Comment traiter le cancer de la prostate chez un patient âgé?

Dernière mise à jour 27/04/15 | Article
Comment traiter le cancer de la prostate chez un patient âgé?
Le cancer de la prostate est le cancer le plus fréquent chez l'homme et touche en majorité les patients âgés. Le choix du traitement sera avant tout dicté par l'état général du malade.

En Suisse, 6000 hommes développent chaque année un cancer de la prostate. Un peu plus de la moitié d'entre eux sont âgés de plus de 70 ans. Le diagnostic s'effectue par le biais de biopsies prostatiques, motivées en fonction du toucher rectal et du dosage de l’antigène prostatique spécifique (PSA).

Cette substance produite par la prostate représente un bon indicateur de l'état général de l’organe. Ainsi, une augmentation du taux de PSA dans le sang peut révéler une anomalie. Toutefois, il ne s'agit pas forcément d'un cancer car une infection de la prostate ainsi qu'une augmentation de la taille de la glande peuvent aussi être à l'origine d'un PSA élevé. A noter que le dosage du PSA n’est en général plus recommandé chez les hommes après 75 ans sans symptômes. En effet, l’évolution de ce cancer est souvent lente et chez les patients avec une espérance de vie de moins de 10 ans, le diagnostic ne changerait probablement en rien le décours de leur vie.

Choix de la thérapie

L’âge du patient n’est pas le seul critère permettant de déterminer le traitement le plus adapté. D'autres aspects sont également pris en compte, tels que le risque de décès lié au cancer ou à une autre cause (une autre maladie par exemple), les éventuelles complications causées par le traitement et, enfin, les préférences du patient.

Comme l'état du patient a un impact important sur sa capacité à tolérer un traitement, une évaluation complète de son état sera effectuée au préalable par le biais de différents tests. Ceux-ci permettront par exemple de savoir si le patient doit bénéficier d'une évaluation gériatrique plus approfondie ou d'évaluer le degré de sévérité d’autres maladies ou troubles associés à une maladie initiale.

Traitement d'un cancer localisé

Le cancer est dit «localisé» s'il est contenu dans la prostate et qu'il ne s'étend pas ailleurs. Dans ce cas et selon l’état général du patient, un traitement à visée curative peut être proposé, soit par chirurgie soit par hormono-radiothérapie. Les traitements chirurgicaux locaux (par ultrasons focalisés de haute intensité (HIFU) entre autres) sont des thérapies innovatrices permettant de traiter les zones cancéreuses tout en épargnant le reste de la prostate saine. Pour les patients âgés, il peut s’agir d’une option intéressante car peu invasive et bien tolérée.

Dans le but d'éviter les effets secondaires d'un traitement, le «watchful waiting» (attente sous surveillance)est parfois envisagé chez des patients âgés ne présentant pas de symptôme. Le début du traitement est alors retardé jusqu'à l'apparition d'une progression du cancer. Cette alternative peut aussi être recommandée aux patients âgés dont l'espérance de vie est limitée.

Traitement du cancer à un stade avancé

Dans le cas du cancer de la prostate dit hormono-sensible (les cellules tumorales grossissent sous l’influence de la testostérone) avec présence de métastases, des traitements médicamenteux ou chirurgicaux permettent de  réduire de manière importante le taux de testostérone, responsable de la croissance de la tumeur. Il existe toutefois des effets indésirables, surtout chez les patients âgés, avec un risque de diminution de la masse musculaire, de diabète, de complications cardiovasculaires, ou encore d'ostéoporose.

En cas de cancer métastatique hormono-résistant, des séances de chimiothérapie sont classiquement réalisées chez les patients dont l’état général le permet.

Enfin, une multitude de solutions thérapeutiques telles que la radiothérapie, des thérapies osseuses ciblées, de la chirurgie et des médicaments existent et peuvent être utilisés en fonction des symptômes et des douleurs du patient.

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Référence

Adapté de «Prise en charge du cancer de la prostate chez le sujet âgé», par Dr Vanessa Fenner, Pr Christophe E. Iselin, Service d'urologie, HUG. In Revue Médicale Suisse 2014:10:2311-5. En collaboration avec les auteurs.

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