Des bébés grâce à la FIV

Dernière mise à jour 21/04/16 | Article
Des bébés grâce à la FIV
FIV. Cet acronyme fait partie du vocabulaire commun. Apparue en 1978, la fécondation in vitro est aujourd’hui la technique de procréation médicalement assistée la plus utilisée.

Plus de cinq millions d’enfants dans le monde sont nés ainsi, dont plus de 1900 en Suisse en 2013 (2% des naissances).

La FIV consiste à réunir en laboratoire les ovules et les spermatozoïdes. Une fois fécondé, l’ovule devient embryon. Ce dernier est ensuite placé dans l’utérus. Le déroulement comporte plusieurs étapes. La femme reçoit d’abord un traitement hormonal qui favorise la maturation simultanée de plusieurs ovules (stimulation ovarienne). Lorsque ceux-ci ont atteint la taille désirée, l’ovulation est déclenchée par une autre hormone. «Idéalement, une dizaine d’ovules sont stimulés et prélevés 35 heures après le déclenchement de l’ovulation, sous anesthésie générale ou locale», précise la Dre Streuli, médecin adjointe agrégée, responsable de l’unité de médecine de la reproduction et endocrinologie gynécologique.

Méthode classique ou ICSI

C’est là qu’intervient le savoir-faire des biologistes. «Lors d’une FIV classique, nous mettons les ovules dans un milieu de culture avec les spermatozoïdes et la fécondation est laissée au hasard. L’autre approche consiste à introduire un spermatozoïde directement dans l’ovule. Cette micro-injection, effectuée sous microscope, est connue sous le nom d’ICSI (injection intracytoplasmique de spermatozoïde). Elle a lieu principalement lorsque les paramètres du sperme (nombre, mobilité, morphologie) sont faibles», détaille la Dre Françoise Urner, biologiste, spécialisée dans le domaine de la reproduction. Deux à trois jours plus tard, un à trois embryons sont transférés dans l’utérus par la gynécologue.

Dans quelles situations la FIV est-elle indiquée? «Lors d’un problème des trompes de Fallope (absentes, bouchées, abîmées), d’une infertilité masculine (nombre et mobilité des spermatozoïdes insuffisants) ou inexpliquée, d’endométriose ou d’échec des autres traitements», répond la spécialiste. Cette dernière relève encore que le taux de grossesse est d’environ 30% par transfert et que cette prestation n’est pas prise en charge par l’assurance maladie.

Autres traitements

«Les causes de l’infertilité étant multiples, le traitement proposé est toujours le plus adapté aux problèmes du couple», explique la Dre Isabelle Streuli. Si la fécondation in vitro est la technique la plus utilisée, d’autres solutions existent.

Ainsi, lorsque la femme connaît des problèmes d’ovulation, on lui administre des préparations hormonales, appelées inducteurs de l’ovulation. L’objectif est de rétablir la croissance des follicules ovariens et d’avoir des rapports sexuels au moment idéal. L’insémination artificielle est notamment indiquée lors de dysfonctions sexuelles ou en cas d’infertilité inexpliquée. «Les spermatozoïdes sont préparés au laboratoire, puis déposés dans la cavité utérine au moment de l’ovulation. Cette procédure indolore ne prend que quelques minutes», précise la spécialiste. Si la femme a des anomalies au niveau des trompes (dilatation), des ovaires (kystes) ou de l’utérus (myomes, polypes, malformation) ou si elle présente une endométriose avec des douleurs, un traitement chirurgical peut améliorer les chances de grossesse naturelle ou les taux de réussite après traitement. Enfin, lors de problèmes d’ordre sexuel, le couple est adressé à un sexologue.

________

Source

Magazine Pulsations: http://www.hug-ge.ch/sites/interhug/files/n27_pulsations_janvier_fevrier_2016.pdf

A LIRE AUSSI

Interruption de grossesse (IVG)
Avortement: la méthode médicamenteuse est la plus recommandée

Avortement: la méthode médicamenteuse est la plus recommandée

Les femmes voulant mettre un terme à une grossesse non désirée ont deux méthodes à disposition jusqu’à...
Lire la suite
Interruption de grossesse (IVG)
Interruption volontaire de grossesse: la loi suisse respecte la liberté de décision de la femme

Interruption volontaire de grossesse: la loi suisse respecte la liberté de décision de la femme

La Suisse a légalisé l’avortement en 2002. Depuis, une femme enceinte malgré elle peut librement décider...
Lire la suite
Accouchement
Patiente sous gaz hilarant

Gaz hilarant: l’anesthésique qui fait oublier la douleur

Cela n’a rien d’une plaisanterie. L’inhalation de gaz hilarant rend euphorique, s’accompagne de rires,...
Lire la suite
Articles sur le meme sujet
causes_infertilite_homme

Les causes d’infertilité chez l’homme

Quand il est difficile d’avoir un enfant, les causes sont souvent recherchées chez la femme. Pourtant, 30% des cas d’infertilité sont liés à l’homme, soit le même pourcentage que les cas liés à la femme.
infertilite_epreuve_couple

L’infertilité, une épreuve pour le couple

Alors que le diagnostic d’infertilité est le point de départ d’un long processus, les épreuves ne s’arrêtent pas là. La procréation médicalement assistée (PMA) est une étape difficile pour la patiente et son conjoint, et nécessite un suivi infirmier et psychologique.
bébé_trois_adn_espoirs_contreverse

Le bébé conçu avec trois ADN soulève espoir et controverse

La conception d’un enfant à partir de trois ADN en 2016 au Mexique marque un tournant scientifique dans la procréation médicalement assistée. Et pose de nouvelles questions éthiques.
Videos sur le meme sujet

L’influence des bactéries sur la fertilité masculine

Le CHUV vient de recevoir un financement du Fond National Suisse pour étudier l’influence des bactéries sur la fertilité masculine.

Les phtalates rendent stériles

Les scientifiques soupçonnaient les phtalates, des composés chimiques présents dans certains plastiques, de provoquer la stérilité masculine.

De l'espoir pour les hommes infertiles

Adrien Zerbini dévoile une première mondiale réalisée par une start-up française: obtenir des spermatozoïdes humains complets in vitro à partir de prélèvements effectués chez des hommes infertiles.
Maladies sur le meme sujet
Test de grossesse négatif

Infertilité

En fonction de l'âge, il est conseillé de consulter après six mois ou une année de tentatives infructueuses pour mettre en route une grossesse. L'absence de règles pendant six mois sans grossesse doit aussi amener à consulter. Enfin, il est bon de se rappeler que dans la moitié des cas la cause de l'infertilité se trouve chez l'homme.

Symptômes sur le meme sujet
Que faire si je n'arrive pas à avoir d'enfant?

Infertilité

Je n'arrive pas à avoir d'enfant