Les soins intensifs, et après?

Dernière mise à jour 01/07/19 | Article
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Émerger peu à peu du brouillard… C’est ce qu’expérimentent la plupart des patients qui quittent les soins intensifs et qui doivent souvent faire face à des séquelles physiques, psychologiques, voire même psychosociales et socio-économiques.

La Pre Bara Ricou, responsable des patients «long séjour» au Service des soins intensifs (SI) des Hôpitaux universitaires de Genève (HUG), a mis sur pied une nouvelle consultation post-soins intensifs unique en Suisse. Chaque patient resté plus de sept jours dans cette unité est convoqué avec l’un de ses proches, six mois puis une année après sa sortie. L’objectif est multiple. D’abord, il s’agit de porter un regard global sur le parcours de soins du patient. «Nous essayons de détecter les séquelles qui découlent du passage aux SI mais qui seraient passées inaperçues jusqu’alors, explique la Pre Ricou. Certaines complications liées au séjour en SI sont peu connues des médecins de ville. C’est donc une manière de favoriser la collaboration avec eux.» La spécialiste souligne également l’importance du «feedback» visant à améliorer la prise en charge.

Lors de cette consultation, le patient et son proche rencontrent une équipe des SI. «Leurs souvenirs sont souvent fragmentés. C’est l’occasion de combler ces vides et de répondre aux nombreuses questions.» Chacun bénéficie ensuite d’un entretien individuel. Les médecins effectuent des examens physiques, cognitifs et psychologiques. Pendant ce temps, un(e) infirmier(ère) spécialisé(e) prend en charge le proche, qui a souvent été affecté par cet épisode difficile. Un rapport est envoyé au médecin traitant afin d’assurer le meilleur suivi possible.

Grâce à cette consultation, la Pre Ricou espère aussi faire évoluer les mentalités: «Beaucoup de médecins considèrent encore la médecine intensive comme une spécialité “puissante”, qui sauve des vies. Mais il ne faut pas négliger les séquelles que ces traitements lourds peuvent induire. Nous sommes responsables de tout le circuit.» (A.R.)

Don d’organes: la vie continue

Malgré les traitements prodigués aux soins intensifs, certains patients ne survivent pas à leurs lésions. Dans certaines conditions, les patients en mort cérébrale (défaillance complète et irréversible du cerveau) ou décédés après arrêt circulatoire, peuvent faire don de leurs organes et tissus.

Après l’annonce du décès aux proches, une équipe spécialement formée pour accompagner les familles et les soignants dans le processus du don d’organes et de tissus, s’enquiert de la volonté présumée du patient (carte de donneur, inscription au registre Swisstransplant, testament, directives anticipées). «En l’absence de détermination du patient, la décision revient aux proches et doit respecter la volonté présumée de la personne décédée», expliquent Stéphanie Brousoz et Caroline Freitas, infirmières spécialistes du don d’organes et de tissus (ISDOT). Les ISDOT sont disponibles 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7 pour prendre en charge les donneurs et répondre aux questions des familles et des équipes soignantes.

En cas de consentement et en l’absence de contre-indications, le processus peut débuter. Chaque organe et tissu est évalué pour savoir si un don est possible. Seuls les organes qui seront transplantés sont prélevés. En 2018, une quarantaine de transplantations ont pu être réalisées grâce aux dons de quinze patients des soins intensifs. (E.L.)

Savoir +  www.pldo.ch

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Article repris du site  pulsations.swiss

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