stress plus important et ont une plus grande répercussion cardiovasculaire.

Lien avec la dysfonction sexuelle

La dysfonction sexuelle est due, comme les maladies cardiaques, aux facteurs de risque cardiovasculaires: le tabagisme, le diabète, l’hypertension artérielle, l’excès de graisses (cholestérol) dans le sang. Cela se traduit chez l’homme par des problèmes d’érection et chez la femme par une sécheresse vaginale et/ou des douleurs lors des rapports sexuels.

Il existe plusieurs médicaments améliorant les troubles érectiles (Viagra, Cialis, Levitra). Malheureusement, ces molécules peuvent induire de graves hypotensions chez les patients qui prennent des médicaments pour le cœur (les dérivés nitrés).

Que faire?

Le meilleur moyen de conserver une sexualité active, est tout d’abord de pratiquer une activité physique régulière pour éviter de devenir sédentaire. Ces conseils de prévention s’appliquent aux personnes qui ne présentent pas de problèmes cardiaques.

Pour ceux qui sont atteint d’un problème cardiaque, le plus sage est d’être suivi régulièrement par votre médecin, qui pourra vous dire si vous risquez quelque chose, faire des examens complémentaires si nécessaire, et éventuellement vous prescrire un traitement en cas de troubles sexuels.

Référence

Adapté de «Sexualité et cardiopathie», Dr Juan Sztajzel, Centre cardio-pulmonaire de la Clinique de Carouge, Genève. In Revue médicale suisse 2012; 8 : 631-4, en collaboration avec l’auteur.

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